31-12-2015 14:30 – L’ambassadeur français indigné de la comparaison de Ould Hademine de l’esclavage en Mauritanie à celui pratiqué en France

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Alakhbar – L’ambassadeur français à Nouakchott Joël Meyer est profondément indigné des propos tenus par le chef du gouvernement Yahya Ould Hademine, relatifs à la vision de ce dernier de l’état des lieux de l’esclavage en Mauritanie.

Des déclarations, dans lesquelles, le Premier ministre qui nie l’existence des pratiques traditionnelles de l’esclavage dans le pays, circonscrit ces supposées séquelles à leurs apparitions modernes, qu’on peut constater dans tous les Etats du monde dont la France dit le haut responsable.

Le Chef du gouvernement Ould Hademine a tenu ces propos au cours d’une audience qu’il a accordée au diplomate français à la Primature à Nouakchott, au cours de laquelle, l’ambassadeur a réaffirmé les critiques de son pays du blocage des lois relatives à la pénalisation des crimes esclavagistes en Mauritanie, non encore appliquées selon Joël Meyer.

L’ambassadeur français outré par cette comparaison faite par le Premier ministre, a exprimé son indignation à plusieurs personnalités politiques mauritaniennes qu’il a rencontrées, dont le leader de l’APP Messaoud Ould Boulkheir.

Traduit de l’Arabe par Cridem

Crédit source : http://www.cridem.org

Pratiques esclavagistes : SOS Esclaves expose 15 nouveaux cas.

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«La lutte contre l’esclavage en Mauritanie est pénalisée par le déni du phénomène par les plus hautes autorités du pays, en totale contradiction avec l’arsenal juridique mis en place pour l’éradiquer et la Feuille de route du Rapporteur spécial des Nations Unies contre les formes contemporaines de l’esclavage. Quel officier de police judiciaire et quel magistrat ose affirmer ce que ses supérieurs jugent d’inexistant ? » Ces propos de Boubacar Ould Messaoud résumaient en substance l’essentiel des débats qui ont marqué la conférence de presse animée par SOS Esclaves mardi 29 décembre dernier, lors de la présentation de 15 nouveaux cas devant le parquet de Néma.

Devant un parterre d’activistes des droits de l’homme et de quelques députés, deux familles de quinze personnes ont été présentées comme les derniers cas d’esclavage récemment dénichés dans la Moughataa de NBeïkett Lehouach au Hodh Charghi. D’emblée, le président de SOS Esclaves, Boubacar Ould Messaoud, dont l’organisation est à l’origine de cette découverte, a appelé tous les Mauritaniens à participer au combat contre la honte que constitue l’esclavage. «Il se passe des choses terribles dans les zones rurales de la Mauritanie et nous aimerions avoir le soutien de toutes les composantes nationales. La lutte contre l’esclavage ne doit pas seulement être l’affaire des Haratines » a déclaré Boubacar Ould Messaoud qui a décrit le phénomène esclavagiste dans la communauté maure comme la forêt qui cache l’existence de cette pratique dans toutes les autres communautés, Soninkés et Halpulaar en particulier. «Que l’on coupe cette forêt et nous saurions ce qui se trouve dans la clairière » a-t-il martelé.
Présentant un jeune garçon parmi le groupe qui vient d’être libéré, il entonne «voyez-vous ce gosse, il n’a que 7 ans ; les gendarmes l’ont retrouvé à plus de 6 kilomètres du campement, seul, à la tête d’un troupeau de plus de 300 chèvres qu’il mène paître au profit de ses maîtres » a-t-il indiqué.

Plus émouvant encore fut le récit de Vatma Mint Zaida, à peine seize saisons. Il arracha des sanglots dans la salle. «Je suis née esclave et je m’occupais de tous les travaux, du ramassage du bois à la cuisson, en passant par le pilon pour moudre le mil, la conduite des troupeaux au pâturage, l’approvisionnement en eau à partir d’un puits situé à quelques kilomètres du campement. Mes maîtres me battaient, je n’avais pas d’habit et je ne mangeais pas à ma faim» a-t-elle témoigné.
Relatant l’odyssée des deux familles qui «viennent d’être arrachées aux griffes des négriers » selon son expression, Maaouloum Ould Mahmoud, Coordinateur de SOS Esclaves au niveau du Hodh Charghi, s’exclama «on dit qu’il n’y a plus d’esclaves en Mauritanie ! Eh bien, des cas matériels sont là devant vous ! C’est une gifle pour tous ceux qui soutiennent que SOS Esclaves fabrique des faux cas d’esclavage. Et pourtant, ces cas ont été qualifiés par le Procureur de la République de Néma comme des cas d’esclavage et les maîtres sont actuellement en prison »

