Journée de réjouissance ou de deuil ? Par le colonel (E/R) Oumar Ould Beibecar

image

Le mois de novembre, qui symbolisait pour nous, pendant trente ans les moments de joie et d’allégresse, les moments d’euphorie pour l’unité nationale et cette communauté de destin fondée sur l’islam, des moments de souvenir des pères fondateurs et bâtisseurs, des moments d’espoir d’une vie meilleure, a perdu tout son charme et toute sa fierté depuis ce fameux 28 novembre 1990 où la tristesse a remplacé la joie et le désespoir. A la joie de l’indépendance et de la liberté se sont désormais mêlées la souffrance morale et la détresse de la cruauté, pendant ce jour mémorable.

En ce mois de novembre 1990, des centaines de nos frères négro-mauritaniens, civils et militaires ont été froidement exécutés. Plusieurs centaines d’âmes croyantes exécutées sans aucune raison valable, ou morts sous la torture. Certains ont été abattus de sang froid en public, leurs corps exposés pendant très longtemps devant leurs proches, empêchés de leur donner une sépulture, d’autres ont été enterrés vivants comme à Azlatt et à Jreida. Certains ont été pendus comme à Inal et à Rach Tachedbit dans le département de Rosso au 1er BCP, d’autres morts sous la torture à Nouadhibou et ailleurs.

Les viols ne se comptaient pas, certains viols avaient été effectués devant les parents des intéressées, d’autres devant les enfants des intéressées. Les pillages, les humiliations et les bastonnades étaient monnaie courante.

Les victimes dans les unités de l’armée nationale, un peu moins de trois cents hommes, dont plus de la moitié (154) dans la seule fosse commune d’Inal. Inal qui est tout un symbole car c’est ici où sont tombés nos premiers martyrs, sur le champ de bataille le 9 décembre 1975, dont l’adjudant-chef Abdallahi Sy dit lehrour de la gendarmerie, un foutanké du gorgol, le premier martyr des forces armées nationales et le brigadier Mohamed Ould Mahmoudi Ould Moussa MLE 2147 un guerrier du Tagant, premier martyr de la Garde nationale. Ils sont morts pendant la lâche attaque surprise de l’armée algérienne et quelques mercenaires du Polisario, qui a déclenché la guerre du Sahara où nous avons perdu plus de 2000 martyrs oubliés par la République.

Auteurs bien connus

Les tueries au niveau de l’armée nationale ont fait l’objet d’un rapport incriminant une poignée d’officiers. Etabli dans les règles de l’art en mai / juin 1991, par une commission plurielle composée de cinq officiers, dirigée par le chef d’état-major national adjoint, ce rapport avait fait toute la lumière sur ce massacre. Le chef de l’Etat, après lecture de ce rapport, avait été d’une grande naïveté, en demandant à son ministre de la Défense de voir avec la cour suprême la possibilité d’une solution interne, à l’amiable, impliquant des sanctions disciplinaires accompagnées de réparations matérielles.

Le ministre de la Défense a, par lettre N° 0056 du 17 juin 1991, posé deux questions, on ne peut plus absurdes, au président de la cour suprême, dont voici la teneur : « Les chefs d’états-majors détiennent-ils des prérogatives en matière de poursuites des militaires ayant commis des crimes et des délits? La sanction disciplinaire peut-elle se substituer à la sanction pénale ? » La cour suprême toutes chambres réunies, à son audience du lundi 15 juillet 1991, a par délibération N° 95/91 donné l’avis suivant : « Incompétence des chefs d’états-majors en matière de poursuites des militaires ayant commis des crimes ou des délits et impossibilité quant à la substitution de la sanction disciplinaire par la sanction pénale. »

En novembre 1990, à la Garde nationale, sur les seize victimes de ce massacre, plusieurs sont morts sous la torture. Pendant l’occupation de la vallée, dans le département de Boghé, des gardes avaient exécuté froidement un gendarme et plusieurs soldats de l’Armée nationale en tenue et en position régulière, et au lieu d’être sanctionnés, ils ont été récompensés. Ils avaient aussi massacré dans la forêt de BAKAW, plusieurs personnes dont des femmes et un bébé.

