03-05-2016 08:29 – Obligation de licence pour les orpailleurs de Mauritanie

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APA – Le gouvernement mauritanien vient de mettre en place une législation régissant la prospection individuelle de l’or, jusque là absente dans le code minier du pays, en dépit de l’existence de riches gisements du métal précieux en cours d’exploitation.

Cette nouvelle législation a été rendue nécessaire par la ruée anarchique constatée dernièrement dans la région de l’Inchiri, au nord-ouest de Nouakchott, à la recherche de présumées quantités superficielles d’or.

L’histoire a commencé il y a quelques mois lorsqu’une rumeur persistante a fait état de personnes campant dans ladite zone et explorant l’or à l’aide d’équipements légers, avec des résultats souvent positifs.

Cette rumeur a eu l’effet immédiat de provoquer un mouvement massif vers le lieu indiqué de jeunes entrepreneurs ou de chômeurs engagés par des hommes d’affaires disposés à risquer des pertes tout en espérant gagner des bénéfices potentiels.

En effet, l’aventure nécessite un minimum d’investissement préalable, surtout en termes d’équipements et de logistique.

Il faut obligatoirement une machine d’exploration qui coûte au bas prix 1,8 million d’ouguiya (5.200 dollars américains) et un véhicule 4X4 dont le prix de location a atteint 40.000 ouguiyas (116 dollars) par jour.

A cela, il convient d’ajouter les outils de creusage et les salaires des manœuvres, sans compter les dépenses de camping (tente, nourriture et eau), avec des prix grossis sans cesse en raison de la rareté des denrées dans une région caillouteuse hautement aride, marquée par un soleil brûlant et des vents chauds et secs soufflant quasi permanemment.

En dépit de telles conditions, des vagues humaines ont pris d’assaut cette zone sans aucune forme de réglementation ni d’ordre, l’appétit étant aiguisé par les résultats rapportés par tel ami ou tel proche.

A en croire les dires jamais certifiés, les équipes de recherche trouvent, selon le degré de chance, des grains d’or de l’ordre de quelques grammes à une petite profondeur et qui, rassemblés, constituent une fortune.

A Nouakchott, le prix courant du kilogramme d’or avoisine les 10 millions d’ouguiyas (29.000 dollars). C’est face à cet engouement incontrôlé vers des zones où existent beaucoup de permis de recherche et d’exploitation miniers, y compris pour l’or, que les autorités mauritaniennes ont institué la nouvelle réglementation.

Il est désormais obligatoire de se faire octroyer un permis de recherche pour une durée de 4 mois avant de pouvoir mener une quelconque activité de recherche, a précisé le directeur des mines au ministère mauritanien du pétrole, des mines et de l’énergie, Ahmed Ould Taleb Mohamed.

Aussi, la zone allouée à cette activité a été définie et ne saurait être dépassée. En plus de cela, tous les appareils d’exploration individuelle doivent être dédouanés à hauteur d’environ 300.000 ouguiyas (874 dollars).

Des mesures qui rapporteront une importante manne financière au trésor public si l’on sait que les demandeurs de licence sont déjà plus de 17.000 et sont en croissance continue.

Nonobstant les résultats obtenus par les orpailleurs au terme de leurs recherches, l’activité elle-même, exclusive aux Mauritaniens, s’est fait sentir positivement sur les marchés qui souffraient d’un marasme avéré depuis quelque temps.

MOO/od/APA

Source : http://www.cridem.org

Le cas de Hamedi Camara, l’exemple d’un « enfer » administratif de l’enrôlement biométrique controversé en Mauritanie.

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Il s’appelle Hamedi Camara. Il vit en France depuis 2009. Il est de Hassi Chagar, de la région du Guidimakha.  Il milite au sein de la diaspora en faveur des Droits de l’Homme depuis plusieurs années.  Il est aujourd’hui victime, comme bien des Noirs, du racisme de l’état Mauritanien. Il n’est pas recensé à ce jour. Il est loin d’être le seul. Il a accepté de sortir de l’anonymat pour permettre d’éveiller les consciences.

Depuis le 25 Mars 2013, date de début de l’enrôlement en France, il lutte pour garder sa citoyenneté Mauritanienne. La situation ne lui était pas favorable en cette période au vu des conditions qu’il ne pouvait pas remplir.