Ce fut le lieu pour Boubacar Ould Messaoud de saluer le professionnalisme et l’attitude constante du Procureur de la République de Néma qui «a toujours traité convenablement tous les cas qui lui ont été présentés ». Ce qui ne semble pas être le cas du juge d’instruction, qui vient d’être affecté après sept ans au parquet de Néma. Selon le président de SOS Esclaves, «au lieu de mettre les mis en cause dans cette affaire en prison, le juge comme à son habitude, a décidé de les mettre sous  contrôle judiciaire ». Il a fallu un arrêt de la Chambre d’accusation de Kiffa, pour que la décision du juge soit annulée et les deux maîtres, Ikhalihina Ould Ahmed Haimad et Hanena Ould Bouna, soient déposés en prison.
«Ce ne sont pas les seuls cas pendant devant les juridictions, nous avons dix autres cas devant le parquet de Néma, un devant le parquet de Zouerate, sans compter Nouadhibou et Atar » complètera Me Boye Ould Bonane, l’avocat de l’organisation.
Mais en toute apparence, la bataille reste encore longue, car seul le jugement de cette affaire et son issue permettront d’indiquer si la Mauritanie a décidé enfin d’appliquer sa législation sur l’esclavage ou non.

Crédit source : http://www.aidara.unblog.fr

Conférence de presse IRA : Dr Saad Ould Louleid limogé de son poste de porte-parole.

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Dr.Saad Ould Louleid n’est plus le porte-parole du mouvement IRA (Initiative de résurgence pour le mouvement abolitionniste) Mauritanie. Il a été remplacé lors d’une restructuration interne par Dr.Sy Ousmane et Mohamed Ould Bilal. L’annonce en a été faite lors d’une conférence de presse animée aujourd’hui, mardi 29 décembre 2015, par le vice-président d’IRA, Diop Amadou Tijane, en présence de quelques membres du bureau exécutif du mouvement, notamment la deuxième vice-présidente Mme Dado Kane et Hamady Lehbouss, chargé de communication. Dr.Saad Ould Louleid est accusé d’avoir tenu des propos en totale contradiction avec la ligne directrice d’IRA.

