L’éditorial: Quand l’USA fait décapiter IRA


Freiner l’élan de solidarité internationale à la lutte d’IRA-Mauritanie : les trois prix Américains semblent être l’objet de l’ire des tenants du pouvoir mauritanien. Amateurisme ? Un système aux abois manquant toujours d’imagination et d’idées contre ses opposants qui dérangent réellement ? En tout cas, la quasi totalité du bureau exécutif du mouvement abolitionniste IRA est concerné par les dernières interpellations.
Une opération de décapitation d’IRA. Pour ce faire, le système qui triture la Mauritanie et les Mauritaniens a pensé, animé, manipulé, entretenu une rixe entre la police et des squatteurs. Ces squatteurs, populations pauvres et très démunies, occupaient le terrain d’un homme d’affaires, un spéculateur « terrien » connu pour avoir fait sa fortune dans ce domaine.
Les terrains de cet homme proche de certains officiers supérieurs sont en général jumelés et comparables à un quartier, en tout cas de véritables domaines, comme à l’image des appartements où se trouvent ses bureaux jouxtant une clôture immense, qui est sa propriété, située géographiquement à l’ouest du siège de la Délégation européenne…
Il est désormais connu que le prétexte de libérer par la force le domaine de l’homme d’affaires ami du système des pauvres qui cherchent là où habiter avait pour principal objectif d’enterrer IRA-Mauritanie qui, contrairement aux Américains (une organisation américaine) qui viennent de lui décerner un prix de lutte de non violence contre l’esclavage, n’est qu’un groupe de violents selon la thèse du pouvoir.
Comme d’habitude, c’est, cette fois, le wali de Nouakchott-ouest qui est le porte-parole du système pour cette mise en scène. Il passe à la TVM pour accuser 5 personnes d’être les meneurs de la bagarre entre les pauvres hères (des pauvres abandonnés par leur Président) qui veulent être fixés et déterminés sur leur sort et les forces de l’ordre venues les déguerpir. Ces pauvres qui craignaient de grossir les rangs des oubliés et laissés pour compte essayaient de résister à leur déguerpissement. Ils ne peuvent continuellement souffrir du fardeau des promesses non tenues et accepter d’être jetés dans les dunes loin de la ville et de la vie…
Ceux que le wali accuse (que Dieu le pardonne) ont en commun leur appartenance à IRA Mauritanie, le mouvement non violent à l’image de Martin Luther King, mais auquel le pouvoir impute des violences le jour même où deux derniers prix américains sont décernés aux leaders de ce mouvement : (2016 TIP Heroes Awards) les héros 2016 prix TIP par John Kerry, le chef du département d’Etat au nom du gouvernement américain.
Et pourtant, il est connu que les militants d’IRA ont été de tout temps réprimés par la police sans riposter, et envoyés aux hôpitaux pour des fractures (c’est le cas, la semaine passée, de Khamou et sa sœur). Certains des accusés du wali n’ont été informés de la bagarre où la police a, pour cette fois-ci, abandonné ses grenades et boucliers de défense aux manifestants et utilisé ses jambes pour se sauver, que par les réseaux sociaux. Cette partie de catch qui a valu aux militants d’IRA l’accusation de «rébellion, utilisation de la force contre les autorités administratives et judiciaires et appartenance à une organisation non reconnue» ne ressemble pas aux pratiques du mouvement IRA.
La bagarre où la police mauritanienne s’est fait bastonner avant de fuir devant les manifestants sent le goût amer d’une manipulation grossière, comme ce fut le cas contre le mouvement du 25 Février. La police mauritanienne (compagnies) est d’une méchanceté légendaire quand il s’agit de réprimer. Et les Mauritaniens ont de tout temps montré leurs talons contre les bombes lacrymogènes et les balles blanches. Ce mensonge d’Etat aussi n’a pas été bien réfléchi. Triste pays. Triste système. Pauvres citoyens. C’est le fait d’être administré par des derniers devenus premiers alors qu’ils ne s’y attendaient. Mais apparemment, ce pouvoir ne comprend pas encore que la Mauritanie a amorcé l’inévitable virage qui annonce l’apogée du système.
Inéluctablement, les Mauritaniens et la Mauritanie veulent écrire une nouvelle page de leur histoire, celle là positive. Une page qui va finir avec l’improvisation, la répression, la gabegie, le tribalisme, le communautarisme, le régionalisme, l’exclusion, l’impunité, l’esclavage et le mensonge… sève nourricière du racisme d’Etat. C’est dans ce pays où un sénateur est élu dans un département avec plus de dix fois de grands électeurs au même titre qu’un autre département qui envoie à son tour un sénateur. Où est la légalité citoyenne ?
Il y a deux choses sur lesquelles les Mauritaniens se rivalisent le mieux, deux choses contraires à notre religion, l’Islam : le mensonge et la peur. Deux choses qui commandent notre destin, destin d’un pays réellement perdu. Mais pourquoi refusons-nous de comprendre que nous partirons et la Mauritanie restera. Une Mauritanie une et indivisible.
Cette gifle consistant à embastiller les responsables de IRA et de simples militants ; cette gifle qui est plus destinée aux Américains qu’aux militants et sympathisants d’IRA Mauritanie ne distraira pas les Mauritaniens justes. Et ces Mauritaniens ne cultiveront pas la peur des autres comme le veut le système. La Mauritanie se fera avec ses blancs et ses noirs. L’Afrique en miniature.
Dieu pardonnera le wali comme la police mauritanienne, ils ne sont que des victimes comme ceux qu’ils affublent de tous les noms d’oiseaux, qu’ils répriment, torturent, arrêtent et gardent au secret avant de les déposer à la citadelle du silence (Dar Naim). Le wali et la police le savent, IRA est devenue plus une philosophie qu’un simple mouvement de quelques personnes qu’on peut faire disparaitre par de sordides montages d’une époque que l’on veut passée.
Le contexte est inapproprié, le prétexte mal pensé et le texte grossièrement ridicule car décousu. Un mensonge peu intelligible et pas du tout intelligent.
IRA Mauritanie, TPMN, Mouvement du 25 février et Mani chaari gasoil … sont des réactions contre l’injustice qui a trop duré dans ce pays. Des réactions pour une Mauritanie juste pour tous ses fils, y compris les éléments de cette police qui réprime et torture (le cas de Moussa Birane), elle-même victime, et ce wali qui, comme un aveugle-sourd-muet, se complaît dans l’exécution des ordres d’un guide qui ne lui sera d’aucun secours devant le tribunal de Dieu et celui de l’histoire.
La Mauritanie nous survivra et ces pauvres citoyens que ce pouvoir prive de liberté aura certainement le dernier mot devant ALLAH, Le Juge. L’inévitable JUGE sur lequel ces victimes peuvent compter. Son jugement est juste et sans recours. Devant LUI chacun de nous répondra de ses actes. Que Dieu nous garde d’être du camp des menteurs et des poltrons de ce bas monde.

Camara Seydi Moussa

Source crédit : saheljournal.info

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1 commentaire

  1. Bien dit M. Camara
    Sous les mauvais gouvernements cette égalité n’est qu’apparente et illusoire, elle ne sert qu’à maintenir le pauvre dans sa misère et le riche dans son usurpation. Dans le fait les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien. D’où il suit que l’état social n’est avantageux aux hommes qu’autant qu’ils ont tous quelque chose et qu’aucun d’eux n’a rien de trop.

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