Il y a quelques mois, il a repris ses démarches auprès de l’ambassade de Mauritanie à Paris. Il est en possession de tous les documents requis. Toutefois, le jugement de décès de sa défunte mère qui présentait pourtant toutes les caractéristiques d’un document normal, administrativement parlant, fait l’objet d’un rejet incessant et sans fondement.  Mais hélas, au pays de AZIZ, l’administration se démarque le plus souvent du chemin qui mène à l’éthique. Il a été délivré à Hamedi Camara un jugement de décès qui ne porte pas son nom et prénom  mais qui porte tout de même sa photo ! A qui la faute ? Le comportement irresponsable et non professionnel, l’amateurisme prononcé et la négligence des administrateurs au sein des instances étatiques en Mauritanie sont à l’origine de ce genre de dérives. Cette fois-ci, en la présence de quelques membres du Comité de Soutien aux Détenus d’Aleg en France avec lesquels il se bat depuis l’arrestation de Biram Dah Abeid, président de IRA, on lui signifiera qu’il devra retourner le document en Mauritanie pour correction. Mais le problème majeur est tout autre maintenant : Le nom de Hamedi à disparu, comme par enchantement, de la base de données – Rappelons que lors de sa première visite, à la reprise de ses démarches, son numéro d’identification nationale avait fait l’objet de recherche fructueuse – Désormais, tous ses efforts ainsi que ceux des membres du comité, ceux-là même qui avaient exprimé une volonté de le soutenir et de l’aider à communiquer avec le personnel de l’administration de l’état civil demeurent, cependant, vains et le compteur est remis à zéro. Il doit retourner en Mauritanie pour se faire recensé, lui a-t-on dit.

Aujourd’hui, tout espoir de restituer à Hamedi Camara un droit à un enrôlement possible s’amenuise car non numéro d’identification  initialement en son nom est attribué à une autre citoyenne d’origine Beydane. N’est-ce-pas du déjà vu? C’est ce que cachait l’autre face de l’iceberg !

Ce jeune homme si engagé, si motivé, si juste, si intrépide, si « Mauritanien » est maintenant livré à lui-même en occident sans aucune identité. Il est devenu apatride. Il est une victime type de la politique d’exclusion et d’épuration ethnique sciemment initiée par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz ; une citoyenneté rejetée en Mauritanie, un droit au séjour refusé en France ! Que doit-il faire ? Rester en France ? Retourner en Mauritanie ? Dans son cas, il en existe pourtant des milliers !

Voici  une preuve vivante de la conséquence d’une politique qui contribue à la « Dé-Mauritanisation ». Hamedi Camara, par cet acte courageux, en décidant de lever le voile sur la situation qu’il vit, que beaucoup vivent, il souhaite alerter le monde entier sur l’existence d’un apartheid en Mauritanie qui ne dit pas son nom. Le rang des victimes ne cesse de grossir. Dieu seul sait combien de Mauritaniens noirs s’inquiètent pour leur avenir en pensant perdre dans les jours, les mois ou les années à venir ou en ayant déjà perdu ou même être dans l’impossibilité de s’octroyer leur droit à la résidence en France et à la citoyenneté à cause des conditions humiliantes du recensement.

L’affaire de ce jeune Hamedi Camara est l’affaire de tous. De loin ou de près, chacun est concerné par cette histoire. Elle demande le concours, l’engagement et la volonté de tous.  Il n’est pas normal qu’un recensement qui a commencé en Mai 2011 continue de faire des victimes au lieu d’avoir permis l’enrôlement de tous. Il n’est pas concevable qu’il ne soit pas fini depuis fort longtemps. Il n’est pas non plus normal et digne de laisser continuer cette mascarade nous pourrir notre vie de tous les jours. Nous ne pouvons pas continuer de cacher que nous sommes malheureux. Mais dans la dignité, et seule dans la dignité, nous pouvons lutter pour nous libérer de nos malheurs.

La liberté d’un ensemble doit primer sur les libertés individuelles. Et le sentiment d’avoir trouver notre propre liberté ne garantit pas pour autant notre épanouissement et ne suffit pas pour assurer notre intégrité. Nous ne pouvons pas recouvrer notre liberté en toute sécurité dans une unité où tout le reste est maintenu par des chaines.

Source : repris d’un post Facebook de  Thomas Mag, un responsable de la diaspora.