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La conférence de presse a également été l’occasion pour Diop Amadou Tijane et Abidine Ould Maatalla de présenter aux militants et aux journalistes le trophée représentant le «TULIPE 2015 » décerné par le gouvernement des Pays-Bas cette année à IRA-Mauritanie. La compétition avait mis aux prises une trentaine d’organisations des droits de l’homme à travers le monde. Selon Ghamou Mint Achour qui avait reçu le trophée à Amsterdam, la remise du prestigieux prix s’est fait en présence de plusieurs hauts responsables hollandais et internationaux, soulignant que l’ambassadeur de Mauritanie invité à la cérémonie, avait refusé d’y assister.
«Ce prix est le combat de tous les militants d’IRA à travers leur engagement, leur courage et leur abnégation » dira Diop Amadou. Il traduit aussi, selon lui, la crédibilité dont jouit le mouvement IRA à travers le monde et la reconnaissance internationale de son sérieux et de la noblesse de son combat. «Ce 10 décembre 2015 restera gravé dans l’histoire d’IRA et de la Mauritanie. Il vient s’ajouter aux nombreuses reconnaissances que notre mouvement ne cesse de connaître depuis sa création en 2008 » ajoutera-t-il. Il a cité dans ce cadre le Prix Weimar obtenu en 2011, le Prix des Nations Unies en 2012, le Prix FrontLine Defender en 2013, le Prix de la ville de Philadelphie en 2013 et le Prix Echoes Africa en 2014.
«Nous avions souhaité voir tous les Mauritaniens fêter avec nous ce prix, car à travers IRA, c’est toute la Mauritanie qui doit se sentir honoré, mais tout comme la jeune Fatou Diop qui vient de remporter le Prix «Sene Petit Gallé » au Sénégal, l’arrivée de Ghamou Mint Achour a été ignorée par les médias nationaux, ce qui ne milite guère en faveur de l’unité nationale » fera remarquer Diop Amadou Tijane. Il a déclaré que ce prix intervient dans un contexte marqué par l’incarcération injuste et abusive des deux leaders d’IRA, Birame Dah Abeid et Brahim Bilal Ramadan, ainsi que l’exil forcé de leur compagnon d’infortune, Djiby Sow.
«IRA, dira le conférencier, va poursuivre son combat qui vise à déconstruire le système esclavagiste, raciste et discriminatoire en place, jusqu’à l’émergence d’une autre Mauritanie et d’un autre mode de société égalitaire où tous les Mauritaniens pourraient vivre sans discrimination ». Il a précisé qu’IRA restera à côté de tous les opprimés, quels que soient leur communauté, et qu’il ne baissera jamais les bras tant que l’esclavage persistera et tant que le problème du génocide des noirs des années 89/92 ne sera pas réglé.
S’agissant du dossier judiciaire des détenus d’IRA, Diop Amadou Tijane a souligné que le dossier est actuellement cliniquement mort du fait d’une justice au pas. «Après la mascarade de procès en appel à Aleg, dira-t-il, le collectif de défense des détenus avait entamé les procédures de cassation devant la Cour Suprême. Les délais requis pour que le parquet d’Aleg clôture les procédures ont été largement dépassés et il me semble que Mohamed Abdel Aziz a décidé de faire purger aux détenus les deux ans fermes auxquels ils ont été condamnés, en piétinant leur droit à un procès juste et équitable ». Selon lui, Aziz en voudrait à Birame et à Brahim d’avoir refusé la liberté provisoire qui leur a été proposé ainsi que leur refus de reconnaître à la Cour d’Appel d’Aleg toute légitimité.
Le vice-président d’IRA a aussi fait état d’une autre entorse grave aux droits des prisonniers, celui d’avoir accès à des soins appropriés. «Depuis leur transfert de la prison d’Aleg vers Nouakchott, les prisonniers sont mis dans des conditions lamentables de détention et leur droit à des soins est bafoué » dira Diop, qui précise qu’à «trois reprises, leur rendez-vous avec leurs médecins soignants a été empêché par les autorités pénitentiaires ».
A noter que le commissaire de police de Tevragh-Zeine 1 s’est présenté au FONADH où se déroulait la conférence pour demander son interruption. Mais la conférence s’est déroulée jusqu’à la fin, sans que l’ordre verbal donné par le commissaire n’ait été suivi d’effet. A la sortie des participants, seule une voiture de police avec deux agents à bord faisait le pied de grue. Aucune interpellation n’a été commise.
Le président de SOS Esclaves, Boubacar Ould Messaoud avait participé à une partie de la conférence, ainsi que deux membres de son organisation. Il prépare lui aussi une conférence de presse l’après-midi à l’hôtel Wissal sur quinze cas d’esclavage nouvellement découverts au Hodh Charghi. «Un démenti à Aziz qui disait à Nouadhibou que l’esclavage n’existe plus en Mauritanie » souligne son chargé de communication. Les maîtres présumés seraient en état d’arrestation à Néma.

Crédit source : aidara.unblog.fr 

Une vidéo d’une partie de la conférence :
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Esclavage en Mauritanie, un crime sans responsable.

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Publié le 29 décembre 2015 par ufcmauritanie