Dans le département de Maghama, dans la zone de Sangué Lobali, pendant ces années de braise, les unités de la Garde ont semé la terreur en coupant les têtes de certaines victimes avec lesquelles ils s’amusaient à terroriser les populations des villages riverains. Au niveau de la Garde nationale, il n’y avait jamais eu d’enquête concernant ces massacres, mais les auteurs présumés sont très bien identifiés. Malheureusement, les statistiques des massacres et viols chez les civils, pendant l’occupation de la vallée, ne sont pas répertoriés avec précision. Les ONG qui s’intéressent à ce dossier sont divisées, démunies et diabolisées et les ayant droits sont toujours terrorisés.

Le seul crime des victimes de ces massacres était d’être nées toucouleurs ou soninkés du Gorgol. Car les soninké du Gorgol, contrairement à ceux du Guidimagha plus conservateurs, étaient assimilés par le pouvoir à des toucouleurs, à cause des métissages et de la symbiose qui existaient entre ces deux composantes. Il parait que le but de ce génocide, car on ne peut l’appeler autrement, était de terroriser les ‘’kwars’’ (terme générique désignant le snégros-mauritaniens), afin de les amener à traverser volontairement le fleuve pour s’installer définitivement au Sénégal, considéré par les stratèges nationalistes du pouvoir, comme étant leur vraie patrie.

Certes, les kwars ont été complètement terrorisés au point où ils ne savent plus à quel drapeau se vouer, et où ils n’ont plus que des mains pour applaudir et des voix pour soutenir sans réserve, les gouvernements d’hier et d’aujourd’hui, qui protègent les bourreaux en légalisant l’impunité. Mais, heureusement pour la Mauritanie, les kwars n’ont pas encore traversé le fleuve « Sanhaja ».

Epuration ethnique

Les proches des victimes de cette épuration ethnique, sont depuis plus de 25 ans dans l’expectative. L’avenir de la Mauritanie vaut plus que la vie de tous les officiers, sans exception aucune, en activité ou à la retraite, à plus forte raison d’une poignée d’officiers génocidaires, qui prennent en otage depuis un quart de siècle la justice de tout un peuple, mettant en péril toute la République, et à l’ égard desquels la moindre sympathie ou le moindre sentiment de pitié constitue à lui seul un très grand péché.

Depuis 25 ans, les poursuites contre les auteurs de ces massacres sont suspendues, la justice mise en veilleuse, avec la bénédiction de beaucoup des oulémas et des notables de la République Islamique de Mauritanie. Depuis un quart de siècle, les ayant droits sont privés de justice par ces dictatures militaires qui se succèdent et se ressemblent, soutenues par les baathistes et les nasséristes à tour de rôle.

Depuis 25 ans, les parents des victimes n’ont même pas le droit de pleurer leurs morts, ni de chuchoter les noms de leurs centaines de martyrs, ni de murmurer leurs profonde douleur, ni de prier publiquement pour le repos de leurs âmes. Pourtant tous les auteurs présumés de ces crimes sont connus et beaucoup de témoins sont encore en vie et prêts à témoigner pour Allah devant les juridictions compétentes.

Toute la procédure judiciaire a été bloquée par le premier parlement issu de la démocratie militaire, composé majoritairement de tribalistes arabo-berbères et négro-mauritaniens dont des oulémas, qui avait voté presque à l’unanimité, sous l’impulsion du président du CMSN ère nouvelle, déçu par la réponse de la cour suprême en juillet 1991, et soutenu par des nationalistes arabes, le 14 juin 1993 la loi 93-23 portant amnistie et qui légalise l’impunité et l’arbitraire, dont voici la teneur :

Article premier : Amnistie pleine et entière est accordée :

-1/ Aux membres des forces armées et de sécurité auteurs des infractions commises entre le 1er janvier 1989 et le 18 avril 1992 et relatives aux événements qui se sont déroulés au sein de ces forces et ayant engendré des actions armées et des actes de violence.

