25-07-2016 00:00 – Lettre ouverte aux dirigeants des pays arabes


IRA-Mauritanie – La semaine prochaine, notre pays, pour la première fois de son histoire, sera l’hôte du sommet de la Ligue arabe. De nombreux dirigeants arabes y sont attendus. A cette occasion, nous, au sein de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), souhaitons la bienvenue à nos hôtes arabes et leur souhaitons un très bon séjour et un sommet réussi dans leur second pays, la Mauritanie.

Nous voudrions aussi, à cette occasion, attirer l’attention de nos illustres hôtes sur ce que vit notre peuple en termes d’injustice et de marginalisation sur des critères raciaux et de clan particulièrement caractérisés.

En Mauritanie, notre cher pays, se pratique encore l’esclavage sous ses formes les plus archaïques et les plus traditionnelles. Pire, l’esclavage s’y pratique au nom de notre sainte religion, au mépris manifeste du caractère foncièrement égalitaire et libératoire que revêt l’Islam.

Au moment où la plupart des pays arabes ont aboli avec courage et volontarisme cette tare qu’est l’esclavage, les autorités mauritaniennes continuent à le couver et à le perpétuer par une politique de déni systématique et de fuite en avant en maintenant dans la misère et la marginalisation la communauté musulmane des Hratine aux origines négro-africaines et à la culture arabe.

En Mauritanie, l’esclavage a été criminalisé, pour la première fois, en 2007 par une loi que notre parlement avait votée à une très large majorité. Mais cette loi est restée lettre morte. Le déni de l’existence de l’esclavage, pratiqué par le gouvernement, donne aux fonctionnaires chargés d’appliquer la loi (juges, administrateurs, officiers de police judiciaire, juge d’instruction…) un parfait alibi pour classer sans suite les dossiers de cas d’esclavage que notre organisation (IRA) et SOS-esclaves déposent devant la justice.

Au lieu d’appliquer la loi criminalisant l’esclavage en inquiétant les criminels qui la bafouent, ce sont, bien souvent, les défenseurs des droits de l’homme qui sont jetés en prison sans autre forme de procès.

Nous venons de sortir des prisons mauritaniennes il y a moins de deux mois après y avoir séjourné presque deux années sans raison avouable autres que notre appel à l’application de la loi criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes. Aujourd’hui, alors que vous vous apprêtez à vous réunir à Nouakchott, 13 membres de notre organisation croupissent en prison pour des raisons fallacieuses et complètement infondées.

A cette occasion et en conformité avec la volonté qui est la nôtre d’œuvrer dans le sens de l’apaisement et la réconciliation, nous tenons à attirer l’attention de nos frères et hôtes arabes sur la nécessité de demander des comptes à l’Etat mauritanien et de le sommer à renoncer à faire perdurer des pratiques honteuses qui défigure notre sainte religion et se heurte aux traités et conventions que notre pays a souverainement ratifiés.

Nous sommes persuadés que de grands pays arabes jouissant d’une notoriété internationale reconnue ne pourraient passer sous silence cette injustice caractérisée que pratique l’Etat mauritanien. Cette question de l’esclavage est une bombe à retardement dont l’explosion est programmée pour souffler les fondements de la Mauritanie mais elle constitue aussi une tache indélébile qui éclabousse et défigure notre religion à tous.

Nous exhortons les dirigeants arabes réunis en sommet à Nouakchott d’exercer toutes les pressions utiles sur le gouvernement mauritanien pour l’amener à libérer les prisonniers d’opinion membres d’IRA et d’autres organisations de défense des droits humains.

Pour qu’ils amènent l’Etat mauritanien à permettre aux organisations de défense des droits de l’homme et des partis politiques, d’exercer leurs activités dans un cadre légal en conformité avec les exigences de la modernité. La persistance de l’esclavage en Mauritanie est une ignominie qui poursuivra, s’ils ne cherchent pas à la contrer, tout Etat ou gouvernement, arabe ou musulmans, qui ne cherchera pas à la combattre.

Nous avons exprimé ces doléances à son excellence Salah Ahmed Sarhan, ambassadeur et président de la mission de la Ligue des pays arabes, à Washington. Qu’il soit chaleureusement remercié pour l’accueil et la qualité de l’écoute qu’il nous a réservés lors de notre dernière rencontre et ce malgré ces très nombreuses occupations.

New York le 24 Juillet 2016

1 – Le president :

Biram Dah Abeid / candidat aux elections presidentielles 2014 / prix des Nations unis pour les droits de l’homme 2013 / prix TIP Heros du département d’Etat Americain 2016 ….

2- Le vice president :

Brahim Bilal Ramdhane / prix TIP Heros du departement d’Etat Americain 2016
Source crédit : http://www.cridem.org 

22-07-2016 13:12 – Mauritanie – Arrestations, détentions arbitraires et torture de défenseurs des droits de l’homme



Le Calame
– Monsieur le Rapporteur spécial,
Nous avons l’honneur de porter à votre attention la présente communication relative au cas de MM. Amadou Tidjane Diop, Balla Touré, Hamady Lehbouss, Ahmed Amarvall, Khattry M’Bareck, Mohamed Daty, Jemal Beylil, Ousmane Anne, Ousmane Lô, Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram, Abdallahi Abou Diop et Mohamed Jaroullah, militants au sein de l’ONG « Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste » (IRA), organisation de lutte contre l’esclavage fondée en 2008.

Nous nous référons à :

M. Amadou Tidjane Diop, né le 16 février 1969, arrêté le 30 juin 2016 ; M. Abdallahi Matallah Seck, né le 31 août 1971, et résidant à Nouakchott, arrêté le 30 juin 2016 ;

M. Moussa Biram, né en 1967, arrêté le 1er juillet 2016 ; M. Jemal Samba Beylil, né en 1982, résidant à Nouakchott, arrêté le 30 juin 2016 ;

M. Balla Touré, né le 18 avril 1970, résidant à Nouakchott, arrêté le 1er juillet 2016 ;

M. Khatri Rahel M’Bareck, né en 1983, arrêté le 3 juillet 2016 ; M. Hamady Lehbouss, né en 1964, résidant à Arafat, arrêté le 3 juillet 2016; M. Ahmed Hamdy Amarvall, né en 1966, résidant à Arafat, arrêté le 3 juillet 2016 ;

M. Mohamed Daty, né en 1980, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Ousmane Anne, né le 6 août 1980, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Ousmane Lô, né en 1963, arrêté le 8 juillet 2016 ; M. Abdallahi Abou Diop, né en 1986, résidant à Nouakchott, arrêté le 9 juillet 2016 ;

M. Mohamed Jaroullah, né le 12 janvier 1973, arrêté le 3 juillet 2016 ;

De plus, nous avons reçu des informations crédibles selon lesquelles 40 autres personnes membres de la communauté haratine[1] ont été interpellées dans le cadre de la même vague d’arrestations. Il apparait que ces personnes n’ont pas été en mesure de contacter un avocat et nous n’avons de la sorte pas pu connaître leurs noms et leur situation actuelle.