Les criminels de l’esclavage sont pourtant faciles à identifier en Mauritanie. Les esclavagistes sont toutes les castes dites nobles. Aucune caste dite noble en Mauritanie n’échappe pas à cette pratique et à ce crime. Mais personne ne veut porter cette responsabilité de qu’on parle d’esclavage. Les victimes sont là et subissent chaque jour cette pratique honteuse. Tout le monde continue de nier.
Le président de la république qui parle au nom de tous les victimes de l’esclavage lors d’une allocution sur TV5 le 27 novembre 2015 comme d’ailleurs tous les mauritaniens avec la phrase magique “l’esclavage n’existe pas dans notre pays”. Il n’a jamais était esclave et ne sait pas ce quoi d’être un esclave. Même un tant que président de la Mauritanie, il ne peut pas parler à la place des victimes. Son rôle de président est faire triompher la justice.
Le mensonge collectif sur l’esclavage
Les castes dites nobles ont une phrase simple et magique tout comme le pouvoir mauritanien : « l’esclavage n’existe pas en Mauritanie ». Les castes dites nobles pensent qu’en disant cette phrase tout le problème de l’esclavage est résolu. Il suffit simplement de prendre une personne au hasard ses castes qui se disent noble lui demandant sur l’esclavagisme en Mauritanie. Sa réponse est simple : « l’esclavage n’existe pas ». Parmi ses castes qui se disent nobles ne sont rien d’autres que des esclavagistes.
Exemple chez les Soninkés, certains donnent comme réponse que : « l’esclavage n’existe pas mais ce qui reste c’est le Ladalemakhou ». D’où vient c’est «Ladalemakhou» ? Les esclavagistes n’ont pas une explication. Ladalemakhou est un système établit entre ancien esclave et son maître dans l’occupation de tâche un cas de décès, mariage, baptême, etc. Sur quelle base ont-ils établi cette pratique ? Personnellement je ne sais pas. Ce que je peux dire ça profite aux castes nobles. Il faut être un acteur de terrain pour comprendre tout le mensonge derrière et les inégalités.
Pour qu’il n’existe pas d’esclavage, il faut un victime et un coupable. Il faut aussi que la justice soit faite.
La vérité sur l’esclavage en Mauritanie
L’esclavage existe en Mauritanie, il n’y a pas de doute. J’assume ma responsabilité pour dire que l’esclavagiste existe. Parce que je peux apporter de faits réels qui démontrent ce que je dis. Mais nous sommes tentés par le mensonge collectif et la vérité est devenue notre principal ennemi. Une personne qui nie l’existence de l’esclavage en Mauritanie est un esclavagiste mais ne dit pas la vérité. Celui qui dit que je ne suis pas esclavagiste et je suis contre l’esclavagisme, je peux comprendre.
Les esclavagistes fuient leur responsabilité parce que la vérité commence à triompher sur ce crime. Du moment que les esclavagistes par la simple phrase disent que ‘’l’esclavage n’existe pas” ça explique qu’il a existé. Dans ce cas où sont les criminels et les victimes. Chacun doit être responsable de ses actes. Il faut que les esclavagistes acceptent qu’ils sont esclavagistes et leur sort va dépendre des victimes. Seuls les victimes ont la possibilité de pardonner ou demander justice. Ils sont les seuls à pouvoir affirmer que l’esclavage n’existe pas.
La pratique de l’esclavage en Mauritanie n’est pas un fait caché. Je prends l’exemple de Soninkés – Un étranger Soninké dans un village Soninké, nous cherchons toujours à savoir le pseudo nom d’honneur. Un nom de famille Soninké est toujours précédé d’un pseudo nom d’honneur. A partir de ce pseudo nom d’honneur, les gens déterminent sa caste. Ces gens qui disent l’esclavage n’existent pas, pourquoi continuent-ils à savoir ce nom d’honneur ? Si on demande à quelqu’un Soumare comment , Diakhite comment , Camara comment ; ce qu’on n’est simplement un esclavagiste. Sinon si je te dis que je suis Diakité, à quoi ça sert de savoir ce qui précède. Nous mentons et nions la vérité. Dans les villages : nous avons Horokani (Quartier de nobles) et Komokani (quartier des esclaves). Les exemples n’en finissent pas.
Prise d’otage de castes dites esclavages par le double discours et le mensonge collectif
Les castes dites esclaves sont prises en otage par le mensonge collectif. Nous savons tous que les régions mauritaniennes sont toutes formées par des organisations villageoises avec un pouvoir local de chaque village allant du chef de village, à l’imam, au griot et à l’esclave. Les chefs de village sont les propriétaires de la terre. Les castes dites esclaves n’ont pas de terres. Cette question n’est pas résolu mais on continue de dire l’esclavage n’existe pas. Dans les villages, il n’y a pas la présence de l’autorité de l’Etat. C’est l’autorité traditionnelle qui marche.
D’une part, les castes dites esclaves sont prises en otage par les mensonges de ses organisations villageoises qui sont prêts à tout pour la continuité de l’esclavage et nient son existence. De l’autre côté, Le pouvoir mauritanien peut se vanter, s’il veut mais il n’a aucune autorité sur les modes de fonctionnement des organisations villageoises. D’ailleurs, la légitimité du pouvoir de l’Etat dépend de ses pouvoirs locaux comme le Ier siècle. L’Etat mauritanien préserve son autorité et sa légitimité en acceptant les modes d’organisations sociales de pouvoirs locaux.
Le pouvoir central mauritanien est le garant de la pratique de l’esclavagisme.