-2/ Aux citoyens mauritaniens auteurs des infractions suites aux actions armées et actes de violence et d’intimidation entrepris durant la même période.

Article 2 : Toute plainte, tout procès- verbal et tout document d’enquête relatif à cette période et concernant une personne ayant bénéficié de cette amnistie sera classé sans suite.

Cette loi d’amnistie votée par cette assemblée monolithique, élue dans les conditions que l’on sait, qui n’a d’ailleurs pas plus de légitimité que le CMSN, composée de « députés » béni-oui-oui, dont certains sont plus militaristes que les militaires, et dirigée par un officier, ancien membre du CMSN, ancien ministre de l’intérieur, sans doute pour donner la cadence, est nulle et non avenue. Particulièrement en ce qui concerne les auteurs de crimes de sang, puisque contraire à la charia qui est constitutionnellement, le fondement du droit mauritanien. Seuls les ayant droits peuvent pardonner et seulement dans les cas du ghissas (loi du talion). Les cas de houdoud (châtiment pour un péché) ne peuvent faire l’objet ni de pardon ni de grâce et doivent être exécutés immédiatement.

Des officiers génocidaires ont été décorés les 28 novembre. Décorer les bourreaux, c’est encourager l’impunité, travestir l’histoire, maudire un peu plus cette journée mémorable, insulter davantage la mémoire de nos martyrs, humilier et frustrer les ayant droits, et renvoyer aux calendes grecques les mots comme réconciliation nationale et comme justice tout court.

Le 28 novembre 2015, les festivités pour la commémoration du 55ème anniversaire s’étant délocalisées à Nouadhibou, la cérémonie nationale va s’approcher de la principale nappe de sang de nos martyrs, du point culminant de la barbarie. Elle va se dérouler à 255 km d’Inal, le symbole de l’atrocité, l’adresse de la boucherie, le souvenir du cérémonial solennel de la pendaison de nos 28 valeureux soldats, l’incarnation du génocide.

Elle va se dérouler au commandement de la première région militaire, responsable de ce massacre. Elle va se dérouler à Nouadhibou, notre capitale économique, elle aussi entachée par le sang des dizaines de nos martyrs de novembre 1990. Cette année, notre drapeau national sera hissé publiquement et solennellement, en présence du chef de l’Etat, des membres du gouvernement et des hautes personnalités, dans une mare du sang de nos frères martyrs.

Journée souillée

Le 28 novembre ne peut plus constituer une fête nationale pour notre peuple. On ne peut pas fêter le sacrifice de nos 28 martyrs pendus, pendant ce jour mémorable. Leur sang avait entaché à vie l’anniversaire de notre indépendance, et souillé notre drapeau national. On ne peut pas fêter la pendaison de toute une communauté, de toute une culture. On ne peut pas fêter la pendaison de l’humanité tout entière.

Le sang de ces 28 âmes croyantes sacrifiées comme des moutons ce 28 novembre 1990, par leurs frères d’armes dans une ambiance incroyable, interpelle notre conscience religieuse, notre conscience nationale, notre conscience citoyenne, notre conscience patriotique. La réponse au génocide et surtout au sacrifice d’INAL doit être responsable et contribuer à apaiser les esprits, à consolider la cohésion nationale, le patriotisme, et surtout à renforcer la foi en Allah, après que justice soit rendue. Le fait d’ignorer le génocide est pire que le génocide. Le fait de nier la pendaison est pire que la pendaison. De grâce pleurons le 28 novembre. Exigeons la vérité. Exigeons la justice. Pleurons. Pleurons.

Aussi le 28 novembre 2001, la Mauritanie avait livré le citoyen Mohamedou Ould Sellahi, brillant informaticien, aux USA en violation flagrante de notre constitution. Cet innocent moisit depuis une quinzaine d’années dans les geôles de la plus grande puissance du monde, qui le maintient en prison, hors de son territoire pour tricher, par excès de zèle, malgré son acquittement par la justice américaine. Cette honteuse livraison a souillé un peu plus cette journée mémorable.

