Un cri osé: un petit échange d’un jour… !!!

image

Hier (05/12/2015) à la marge de la manifestation de la diaspora mauritanienne en France, j’ai croisé deux femmes (une jeune femme saharouie et une dame blanche française)  avec qui j’ai pu échanger pendant quelques minutes. Sur la place Trocadéro, elles ont été interpellées par les slogans de nos banderoles, et elles m’ont demandé sur l’objet de notre manifestation, en expliquant brièvement, je leur ai donné les exemplaires de la déclaration. Il s’est trouvé que la dame blanche française est l’épouse d’un indépendantiste saharoui emprisonné au Maroc depuis des longues me dit-elle. Elle m’a demandé si le leader abolitionniste Biram Dah Abeid est toujours en prison ou pas. Au cours de nos échanges, quand j’ai commencé à parler du système étatique mauritanien dominé par les arabes, la jeune saharouie dite militante qui ressemble à une compatriote mauresque, m’a interrompu parceque j’ai parlé des Arabes d’une manière générale concernant les problèmes politiques de notre pays. Et notre échange a glissé sur l’esclavage, elle m’a dit que chez eux, le problème est réglé et les anciens esclaves qu’elle les a nommés Haratines, font partie de sa propre famille, qu’elle les considèrent comme ses oncles, tantes ou frères. Quand je lui ai demandé s’ils s’allient par les mariages avec ces « parents » Haratines, elle m’a dit que les choses sont compliquées sur ce point. Je lui ai dit pourquoi les anciens esclaves et assimilés ne seront jamais considérés comme des membres pleinement et dignement des tribus de leurs anciens maîtres, et que certains leaders anti-esclavagistes issus des anciens esclaves ont bien compris cette magouille parentale permettant la perpétuation de l’ordre esclavagiste sous une autre forme.
Elle me répond que mon discours était dur, et la blanche française reprend que peut-être elles ne peuvent pas comprendre véritablement la nature d’identification des anciens esclaves qui révoltent, parce qu’elles n’ont pas subi les réalités de l’esclavage sur leurs consciences par ascendance dans le passé.

Conclusion: très souvent ceux qui luttent pour d’autres nobles causes, ont du mal d’accepter les positions des autres engagés sur d’autres problématiques, et ils les trouvent extrémistes ou durs surtout si leurs familles sont dans le camp de dominants.
Sur le cas de l’esclavage et ses manifestations, certains champions demandeurs de libertés et de droits sur d’autres références, vont chanter avec la main sur le coeur qu’ils aiment les anciens esclaves qui sont « comme des parents » de leurs familles. Ils vont même dire que c’est réglé et terminé, c’est juste de la misère et le manque d’éducation.
L’anti-esclavagisme et la lutte abolitionniste doivent être une conscientisation pour défaire les corruptions d’identification concoctées par les milieux dominants. Point de liberté et de dignité pour un esclave ou ancien esclave qui ne saura pas dissocier son identité de la famille de ses anciens maîtres. Avoir un rapport de citoyen-citoyen est la solution, et toutes compromissions à caractère sociétal et tribalo-ethnique revenaient à raviver l’ordre esclavagiste encore et toujours.

Pas facile de cerner le noeuds de l’énigme même pour les plus durs des anti-esclavagistes..  !!!

Il faut un mode d’emploi innovant …. Inch’Allah.

SoninkIdees-J’ose by K.S

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s