24-02-2016 15:10 – Editorial de La Nouvelle Expression : Lô Gourmo avait raison…

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La Nouvelle Expression – Bonne année 2016. Avec beaucoup de retard ; mais pour l’humanité toute entière, je l’avais dit sans l’écrire. Mon souhait est un monde meilleur pour tous avec une Mauritanie juste parce que repensée et harmonisée. Je vais m’inviter au débat en cours, celui qui occupe et préoccupe certains d’entre nous : le dialogue politique.

L’opposition, comme le pouvoir, pense opportun cette méthodologie de gérer les affaires du pays. A mon sens, cette volonté du pouvoir de vouloir dialoguer sent le goût amer d’un non-dit ou de l’inachevé et donne raison au politique Lô Gourmo, un responsable du parti UFP, une formation de l’opposition mauritanienne.

Le Pr Lô avait déclaré, au lendemain de l’élection d’Abdelaziz pour son second mandat, que « l’élu ne l’aura été, avec 81,89 % des suffrages exprimés, que par 20% des Mauritaniens en âge de voter ». C’est à dire que 80% des Mauritaniens en âge de voter n’ont pas jugé utile de participer à ce scrutin.

Un Président qui n’est élu qu’avec plus de 80% de 20% des Mauritaniens en âge de voter est un Président mal élu, symptomatique d’une maldonne politique. D’où la nécessité de chercher à dialoguer avec la classe politique opposée. Une manière tacite de reconnaitre la crise qui plombe le pays sans que le pouvoir ne le dise clairement. Il est connu qu’en politique on parle de dialogue pour sortir d’une situation non souhaitée pour une autre situation souhaitée, d’une manière consensuelle. C’est-à-dire trouver une solution à la crise sous laquelle ploie la Mauritanie, à cause de la carence et de l’entêtement du pourvoir actuel. Un pouvoir qui se plait de mépriser et écraser ses administrés.

Le mépris… Comme le prétendent les tenants du pouvoir, tout va bien dans le pays, il n’a pas lieu de chercher à dialoguer avec un acteur qui s’est auto exclu du jeu politique parce qu’ayant boycotté. Mais la vérité est toute autre. La Mauritanie est gravement malade.

Sinon, quelqu’un qui affirme avoir gagné une élection dans la transparence et l’engouement populaire doit aller au bout de son devoir qui est de finir son mandat. Celui qui gagne haut la main une élection doit gouverner seul avec son camp, fort de sa légitimité. Mais le pouvoir d’Abdelaziz met à nu son illégitimité populaire, pour ne dire son « mal élu-ment ».

L’opposition va-t-elle se compromettre ? Une compromission qui passe par cette volonté de vouloir cogérer avec le pouvoir actuel, un pouvoir aux abois et qui accentue les maux de la Mauritanie et du Mauritanien. Un pouvoir qui suce, divise, instrumentalise…

Une opposition de la Mauritanie actuelle doit être préoccupée par la situation sociale du pays où le désarroi, la faim, l’injustice et le chaos se mauritanisent de jour en jour.

Une opposition de la Mauritanie d’aujourd’hui doit être une opposition citoyenne pour la construction d’un Mauritanien de droit et de devoir dans l’acceptation de l’autre.

Une opposition d’une Mauritanie de ce pouvoir héritier de l’ère Maouya doit être celle du refus de la collaboration malsaine.

Une opposition mauritanienne contre le pouvoir actuel, un pouvoir qui symbolise la perpétuation du système qui nous écrase depuis des décennies, doit être une opposition qui propose et milite fortement pour une Mauritanie réconciliée au lieu d’étaler à la face de tous sa volonté de participer à la gabegie insolente, à l’instrumentalisation et à la tyrannie…

La Mauritanie d’aujourd’hui a plus besoin d’une opposition d’action innovante que celle des réactions épidermiques face à un pouvoir qui a presque tout perdu et qui est en passe de tout faire perdre au pays.

Le problème de la Mauritanie est la négation de tout progrès dans le sens de l’avènement de la citoyenneté à part entière, et non d’une citoyenneté entièrement à part, qui suppose une Mauritanie qui finit avec les tares qui la minent, qui la tirent vers un trou sans fond.

Une fois cette Mauritanie pensée et décidée, on pourrait passer à l’aspect électoral…

Mais, tout exercice électoral avant la réalisation de cette Mauritanie-là ne produira qu’une copie biaisée de cette originale. Or, l’originale de cette Mauritanie-là ne fait pas rêver… une Mauritanie où perdurent racisme, irrédentisme ethnique, esclavage, exclusion, gabegie, mensonge, corruption, tribalisme, régionalisme.

Cette Mauritanie-là n’est pas une nation, n’est pas un pays. Cette Mauritanie-là n’est qu’un simple territoire, un espace de peuplement, un terrain vague…

Camara Seydi Moussa

Crédit source : http://www.cridem.org

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