Crédit source : ufcmauritanie.wordpress.com

Un cri osé : spécial « Mauritanien »

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Un échange télévisuel qui ébauche le vrai débat :

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=597219827093891&id=196089243873620

En « Mauritanien » , tout en chacun, instruit ou pas, diplômé ou pas, sait par son éducation héritée de son cadre originel que le mal profond est transcommunautaire. Le système étatique en place reproduit fidèlement ce qui s’organise dans nos contrées régies par l’ordre tribalo-féodal, et les milieux dominants issus de toutes les communautés, ont des intérêts convergents sur le matériel et l’immatériel. Ceux qui détiennent l’application de la Loi, sont contre la loi parce qu’elle bousculera leurs intérêts considérés comme de Droit Divin. Plutôt que de chanter nuit et jour  qu’il y a un problème de cohabitation entre les différentes communautés, il faut tout aussi admettre qu’il y a un Gros problème de coexistence en Droits et Devoirs  entre les Humains dans ttes les communautés. Un soninké ou un peulh d’extraction sociale servile (casté esclave), n’est pas victime seulement parce qu’en étant Noir dans cette Mauritanie de 2015.
Seulement si on veut tordre nos consciences face à cette réalité pesante du déterminisme de Naissance, Dieu est Savant du caché et du connu et nos compatriotes arabo-berbères  accusés de racisme  à raison ou à tort savent beaucoup de choses de nous. Leur idéologie racialiste qui exclut et domine, a sa version intracommunautaire et intratribale qui a le même fonctionnement exclusiviste sur le matériel et l’immatériel.

27-12-2015 12:33 – L’accident de Tintane: des blessés agonisants, un hôpital vide de son personnel

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Alakhbar – Les victimes de l’accident qui a coûté la vie, mardi 22 décembre, à Ahmed Ould Abdel Aziz, fils du président mauritanien, ont attendu près de deux heures d’horloge avant de bénéficier de premiers soins. Deux parmi elles ont fini par rendre l’âme dans un hôpital où la seule personne retrouvée sur place, un infirmier, paniquait.

Récit des premiers témoins, recueilli par le correspondant d’Alakhbar:
L’accident survient près du village de d’Akni Soultane, situé à 15Km de la ville de Tintane.

Des villageois entendent un éclatement d’un pneu de voiture. Le véhicule à moteur V8, qui transportait Ahmed Ould Abdel Aziz, Cheikh Omar Ndiaye, un journaliste au quotidien « L’Authentique » et d’autres passagers, vient de percuter un tas de pierres laissé à gauche de la chaussée depuis les deniers travaux de maintenance de la route reliant Tintane à Kiffa. Un pneu se détache et s’envole.

Les villageois installent les victimes à l’ombre d’un arbre. Elles sont encore vivantes.

L’évacuation vers l’hôpital de Tintane commence. Les villageois se débrouillent avec les moyens du bord. Ils débutent par les blessés graves. Ahmed Ould Abdel Aziz est évacué à bord d’une Mercedes 200, puis Cheikh Ndiaye à bord d’une autre Mercedes 200, ensuite deux autres blessés sur un bus et enfin le cinquième blessé à bord d’une Mercedes 190.

Trente minutes après, des gendarmes arrivent sur le lieu, à bord d’un véhicule de transport. L’évacuation était déjà finie.

Un peu plus tard, un véhicule de marque Toyota Hilux de la gendarmerie vient récupérer les premiers gendarmes qui étaient sur le lieu. Direction Tintane.

A l’hôpital de Tintane, un seul infirmier est retrouvé sur place. Il panique et s’interroge si les victimes faisaient partie d’une délégation présidentielle.

Après 45 minutes d’attente, deux médecins arrivent pour administrer les premiers soins. Trop tard ! Ahmed Ould Abdel Aziz et Cheikh Oumar Ndiaye n’étaient plus.

Deux heures plus tard, le directeur de l’hôpital d’Aïoun arrive en compagnie d’un chirurgien égyptien pour évacuer les victimes vers Aïoun.

Finalement ces victimes sont acheminées à l’hôpital de Kiffa puis, par avion, vers la capitale Nouakchott, sur décision du chef d’état major des armées de l’air.

Seul le chauffeur de la voiture accidentée est resté hospitalisé à Kiffa.

Crédit source : http://www.cridem.org