Contexte général

Malgré la promulgation en 2007 d’une loi criminalisant l’esclavage, celui-ci a continué d’être pratiqué dans le pays, et une certaine impunité subsiste[2]. C’est dans ce contexte que l’IRA est devenue l’une des organisations principales dans la lutte pour une abolition effective de l’esclavage en Mauritanie.

Ces dernières années, l’IRA a été victime de représailles de la part des autorités mauritaniennes qui ont constamment refusé d’accorder une accréditation à l’organisation et ont procédé à la poursuite et à l’arrestation de plusieurs de ses membres dans le passé y compris M. Dah Biram, président et fondateur de l’ONG le 11 novembre 2014[3].

Alkarama avait alors soumis son cas à l’attention du Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme afin d’enjoindre aux autorités mauritaniennes de mettre un terme à cette détention. Il fut libéré le 19 mai 2016[4].

Arrestations

Entre le 30 juin et le 9 juillet 2016, les membres de l’IRA ont fait l’objet d’une vague d’arrestations suite à des rassemblements en soutien aux habitants de la gazra Bouamatou – un quartier très défavorisé de Nouakchott – le 29 juin 2016 lors de l’expulsion de centaines d’habitants de ce quartier.

Des altercations entre des personnes venues soutenir les familles expulsées et les forces de sécurité avaient alors éclaté, et les forces de sécurité avaient procédé à des dizaines d’arrestation.

Dès le lendemain, des policiers en civil procédaient à des arrestations de membres de l’IRA, au motif qu’elles les soupçonnaient d’avoir participé à ces débordements, en l’absence d’éléments à charge ; ces personnes affirment ne pas s’être rendus à ce rassemblement, dont ils ignoraient même l’existence. Le 30 juin 2016 au matin, MM. Amadou Tidjane Diop, vice-président de l’IRA, et Abdallahi Matallah Seck, coordinateur de la section de l’IRA à Sebkha, étaient arrêtés chez eux.

Le vendredi 1er juillet au matin, M. Balla Touré, secrétaire aux relations extérieures de l’IRA, était arrêté à son domicile ; le même jour, M. Jemal Beylil, militant, était violemment arrêté dans sa boutique de la commune du Ksar, devant ses collègues, et M. Moussa Biram, militant également, était arrêté à son domicile dans la soirée.

Le dimanche 3 juillet, MM. Hamady Lehbouss – conseiller du président de l’IRA, Ahmed Hamdy Amarvall – trésorier de l’IRA – et Mohamed Jaroullah étaient arrêtés à leur tour par des policiers en civil, lorsqu’ils revenaient d’une conférence de presse chez M. Dah Biram, et alors même que M. Jaroullah se trouvait hors du pays le 29 juin 2016 lors des émeutes, et n’était rentré que le 1er juillet à Nouakchott.

Le même jour, au matin, la police avait procédé à l’interpellation de M. Khatri Rahel M’Bareck, coordinateur du comité de la paix, devant la Banque mauritanienne pour le commerce international (BMCI), avenue Gamal Abdel Nasser, à Nouakchott.

Le 8 juillet 2016, M. Mohamed Daty, greffier, était arrêté à la sortie du tribunal et MM Ousmane Anne et Ousmane Lô étaient interpellés ensemble, de nuit, dans la rue. Enfin, le lendemain, M. Abdallahi Abou Diop était arrêté sur son lieu de travail, devant ses collègues, et frappé par les policiers procédant à l’interpellation.

Durant leurs gardes à vue respectives, les activistes ont rapporté à leurs avocats avoir été détenus dans des conditions indignes, séparément, dans des lieux inconnus de leurs familles et de leurs avocats et sans pouvoir communiquer avec ceux-ci. Ils ont par ailleurs fait l’objet de divers transferts d’un lieu de détention inconnu vers un autre, les yeux bandés.

Interrogés la nuit, privés de sommeil et d’accès à des sanitaires et à des douches, ils n’ont pas eu la possibilité de consulter un médecin. M. Amadou Abou Diop qui souffre d’une pathologie cardiaque grave n’a pas pu suivre son traitement durant la garde à vue. Lorsqu’il a finalement été emmené à l’hôpital, il s’est vu prescrire des analyses qui n’ont toujours pas été réalisées.

MM. Abdallahi Mataala Seck, Balla Touré et Moussa Biram ont subi des actes de torture physique durant la période de garde à vue. Afin qu’ils avouent la planification et la participation aux affrontements du 29 juin 2016, MM Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram et Abdallahi Abou Diop devaient rester mains et pieds attachés dans le dos, dans des positions douloureuses, durant plusieurs heures consécutives, ou attachés et suspendus par des cordes ; les agents conduisant les interrogatoires serraient les menottes au maximum, si bien qu’à l’issue de la garde à vue, ces trois détenus présentaient des lésions aux mains et aux poignets. M. Moussa Biram présentait également des traces de coups sur les pieds et les mains.

Lors des interrogatoires, M. Abadou Tidjane Diop a été entièrement déshabillé, insulté et menacé de mort s’il n’avouait pas sa participation aux affrontements contre la police. Au cours des rares repas qui lui ont été servis, sa nourriture était mélangée à du sable, et les agents refusaient de lui donner de l’eau.

Les demandes d’expertises formulées par leurs avocats ont néanmoins été rejetées par le procureur, alors même que les sévices auraient été infligés selon les victimes, par des commissaires de police, un officier de la Direction de la sûreté de l’Etat et des brigadiers du commissariat.