On peut consacrer la journée du 25 novembre, encore intacte, à la fête. Date de la création de nos forces armées, premier acte de souveraineté nationale de notre pays. On peut réserver ce jour à la joie de l’indépendance et de la liberté, avec ses discours, ses musiques, ses chants, ses cérémonies officielles, ses défilés, ses levées des couleurs. Et instituer la journée du 28 novembre comme journée des martyrs ou journée de la cohésion nationale, pour partager la souffrance morale et la détresse de tous ceux qui ont souffert, ou qui souffrent de la cruauté de leurs propres concitoyens.

Avec une pensée particulière pour les victimes du génocide, et nos 2000 martyrs oubliés, morts les armes à la main pour défendre notre intégrité territoriale entre le 9 décembre 1975 et le 12 juillet 1979, et surtout les 28 pendus de l’anniversaire. Cette journée du 28 novembre sera une journée de prière, de recueillement et de pardon pour une meilleure harmonie, une meilleure concorde nationale. Pour que cette folie ne recommence jamais.

Les plaies provoquées par le génocide sont très profondes et ne peuvent se cicatriser que suite à un procès juste et transparent, et qui doit réparer administrativement les calvaires vécus par les ayant droits pendant ces 25 ans d’expectative. Le peuple doit connaître toute la vérité, rien que la vérité au sujet de ce massacre. Tenter de dissimuler cette tuerie, c’est comme essayer de cacher le soleil.

L’approche timide choisie pour régler le problème de ces tueries, par le pouvoir en place, en distribuant des miettes aux ayant droits, est contre-productive. Les amalgames créés par l’ajout sur la liste des victimes du génocide, des noms des auteurs des putschs sanglants du 16 mars 1981 et du 8 juin 2003 sont inacceptables et ridicules. La prière à Kaédi ressemble plus à une provocation qu’à un acte d’apaisement. On ne peut réaliser notre unité nationale tant que la justice n’est pas rendue aux ayant droits. Pourtant les parents des victimes sont prêts à pardonner. Mais pardonner quoi ? Pardonner à qui ? Pardonner comment ? Il est indécent de demander pardon avant de rendre justice.

Il ressort de ce qui précède que nous sommes majoritairement des musulmans non pratiquants, citoyens d’une république semi-laïque en voie de disparition, dirigés depuis le 10 juillet 1978 par des gouvernements irresponsables et hors-la-loi. Qu’Allah protège notre chère Mauritanie. Allah donnez-nous des yeux qui voient le meilleur, un cœur qui pardonne le pire, un esprit qui oublie le mal, et une âme qui ne perd jamais la foi.

Crédit source: Le calame.info

SoninkIdees-J’ose by K.S

18-11-2015 09:54 – Les autorités s’engagent à libérer les leaders de l’IRA

image

Essahraa – Les informations selon lesquelles le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a pris la décision de libérer les leaders détenus de l’IRA sont désormais quasi-certaines.

Le Chef de l’Etat Ould Abdel Aziz a promis à un responsable occidental de libérer ces jours-ci le Président de l’IRA Biram Ould Dah Ould Abeid, rapportent des sources, selon lesquelles, cette mesure entrera en vigueur à la fin des examens médicaux auxquels obéit actuellement Ould Dah et faits sur le compte de l’Etat mauritanien.

On ne sait pas encore si la mise en liberté des leaders de l’IRA interviendra en concomitance avec les festivités commémoratives du 55e anniversaire de l’indépendance national, dans le cadre d’une grâce présidentielle élargie à d’autres détenus ou bien avant.

Traduit de l’Arabe par Cridem

Crédit source: http://www.cridem.org

SoninkIdees-J’ose by K.S

17-11-2015 07:00 – Les autorités permettent à Biram de se rendre à l’Hôpital neuro-psychiatrique / [PhotoReportage]

image

image

Les autorités ont permis à Biram Dah Abeid – incarcéré à la Prison centrale de Nouakchott – de se rendre, ce lundi 16 novembre, à l’Hôpital neuro-psychiatrique de Nouakchott avant d’y subir un examen par scanner.

