Manifestation du 05/12/2015, les 28 martyrs: PhotoReportage

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« Nous sommes en deuil pour leurs mémoires » est l’un des slogans brandis par les manifestants du collectif des organisations mauritaniennes de France (COMAF), ce jour sous le froid parisien. En effet, à l’occasion de l’anniversaire funeste des exécutions sommaires et extrajudiciaires de 28 soldats noirs par le régime autoritaire et sanguinaire de Ould Taya, plusieurs centaines de mauritaniens de la diaspora en France ont battu le pavé, pour dénoncer une énième fois l’absence d’une JUSTICE véritable pour les crimes innommables dans l’armée mauritanienne en certain 28 Novembre 1990.

Cette manifestation dans la capitale française a été l’occasion d’honorer la mémoire de ces 28 martyrs de la caserne militaire d’Inal. La marche est partie de la place Trocadéro vers 15h40 pour arriver à 16h20 devant la rue donnant sur la représentation diplomatique de la Mauritanie à Paris, rue Montevideo dans le chic 16 ème arrondissement.
Au cours de cet événement, les noms de soldats tués ont été cités par ordre numérique, après quelques slogans scandés par l’assistance et quelques prises de parole dont le bref et émouvant témoignage d’un rescapé du camp mouroir, Sy Mohamadou, l’enveloppe de la déclaration a été déposée dans la boîte courrier de l’ambassade.

Il faut noter qu’un projet d’une plainte est en préparation contre certains responsables de ces tueries extrajudiciaires, qui sont bien identifiés et occupent pour certains, des positions stratégiques dans l’entourage du président actuel du pays. Pour se faire, il est demandé aux participants d’aider financièrement ce projet, sans oublier le cas du pèlerinage d’Inal 2015 qui a été évoqué également.

Notre blog Soninkideesjose.wordpress.com conseille vivement aux voix portantes et militantes du peuple mauritanien, d’élargir la communication sur les événements atroces d’Inal. Faire comprendre au jeune Beydane insensible du Tiris Zemmour, au vieux villageois Soninké du Guidimagha, au jeune diplômé Haratine de Nouadhibou , au Peulh éleveur de Mbagne, à l’adulte Wolof en retrait de Keurmassene et au Bambara oublié de Néma, qu’il y’a 25 ans, 28 soldats mauritaniens, tous Noirs avaient été exécutés par leurs frères d’armes, en Humanité et en religion, en dehors de tout ordre judiciaire. Ces victimes ont des noms, des visages et des familles, et leurs bourreaux aussi ont des noms, des visages, des familles et surtout un soutien garanti jusqu’alors par l’ordre étatique qui les couvre depuis toujours.
Défaire cette culture contrôlée de l’impunité pour ces fils éteints à jamais du pays, sera l’une des nécessités inévitables pour l’émergence d’un État-Nation citoyen, juste et égalitaire.

L’ordre étatique d’aujourd’hui fait semblant d’ignorer l’inévitable, et ceux qui osent dire « les choses » sont harcelés et intimidés, l’exemple du colonel courageux à la retraite Oumar Ould Beibacar qui a décidé de soulager sa conscience, est emblématique. Nous espérons que l’État sortira de sa position de non-dits et d’improvisation pour couvrir les criminels qui tiennent « la grande présente, l’armée« . C’est elle qui gère le pays depuis juillet 1978.

SoninkIdees-J’ose by K.S