Les familles des victimes ont tenté d’obtenir des informations sur les raisons de leurs arrestations et sur leurs lieux de détention mais se sont heurtées à des refus systématiques de la part des autorités et ont été informées qu’elles subiraient des représailles si elles s’entretenaient avec des organisations non-gouvernementales ou des medias étrangers.

De même, des membres du Mécanisme national de prévention de la torture (MNP) institué par la loi 034/2015 sont entrés en contact avec la Direction régionale de la sûreté de Nouakchott Ouest et le commissariat de police Ksar I, afin de procéder à des visites des lieux de détention, conformément à leur mandat ; ils ont ensuite saisi par écrit le Procureur de Nouakchott Ouest. Les autorités n’ont donné aucune suite à leurs requêtes.

Etat actuel de la procédure

Après avoir été détenus au secret pendant des périodes allant de deux à 12 jours, les 13 victimes et dix des autres personnes arrêtées suite aux altercations du 29 juin ont été présentées au Procureur dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 juillet 2016, aux alentours de 4h du matin. A cette occasion, elles ont pu s’entretenir avec leurs avocats respectifs pour la première fois depuis leur arrestation.

Le parquet a décidé d’ouvrir une enquête de flagrance, alors qu’aucun des prévenus n’était présent lors du rassemblement litigieux. Les 13 activistes sont à présent détenus à titre préventif à la maison d’arrêt de Dar-Naïm et devraient être jugés le 3 août des chefs d’attroupement armé (art. 101 à 105 du Code pénal), de violences à l’égard d’agents de la force publique (art. 213 et 214 du Code pénal), de rébellion (art. 191 du Code pénal) et d’appartenance à une organisation non enregistrée, l’IRA.

Les 13 militants de l’IRA et sept autres détenus partagent actuellement une même cellule au sein de la maison d’arrêt de Dar Naim. Depuis les interpellations, les familles n’ont pu leur rendre visite qu’une seule fois, à l’issue de leur garde à vue.

Requêtes

S’agissant en tout état de cause d’une situation relevant de votre mandat, et conformément à la Résolution de l’Assemblée générale des Nations unies n° 53/144 du 9 décembre 1998 et à la Résolution 2000/61 de la Commission des droits de l’homme, nous avons l’honneur de vous demander, Monsieur le Rapporteur Spécial, de bien vouloir intervenir d’urgence auprès des autorités mauritaniennes.

L’arrestation et l’actuelle détention de MM. Amadou Tidjane Diop, Balla Touré, Hamady Lehbouss, Ahmed Amarvall, Khattry M’Bareck, Mohamed Daty, Jemal Bleyile, Ousmane Anne, Ousmane Lô, Abdallahi Matallah Seck, Moussa Biram et Mohamed Zarouhoullah ont pour but de les empêcher d’exercer leurs activités de défense des droits de l’homme et s’inscrivent dans une campagne générale d’entrave et de répression des autorités mauritaniennes à l’égard des militants antiesclavagistes. Elles contreviennent par voie de conséquence à la responsabilité et au devoir de l’Etat de protéger, promouvoir et rendre effectifs tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales[5].

Dès lors que les faits donnant lieu aux poursuites ne sont étayés par aucun élément matériel, et que ces activistes sont arbitrairement détenus et ont subi des actes de torture pour des activités tombant sous leur droit à la liberté d’association, prévu à l’article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, nous vous demandons d’exhorter les autorités mauritaniennes à abandonner les poursuites et à les libérer immédiatement.

Nous vous demandons également de rappeler aux autorités mauritaniennes leurs obligations de cesser tout acte de persécution à l’encontre des militants qui appellent au respect des libertés civiles et politiques dans le pays, et d’apporter des clarifications sur le sort des quarante autres personnes arrêtées suite aux mêmes évènements.

Nous avons donc l’honneur de vous soumettre le présent cas qui relève de votre mandat et vous prions, Monsieur le Rapporteur spécial, de croire à notre haute considération.

Me Rachid Mesli,

Directeur juridique

M. Michel Forst

Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme

Haut Commissariat aux droits de l’homme

Office des Nations Unies à Genève

8-14 Avenue de la Paix

1211 Genève 10

EMAIL : urgent-action@ohchr.org, defenders@ohchr.org, sr-torture@ohchr.org, srslavery@ohchr.org

Copie à : Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et conséquences ; Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

Genève, le 21 juillet 2016

Appel Urgent

[1] Les Haratines, ou « Maures noirs », sont les principales victimes de la pratique de l’esclavage en Mauritanie. Historiquement réduits en esclavage par les Maures blancs (arabo-berbères), ils avaient été progressivement affranchis suite à une loi de 1905, mais ont continué d’être victimes de discrimination, de marginalisation et d’exclusion car ils étaient toujours perçus comme appartenant à la caste servile.

[2] Conseil des droits de l’homme, 15e session, Rapport de la Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences, Mme Gulnara Shahinian – Mission en Mauritanie, 24 août 2010, A/HRC/15/20/Add.2, §11.

[3] Comment on Mauritania by Rupert Colville, Spokesperson for the UN High Commissioner for Human Rights, http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16341&LangID=E (consulté le 21 juillet 2016).

[4] Alkarama, Mauritanie : Libération des militants antiesclavagistes Biram Ould Abeid et Brahim Ould

Bilal Ramdane, 20 mai 2016, http://fr.alkarama.org/component/k2/item/2020-mauritanie-liberation-des-militant- antiesclavagistes-biram-ould-dah-abeid-et-brahim-ould-bilal-ramdane (consulté le 21 juillet 2016)

http://fr.alkarama.org/component/k2/item/2020-mauritanie-liberation-des-… (consulté le 21 juillet 2016).

[5] Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et de protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, A/RES/53/144, 8 mars 1999, articles 1, 2, 5 et 6.
Source crédit : http://www.cridem.org 

Bac-barrage, à qui profite le pourrissement du système éducatif…!? 