Le président d’IRA qui souffre des douleurs aux deux jambes et au bas du dos a toujours appelé au respect de son droit aux soins.

Les autorités avaient jusque-là refusé d’évacuer le leader abolitionniste vers un centre de soins menu d’un scanner, cela malgré les recommandations de trois équipes médicales qui ont consulté tour à tour le patient pendant que celui-ci était détenu à Aleg.

Mais apparemment tout semble indiquer que le leader abolitionniste jugé à Rosso en novembre dernier, condamné à deux ans de prison ferme, incarcéré à Aleg avant d’être transféré ces jours-ci à la prison civile de Nouakchott, a enfin obtenu gain de cause.

SC

Copyright © 2015 Cridem

Crédit source: http://www.cridem.org

SoninkIdees-J’ose by K.S

Les attentats en France: Notre solidarité… !!!

image

Notre blog Soninkideesjose.wordpress.com présente sa totale et triste compassion aux familles des victimes innocentes des attaques lâches de Paris et Saint Denis ce Vendredi soir 13/11/2015. Les assaillants ont frappé des cibles faciles (terrasses de café et salle de concert bondée) dans leur équipée lâche et criminelle. À l’heure de mise sous presse de ces modestes mots, le bilan serait d’au moins 128 morts et plusieurs blessés. Ceux qui ont détruit ces vies, seraient probablement issus du « milieu musulman » d’obédience takfiri qui n’a de FOI que le projet de destruction massive de toutes les différences. Ces gens ne cherchent pas la Piété dans la réligion, mais une justification malsaine de leur prédisposition à la haine obscure et la criminalité sanguinaire. Ils se croient grands et puissants pour honorer la Grandeur d’Allah azzewejel et ils se sont trompés d’ordre en tombant sous le charme du satan. Ils sont tombés dans l’extrémisme faisant d’eux des monstres damnés et aveugles.

Discernement, calme et pas les raccourcis des amalgames… !!!

Pensée aux victimes et leurs proches.

SoninkIdees-J’ose by K.S

Un cri osé… !!!

image

Monsieur le président, discernement s’il vous plaît et ne soyez pas hâtif… Vous êtes le président de tous les sénégalais d’abord… !!!

Le président sénégalais, Macky Sall se met aux discours stigmatisant et ressassés ailleurs depuis des années contre l’irruption d’un habilement dit étranger aux moeurs vestimentaires de notre sous-région. Le voile intégral au nom de l’islam peut être discutable théologiquement parlant selon l’interprétation de textes canoniques. Mr le président, vous seriez mieux compris si vous avez parlé des motifs de sécurité publique dans un environnement suspect où quelques tarés et désorientés pourraient perpétrer leurs crimes au de notre sainte religion. Mais, cela ne semble pas être le cas dans la communication présidentielle, qui indexe la liberté qui permet à celles qui veulent s’habiller comme bon leur semble, étant citoyennes de plein droit.
S’il faut parler de ttes les nouveautés qui surgissent dans notre cadre traditionnel en religion ou d’autre facettes de la vie, il faudrait mieux viser aussi, le khessal intégral, le greffage intégral, le maquillage intégral, joug prégnant et intégral des milieux soufis sur l’adepte rêveur au détriment du citoyen libre arbitre, et  pourquoi pas la barbe intégrale ou son rasage intégral.
Croire et pratiquer, c’est une affaire de conviction par la compréhension et l’interprétation suivant l’ouverture mouvante que permet l’islam, mais pas un héritage hermétique et suivi d’une tradition sacralisée par les tenants d’un autre système d’exploitation et de domination au nom du fait religieux.