Ce système éducatif qui se singularise par un très faible taux de réussite au baccalauréat année après année, devrait être une des principales préoccupations du monde politico-associatif et religieux dans son ensemble. Si chacun d’entre nous essayait un petit décompte dans son environnement proche, on verrait que plusieurs candidats ajournés cette année encore, l’ont été pour une 2 ème, 3 ème fois voire plus. Il est lieu de s’interroger sur l’amont du bac, car ces 5% ou 10% d’admis sur le plan national reflètent un dysfonctionnement plus profond qui doit interpeller TOUS CEUX qui aspirent à la commande des affaires publiques un jour. Le baccalauréat, ce diplôme charnière qui ouvre vers des multiples opportunités académiques et professionnelles à la suite, ne peut continuer d’être ce tamis sélectif et quasi luxueux. Les recalés plusieurs fois finiront par abandonner, et Dieu sait qu’ils sont de loin les plus nombreux. Ces derniers subiront l’ordre hasardeux et fataliste d’un tissu économique et social trop formel qui peine à caser mêmes les diplômés. Diplômés, oui il en faut en grand nombre, car ce sont eux qui sont susceptibles par un background intellectuel et politique issu de leurs instructions universitaires, d’être un éventuel facteur mobilisateur et d’éveil pour le CHANGEMENT un jour. Le système du « bras-longuisme » en vigueur pour le recrutement dans le secteur public comme privé, fait partie de l’ordre général de Non-Droit que seuls les diplômés chômeurs peuvent constituer un lobby d’une expression politique sensible à l’endroit de nos dirigeants. Dans nos contrées, les citoyens ne se valent pas sur le matériel et l’immatériel en fonction de leurs niveaux d’études. Ainsi ce système éducatif à la traîne sacrifie plusieurs générations de femmes et d’hommes qui verront leur « valeur politique et citoyenne » en baisse et condamnés à la soumission professionnelle chez des particuliers appartenant à la caste dirigeante. Cette dernière fait de la politique et sa position de patron-employeur inhibe les droits civiques de certains de leurs employés. Toute une stratégie politicienne sévit dans des rapports de subordination entre le boss et ses employés-domestiques. Généralement les intérêts économiques du chef sont liés à son obédience politique . Sans une application du code du travail dans les faits, les employés deviennent des obligés sans secours, et leurs droits sociaux et politiques vont en pâtir logiquement. Le domaine éducatif fait partie d’un ordre politique qui promeut une certaine reproduction élitiste. Les bien lotis minoritaires savent faire échapper leurs descendants à l’ordre amateur et fataliste du système qu’ils contrôlent et manipulent par ailleurs. Certains fortunés très conscientisés s’accrochent par leurs facilités financières pour mettre leur progéniture à l’abri. Pour le reste, l’écrasante majorité subit les méandres du système qui broie irrémédiablement tous les crédules rêveurs comptant sur un utopique État protecteur et égalitaire. Il serait naïf d’espérer un système éducatif de qualité accessible à la masse dans un pays où l’ordre politique s’exerce d’une manière injuste et inégalitaire. Un fin politicien au sens sournois et cynique, est celui qui  craint plus les têtes bien faites en masse que des multiples mutineries militaires dans les casernes. Le militaire conditionné tient à son poste lucratif de l’instant jusqu’à sa retraite alors qu’un citoyen averti digne de ce nom, réfléchit en droits et devoirs à long terme qu’on ne peut brader. Une bonne instruction générale se doit de définir la communauté légale pour l’apprenant-citoyen qui sera ainsi immunisé de toutes velléités d’exploitation et de manipulation d’une classe sociale donnée sur autre moins lettrée. La devise qui accompagne l’emblème étatique n’a de sens si elle est étudiée , comprise et vécue par NOUS et parmi NOUS TOUS. 

HONNEUR – FRATERNITÉ – JUSTICE , il faut s’y  référer un JOUR en pensant à la catastrophe perpétuelle du BAC…!!! Inch’Allah 
K.S 

Arrestations des leaders d’IRA: les militants anti-esclavagistes  dénoncent une décennie de persécutions. 


Plus d’une dizaine de personnes, tous membres de l’association antiesclavagiste IRA, dont une bonne partie du bureau exécutif, ont été déférées, entendues puis placées à la prison centrale par le Parquet de Nouakchott-Ouest, mardi 12 juillet 2016. Rébellion armée contre une force publique, manifestation non autorisée et appartenance à une organisation non reconnue, le tout élevé au flagrant délit, constituent entre autres les charges retenues contre elles. Mais, selon les militants du mouvement IRA, le déroulé des faits rapportés par plusieurs sources de presse et la déclaration de certains avocats sont explicites. «Les arrestations des militants ainsi que leur déferrement se sont déroulés en violation flagrante des procédures judiciaires, si elles ne frisent l’affabulation qui cache mal une persécution menée depuis des années contre une organisation dont le seul tort est de s’attaquer à l’esclavage et au racisme d’Etat en Mauritanie ». Ils estiment que «la cabale menée tambour battant contre IRA ne serait que les prémisses d’une opération d’envergure destinée à décapiter et à éradiquer une ONG antiesclavagiste qui a bâti sa renommée nationale et internationale sur sa lutte pacifique et sans complaisance pour l’égalité et la justice sociale en Mauritanie».

Après plusieurs jours d’incarcération dans des conditions jugées illégales par plusieurs organisations internationales, comme Amnesty International, dans des communiqués publiés à l’occasion et qui soulignent l’absence de charges, de contact des détenus avec leur famille ou leur avocat, plusieurs cadres et militants d’IRA ont été déférés selon certaines sources aux environs de 4 heures du matin, le mardi 12 juillet 2016, au Palais de justice pour être entendu par le Procureur de la République de Nouakchott-Ouest. Un interrogatoire qui aurait duré plusieurs heures et aux termes duquel, ils ont été inculpés et incarcérés à la prison centrale. Selon Me Ebetty, l’un des avocats du mouvement, «je croyais que ce genre de procédure était dévoyé dans mon pays ». Une fois de plus, l’avocat déplore un dossier vide, mais dénonce surtout le caractère affabulateur de la flagrance évoquée par le Parquet, car «les personnes inculpées n’ont pas été prises la main dans le sac, mais arrêtées plusieurs heures voire plusieurs jours après les faits incriminés, chez eux ou dans la rue» a-t-il fait remarquer.

Le mouvement IRA est presque né avec l’arrivée de l’actuel régime au pouvoir en 2007. D’emblée, ses initiateurs ont placé leur lutte contre l’esclavage sur un modèle inédit, un tantinet provocateur, anticonformiste, voire même selon certains observateurs, un brin insolent avec une forte dose de communautarisme. Loin d’être la première organisation à défendre la cause des esclaves ou de leurs descendants, les Haratines, IRA est la première, selon ses membres, à s’attaquer frontalement au système dominant, accusé d’avoir fait main basse sur tous les leviers du pays, les fonctions politiques, administratives, militaires et économiques. Son idéologie est basée sur la refondation complète du système en place, basée sur l’émergence d’une société égalitaire caractérisée par l’équité et la citoyenneté.
Face à cette nouvelle force sociale dont la popularité allait crescendo à coups de slogans révolutionnaires, d’emprisonnements et de coups de théâtre dans la dénonciation, les militants d’IRA se sont plaints des scénarii mis en place par le pouvoir actuel pour contenir leur organisation naissante.
Ils accusent ainsi les Renseignements généraux (RG) d’avoir déployé plusieurs scénarios, dont les défections individuelles ou de masse provoquées à dessein pour débaucher les militants et les cadres d’IRA, avec forces promesses sociales ou pécuniaires. Mais ces défections provoquées n’ont pas pu entamer, selon eux, l’ascension antiesclavagiste dont les rangs s’agrandissaient de plus en plus.
Puis vint la période d’accalmie au cours de laquelle, selon les partisans d’IRA, «le pouvoir chercha à flirter avec les dirigeants du mouvement dont l’aura internationale prenait de l’ampleur ». C’est la période au cours de laquelle, les services de l’ordre et l’administration territoriale avaient coopéré selon eux avec le mouvement, dans ces campagnes de dénonciations, «même s’il n’y avait pas de condamnation pour les esclavagistes ni de réinsertion sociale pour les personnes ou les familles libérées de leur joug » estiment-ils.
C’est l’époque des tournées régionales et des meetings populaires qu’IRA initiera sur l’ensemble du territoire mauritanien. Le phénomène «Birame» s’installa avec la peur née au sein des familles par rapport aux bonnes mineures issues de la couche harratine. Les partisans d’IRA pensent que leur lutte contre l’esclavage a permis des avancées importantes sur le plan institutionnel et juridique, notamment l’adoption de la Loi de 2007 criminalisant l’esclavage en Mauritanie, la feuille de route contre l’esclavage et ses séquelles sous la supervision du Rapporteur des Nations Unies pour les droits de l’homme, sa criminalisation dans la loi fondamentale comme crime contre l’humanité, la création de l’agence Tadamoun, l’institution de tribunaux spéciaux pour le jugement des affaires liées à l’esclavage, etc.
Mais IRA et ses partisans déclarent avoir toujours regretté l’absence d’application des textes et dispositions juridiques, soulignant que «toutes les personnes traînées devant les tribunaux pour actes esclavagistes n’ont jamais été poursuivies ; les rares déferrées devant les juges jouissaient d’une liberté dès la première comparution et celles ayant séjourné en prison l’ont été pour quelques jours, avant d’être libérées et absoutes ». Ils ont également dénoncé l’indifférence des pouvoirs publics par rapport aux victimes d’esclavage, lesquels selon eux, ne disposent une fois libérées, ni d’indemnisation ni de plan de réinsertion sociale. «Pauvres, déboussolés et sans aucune expérience d’une vie de liberté, ils vont grossir les rangs des miséreux dans les taudis malfamés des villes urbaines, notamment Nouakchott » selon les cadres du mouvement IRA.
Par contre, s’indignent les antiesclavagistes, «les incarcérations, les brimades policières et les emprisonnements sont notre lot quotidien, face à un système multiséculaire nourri à la sève de la domination et de l’exploitation ».
Ainsi, la lune de miel entre le pouvoir et IRA n’aurait duré, selon certains spécialistes de la question esclavagiste en Mauritanie, « que le temps d’une prestation locale pour contenter la communauté internationale ». Très vite, selon eux, le cours naturel des relations entre le pouvoir et IRA prit son réel visage, celui d’une inimitié sans accalmie qui connut son point culminant avec le fameux autodafé des livres malékites en 2012. Pour beaucoup, cette offense religieuse était synonyme de condamnation à mort définitif pour un mouvement cloué au pilori. Accusé déjà d’accointance avec l’ennemi extérieur, de raciste, de radical, de pourfendeur de l’unité nationale et de la cohésion sociale, IRA se verra greffer le titre d’organisation apostat et condamné à mort. Curieusement, l’autodafé des livres malékites, considéré par la grande masse comme une hérésie impardonnable, ouvrit les débats sur la licité ou l’illicité du geste, ce qui permit d’atténuer son ampleur. Incarcérés à la suite de cet évènement, Birame et quelques uns de ses amis furent libérés et accueillis comme des héros. Leur geste fut salué par plusieurs prix internationaux, dont celui des Nations Unies. Au lieu d’être diminué, IRA sortit de l’épreuve encore plus populaire.
A l’élection présidentielle de 2014, face au boycott de l’opposition et l’absence de vrais challengers, le pouvoir sous la pression ou la suggestion de ses partenaires internationaux, permit à Birame Dah Abeid, président d’IRA, de briguer la magistrature suprême, question de donner un semblant de crédibilité au scrutin, avait-on soutenu. Ce test de popularité, perçu par les détracteurs du dirigeant antiesclavagiste à l’époque comme une occasion rêvée pour lui démontrer son impopularité, fut la grande surprise de cette élection. Le candidat d’IRA obtint le deuxième meilleur suffrage derrière le chef de l’Etat sortant.
Devenue une personnalité internationale de premier rang, reçue par des chefs d’Etat et des parlements partout en Europe, auréolés de  plusieurs prix internationaux, dont celui des Nations Unies pour les droits de l’homme et une place de nominé pour le Nobel de la Paix en 2015, Birame Dah Abeid et son mouvement devenaient une force sociale montante en Mauritanie. La connexion de l’élément harratine à l’élément négro-africain au sein d’IRA, déjà classé comme une organisation radicale hostile à la communauté maure, allait cependant renforcer l’inquiétude du pouvoir à Nouakchott. Son démantèlement relevait désormais de la raison d’Etat.
Les partisans d’IRA accusent ainsi les RG d’avoir infiltré leur mouvement, et d’avoir exploité les sorties intempestives d’un de ses taupes, pour construire un plan de déstabilisation pour mater le mouvement au moment où ses leaders se trouvent à l’étranger.
Selon l’analyse d’un observateur averti de la scène, les informations fournies aux RG pour décapiter IRA, ne peuvent avoir rien d’inédit, car aussi bien la composition du bureau exécutif d’IRA, l’identité de ses dirigeants et de ses militants, ainsi que ses sources de financement si elles existent, étaient déjà connus des services de l’ETAT.
Ils trouvent l’arrestation menée actuellement contre les leaders d’IRA comme ayant été mal conçue et mal ficelée, tant dans sa forme que dans son contenu.
Le déguerpissement des 429 familles de la gazra sise à l’hôpital Bouamatou, le 29 juin dernier, et la résistance des habitants qui s’était soldée par des blessures dans les rangs de la police, utilisé comme justificatif pour impliquer IRA, est en effet considéré par plusieurs observateurs comme un amalgame judiciaire que n’importe quel avocat peut déjouer sans grande peine
La grossièreté des reportages consacrés par les médias d’Etat par rapport à ces incidents, la vaste campagne de diabolisation et d’appel à la haine relayée par plusieurs sites électroniques et les réseaux sociaux, seraient assez grossiers pour ne pas nourrir les suspicions sur les charges retenues contre les détenus.
Certains sont allés jusqu’à lier la persécution menée contre les dirigeants d’IRA aux prix décernés le même jour à Birame Dah Abeid et à son mouvement à Washington, notamment le prix Heroes des combattants contre l’esclavage décerné par le Secrétaire d’Etat américain aux affaires étrangères, John Kerry. Beaucoup d’observateurs n’hésitent d’ailleurs pas à croire que cette avalanche de prix américains, si l’on cite en plus le Prix Lawson à Boston, aurait déclenché l’ire des autorités mauritaniennes et forgé leur détermination à en finir une bonne fois pour toute avec IRA. D’autres y voient un message clair adressé aux dirigeants américains. Les partisans d’IRA payent ainsi la colère de Nouakchott contre Washington.

Source crédit: http://www.aidara.mondoblog.org 

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Conférence Internationale sur la Gouvernance Sécuritaire en Afrique Paris, le 13 juillet 2016 organisée par l’Institut Mandela. 

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Thème : La Libye, un vide stratégique et sécuritaire aux conséquences africaines et européennes

Contribution : Sao Ousmane 

Contexte 

L’espace Sahélien est tout sauf un espace déserté, il est l’objet de diverses revendications et convoitises.  Les richesses de son sous-sol et de son sous-sol excitent l’appétit des firmes internationales et des Etats (comme la française Areva ou la chinoise CNPC). Le Sahara est aussi le terrain d’action de mouvements politico-religieux qui déstabilisent la région par des attentats terroristes, des enlèvements et des actions symboliques à fort retentissement médiatique. Ces troubles sont alimentés par des trafics en tout genre. Il en résulte de nombreux flux de populations : chômeurs tentant leur chance au Maghreb ou en Europe (au point que celle-ci a mis au point un dispositif de contrôle, le Frontex (1)), ou réfugiés fuyant les zones de conflit. La pacification de la région dépend surtout du règlement des crises au Mali et en Libye.   

Introduction 

Au lendemain des indépendances, le continent africain connut des crises liées à la question de la définition de l’état, à l’incontrôlable essor démographique, à l’échec économique et commercial, à l’impuissance des organisations panafricaines et à l’apparition de nouvelles formes de conflictualité. Leur interprétation fut régulièrement faussée en raison du poids des idéologies alors dominantes

En 1968, Georges Balandier (2) écrivait que « les nouveaux Etats africains ayant la charge d’effectuer rapidement et en même temps des révolutions que l’histoire avait échelonnées dans le temps doivent se réinsérer dans une société qui s’est organisée en dehors d’eux… »

Cette remarque met clairement en évidence les problèmes politiques qui se posèrent à l’Afrique indépendante et qui était suspendus à la définition de l’Etat. En dehors des causes exogènes, les séquelles de la colonisation, le sous-développement de l’Afrique, en effet de la colonisation à ce jour et sans doute pour un certain temps encore, l’Afrique a été et demeure le continent le plus mondialisé. Parce que la mondialisation ou « globalisation » est avant tout un processus d’intégration politique, « l’émergence d’une structure globale d’autorité », comme le souligne Martin Show. 

Depuis quelques temps l’impression général est que l’Afrique va bien. C’est une bonne nouvelle après tant d’années au cours desquelles la perception était inverse « L’Afrique, continent sans espoir » 1, entendait-on dire il n y a pas si longtemps et c’est vrai, dans les statistiques globales l’Afrique va bien mieux. On observe des progrès de tous côtés, amélioration des indices sociaux, santé, éducation. On construit : des routes, des hôpitaux, des écoles ; on investit

La communauté internationale est optimiste, l’Afrique hier décriée est aujourd’hui perçue comme une nouvelle frontière, c’est-à-dire un nouvel eldorado pour les investisseurs. Des milliards de dollars sont déversés, en fond publics comme en fonds privés. La Chine est omniprésente. Les Américains, les Brésiliens, les Indiens, les Turcs, tous se bousculent pour y investir.  La France commence à se remobiliser. Des rapports encourageants invitent à de nouvelles initiatives le secteur public  comme le secteur privé. On fait des affaires, de bonnes affaires en Afrique. 

Et pourtant cette embellie est-elle durable ? Est-elle surtout générale au point de concerner tous les pays ? A l’évidence non. Certains pays progressent, c’est indéniable et c’est heureux. Mais d’autres stagnent et d’autres encore régressent ou sombrent dans le chaos. Et parmi ceux qui progressent à qui profite l’embellie ? Combien de laisser pour compte ? 

L’effondrement du Mali a été une surprise. Qui s’attendait, il y’a seulement quelques années, à l’émergence d’un Bokko Haram (3) au Nigeria, dans le plus riche et le plus puissant pays d’Afrique ? Chaque semaine, voir chaque jour, des migrants risquent leur vie et meurent en méditerranée. On voudrait croire que tout va bien ? 

Il ne faut se le cacher, le continent est un véritable baril de poudre et la poudre s’appelle la démographie et le détonateur se nomme emploi. L’équation est simple : en 2050 l’Afrique au sud du Sahara aura une fois et demie la population de la Chine et les jeunes en âge de travailler y seront trois fois plus nombreux. Comment vont-ils se nourrir ? Se loger ? Et surtout, comment vont-ils s’occuper ? Quelles seront, ou seront les emplois ?

Ce qui vaut et inquiète pour l’ensemble du continent prend une valeur dramatique quand il s’agit du sahel, une zone immense de plusieurs millions de km2 aux conditions écologiques difficiles, ou la situation sécuritaire se dégrade rapidement. Que pourra faire le continent, dont la population aura été multipliée par 10 voire 20 entre son indépendance en 1960 et 2050, alors que son potentiel agricole est très rédu.it et fortement contraint par les conditions climatiques ?

Alors disons-le : l’Afrique va mieux, mais seulement en partie. Comment tirer avantage des progrès accomplis pour que ce continent émerge enfin ? Même si les pays qui se portent bien sont dans des conditions instables, menacés par des crises politiques ou par l’impact régional des pays en difficulté. Car cette partie de l’Afrique qui est en crise à l’inconvénient de se comporter comme un cancer diffusant des métastases autour d’elle qui s’appelle insécurité, terrorisme, refugiés, circulation des armes, enlèvement d’otages, piraterie, épidémies, migrations massives.   

Certains commencent tout juste à percevoir les conséquences pour ‘Europe de l’impulsion de la Syrie et de la Libye. Quelles seraient les conséquences de l’implosion d’une zone immense peuplée de 100 millions d’habitants aujourd’hui, 200 millions dans vingt ans ? Quelles seraient les conséquences d’une déstabilisation de l’Afrique de l’ouest à partir des métastases que diffuse la Libye via un sahel en crise. Un Sahel en crise se traduit tout d’abord par un exode massif des populations vers les pays côtiers du nord et vers l’Europe.  

Exemple de lutte contre le terrorisme :  cas de la Mauritanie

La dénomination officielle de « République Islamique de Mauritanie » peut porter à confusion alors même qu’un Etat islamique n’est rien d’autre qu’un Etat musulman. Mais, la dérive lexicale entre « islamique » et « islamiste » peut créer des confusions à certaines personnes. Ce nom, choisi à l’indépendance en 1960, répondait alors à des objectifs politiques. Le premier président Mokhtar Ould Daddah entendait faire de son pays un « trait d’union » entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire. Pour dépasser la double appartenance culturelle et assurer la cohésion entre les populations Maures et « négro mauritaniennes » (Halpulaar, Soninké, Wolof…) qui composent la société, l’islam fut mis en avant. Il légitime depuis lors l’existence de l’Etat mauritanien et se veut le ciment d’une nation à 100 % musulmane. Car, faut-il le rappeler, l’islamisme en Mauritanie, n’a jamais servi d’assise à des mouvements « terroristes » comme cela a pu s’observer dans d’autres pays (Kepel, 2000 ; Roy, 2002 ; Gomez-Perez, 2005).

La réponse de la Mauritanie au terrorisme n’a pas été seulement militaire, notent les experts, mais a porté également sur le plan régional par la mise en place d’une coopération avec les pays voisins, notamment avec le Mali, asséchant les sources de financement du terrorisme, en mettant fin aux nombreux trafics illicites dans le Sahara. Le tout a été sous-tendu par une campagne religieuse pour déconstruire l’idéologie islamique défendue par les groupes terroristes radicaux, par une plus grande surveillance des mosquées et l’insertion des sortants des Mahadras. Des zones militaires et des points de passage obligés ont été institués. De purement défensives, les opérations sont devenues offensives, et les forces mauritaniennes se sont projetées loin en territoire malien pour détruire bandes de trafiquants et bases de l’organisation Aqmi (4) (en forêt de Ouagadou (5) notamment) grâce à un système de renseignement efficace. Et cela marche depuis quatre ans et les autorités mauritaniennes ne veulent pas qu’il en soit autrement.

Le rôle de la France et des partenaires internationaux 

La France et ses partenaires européens sont à des lieues de réaliser les enjeux, de mesurer les implications et les conséquences du processus de dégradation en cours dans cette région. A moins d’un redressement rapide de la situation et sans un changement radical des comportements locaux et des modes de soutien et d’appui de la communauté internationale, alors oui on a des raisons de craindre que surgissent un chaos indéfrisable dont les conséquences inéluctables seront qu’une bonne partie de l’Afrique en crise se retrouveront en danger permanent pour longtemps car nous ne pouvons pas rester indifférents pour ne pas être nous aussi victimes de ces métastases, tentons de comprendre la réalité, réfléchissons à ce qui peut encore être envisagé pour endiguer le feu et éviter le désespoir à notre continent.          

En ce qui concerne le Sahel, si la France se borne à y envoyer ses militaires et ne se décide pas à mettre un peu d’ordre dans le désordre de l’aide internationale dans cette région ; il faut se demander sur quelle galère, sur quel océan et pour combien de temps ses soldats de l’opération Barkhane qui a pris la suite de Serval sont embarqués. Il faut se demander aussi quel sera l’impact sur nos régions, sur nos sociétés, sur nos équilibres politiques des migrations massives que la déstabilisation du sahel ne manquerait pas de provoquer.

 Quelques précisions 

1 Frontex est l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne (en abrégé « Frontières extérieures »). Son siège est à Varsovie (Pologne). Elle est responsable de la coordination des activités des garde-frontières dans le maintien de la sécurité des frontières de l’Union avec les États non-membresN 1. Frontex a été créée par le règlement (CE) no 2007/2004 du Conseil du 26 octobre 20041. L’agence est opérationnelle depuis le 3 octobre 2005

2 Georges Balandier, né le 21 décembre 1920 à Aillevillers-et-Lyaumont, est un ethnologue et sociologue français

3 Boko Haram est un mouvement insurrectionnel et terroriste d’idéologie salafiste djihadiste, originaire du nord-est du Nigeria et ayant pour objectif d’instaurer un califat et d’appliquer la charia. Formé en 2002 à Maiduguri par le prédicateur Mohamed Yusuf, le groupe est à l’origine une secte qui prône un islam radical et rigoriste. En 2009, Boko Haram lance une insurrection armée dans laquelle Mohamed Yusuf trouve la mort. En 2010, Abubakar Shekau prend la tête du mouvement qui devient un groupe armé et se rapproche des thèses djihadistes d’Al-Qaïda, puis de l’État islamique.

4 Al-Qaïda au Maghreb islamique ou AQMI (en arabe), al-Qāʿidah fī bilād al-Maġrib al-islāmī) est une organisation djihadiste terroriste d’origine algérienne. Avant le 25 janvier 2007, elle était connue sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat, groupe issu d’une dissidence du Groupe islamique armé. Son affiliation au réseau Al-Qaïda obtient l’approbation d’Oussama ben Laden.

5 Située au centre du territoire malien à environ 70 km de la frontière mauritanienne, la forêt du Wagadou est plutôt vaste. Elle s’étend sur plus de 80 km de longueur et 40 km de largeur. En 2011

Source crédit : Mail de l’auteur Dr Sao Ousmane 

17-07-2016 14:30 – Vidéo: Le porte- parole IRA-Mauritanie tire la sonnette d’alarme, DR Ousmane Sy à 2STV



IRA-Mauritanie – Le porte- parole IRA-Mauritanie tire la sonnette d’alarme, DR Ousmane Sy à 2STV dans l’émission « ça me dit mag » du Samedi 16 Juillet 2016 avec Pape Alé Niang.

Nous nous battons pour qu’il y ait un état de droit, un état démocratique, juste, égalitaire débarrassé de ces vices comme l’esclavage, le racisme, l’exclusion et le pouvoir mauritanien s’évertue à construire une dictature militaire de premier ordre, soutiendra-t-il.

Ces arrestations ne décapiteront pas IRA-Mauritanie parce qu’IRA est une émanation du peuple Mauritanien, nous sommes la vision qui représente le peuple mauritanien actuellement, quelque soit le nombre de personnes qu’ils arrêteront, il y aura d’autres qui viendront défendre la vision d’IRA et le peuple au sein de l’ONG.

Dr Ousmane Sy rappelle à l’opinion que le président Biram et son vice-président ont été arrêtés durant 19 mois, IRA organisait deux manifestations par semaine sans avoir commis aucun acte de violence pendant ces 19 mois.

Il est ridicule que les autorités Mauritaniennes viennent les accuser d’auteurs de violences au lendemain des heurts dont les autorités mauritaniennes sont les seules responsables qu’elles avaient imposé aux pauvres, qui sont complètement étrangers à IRA pour décapiter leur mouvement.

Le pouvoir a toujours tendu la perche de la violence à IRA Mauritanie mais l’ONG répond par des actes pacifistes conformément à sa lutte non violente.

Encore mieux, les cadres arrêtés sont accusés du flagrant délit d’agression des forces de l’ordre alors qu’ils ont été tous arrêtés chez eux, dans leur lieu de travail ou dans la rue vaquant à leur préoccupation quotidienne.
Source crédit : http://www.cridem.org 

​L’intrigue : régner c’est savoir tromper… Baba Maal OUI  mais Tariq Ramadan NON..!!!

Comment décoder que Tariq Ramadan arabe de nationalité suisse d’origine égyptienne soit indésirable dans cette Mauritanie où tout s’arabise avec zèle à vitesse grand V. On pourrait s’aventurer à titre comparatif avec l’accueil réservé à l’artiste sénégalais Baba Maal d’ethnie pulaar, par les hautes autorités de notre pays. Ce chanteur avait été reçu par le président mauritanien Ould Abdel Aziz dans le palais ocre à Nouakchott il y’a quelques mois, lors de son passage dans la capitale mauritanienne pour l’anniversaire de son groupe artistique. À l’occasion, le grand concert tenu dans l’enceinte du stade olympique de Nouakchott, n’avait éveillé rien d’anormal pour l’ordre public. Oui…du PUBLIC, l’enjeu fondamental de l’exercice du pouvoir chez NOUS comme partout ailleurs. Nos dirigeants préfèrent nous voir en transe jubilatoire pour les divertissements pompeux qui inhibent L’Essentiel en Nous. Logiquement, ils sont amis pour ne pas dire complices avec ces artistes qui les aident à nous dompter finalement dans notre sort végétatif et fataliste. De l’autre côté, ils répugnent les voix portantes qui interpellent et éveillent les consciences . C’est bien le cas de l’intellectuel suisse d’origine égyptienne Tariq Ramadan qui a été refoulé par les autorités mauritaniennes hier. On ne veut pas du PUBLIC pour lui (cet arabe) à Nouakchott alors qu’on avait parrainé Baba Maal  (ce peulh) en bonus du PUBLIC. En quoi les conférences publiques de Tariq Ramadan pourraient être une menace à l’ordre public alors que le stade bondé pour Baba Maal était salué et soutenu par le gouvernement il y’a quelques mois. Les autorités craignent autre CHOSE. En effet le discours intellectuel qui éveille et appelle à une prise de conscience politique et citoyenne en toute LIBERTÉ, risque de dévoiler l’ordre usurpateur et injuste du pouvoir. Dans nos pays, ce dernier s’exerce contre les PEUPLES par les inégalités sociales et politiques. Le meilleur instrument de contrôle utilisé par un ordre étatique INJUSTE, c’est de maintenir les populations dans l’INGNORANCE. Le professeur Ramadan était invité en tant que humaniste, musulman et intellectuel qui parle à TOUS sans aucune référence catégorielle, ce qui peut perturber logiquement les logiciels de nos milieux dominants. S’il se serait présenté comme un dignitaire arabe issu d’une grande tribu égyptienne, on l’aurait auréolé de tous les honneurs et accueilli par un magma tribalo-religieux très SÉLECT. Nous sommes un pays de milles Ulémas, mais l’islam qui se veut VRAIMENT FRATERNEL, ÉGALITAIRE et ACCESSIBLE à tous devant DIEU et parmi les Hommes, dérange ce qui s’apparente à un clergé exclusiviste. 
Décodons, où se trouvent les manoeuvres qui nous menacent TOUS à terme..?? 
K.S