SoninkIdees-J’ose by K.S

L’An 1 (11/11/2014 ~ 11/11/2015) de l’arrestation injuste des leaders abolitionnistes à Rosso: Quelles lectures pour les uns et les autres…???!!!

image

                                     photo campagne d’Amnesty International

En ce jour du mercredi 11 Novembre 2015, cela fait un an plein que l’ancien candidat indépendant aux élections présidentielles de 2014, Biram Dah Abeid, président d’IRA-Mauritanie, son vice-président Brahim Bilal Ramdhane et Djiby Sow, président de Kawtal Ngam Yellitaare, sont entre les accroches du pouvoir mauritanien. Il est à noter l’élargissement provisoire de Djiby Sow pour  motif sanitaire.

Un an plein que les deux leaders d’IRA (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) sont derrière les barreaux à la suite d’un dossier judiciaire sans substance valable en Droit. Les familles de ces vaillants pères de famille subissent dignement et courageusement cette injustice qui les affecte dans un pays dit musulman. Nous osons croire que le courage des leaders abolitionnistes tire ses racines profondes de leurs familles aimantes et consciencieuses des sacrifices nécessaires. Un hommage militant et fraternel aux membres de ces familles qui souffrent des conséquences de l’engagement de leurs pour le BIEN PUBLIC et L’intérêt général. Pour l’avènement d’une Mauritanie Juste et Égalitaire pour tous sur le matériel et l’immatériel, deux bébés sont nés quand leurs pères subissent un acharnement politico-judiciaire d’un ordre étatique dirigé par d’autres pères et mères de famille. On aimerait bien savoir les échanges familiaux dans les salons de ceux qui dirigent cet ordre étatique, à propos cette affaire qui pourrit la vie d’autres coreligionnaires.
Ainsi peut-être la lecture de l’entourage proche de ces détenus d’opinion qui forcent le respect pour tout Homme sincère.

Et quelles lectures pour Nous, les autres… !!!???

Le pouvoir semble reconnaître implicitement la grandeur et le bien fondé de la cause abolitionniste, mais se refuse par orgueil trompeur d’accepter les caractères dignes et louables de personnes qui ont osé défier l’ordre établi et soigné par les milieux dominants. Pendant qu’ils sont incarcérés injustement, une énième loi anti-esclavage mais pas trop « anti-esclavagiste » a été votée et vendue à l’international comme celle de 1981. Dans ce texte législatif, on s’était fourvoyé habilement pour recenser les différents types d’esclavage et les peines encourues , mais aucune définition de l’esclavagiste type alors que parmi les députés sous ordre de l’exécutif, tout le monde n’est pas forcément anti-esclavagiste sur plusieurs facettes.
Dans cette même année, une mystérieuse ligue des Ulémas mauritaniens émet une Fatwa qui rend désormais Haram (illicite) l’esclavage et ses différentes manifestations au nom de l’islam. Ce qui nous a ramènés à l’autodafé d’avril 2012 d’un livre centenaire qui régit le code esclavagiste en vigueur parmi nos lectures islamiques connues de tous. Ainsi ceux parmi qui, certains avaient demandé l’exécution du leader d’IRA Biram Dah Abeid, ont revu leur copie en osant cette sortie fatwanesque pendant cette année, tout en ignorant le sort des détenus d’Aleg. Nous constatons une certaine schizophrénie de l’ordre étatique et le clergé tribalo-ethnique qui s’essaient à des manoeuvres contre l’esclavage, tout en voulant étouffer les vraies voix anti-esclavagistes incarnées par la mouvance abolitionniste avec IRA-Mauritanie à la manette. Dénoncer l’esclavage sans nommer et confondre les esclavagistes, revient à une plaisanterie qui ne surprend plus dans les sables mouvants chez nous.
Par ailleurs la détermination des militants abolitionnistes de l’intérieur se raffermit de plus en plus avec des sit-in récurrents pour demander la libération sans condition des détenus d’opinion d’Aleg. Et à l’extérieur, la cause abolitionniste d’IRA-mauritanie continue d’avoir plus d’écho auprès des institutions internationales chargées des droits humains. Il est à noter que des comités de soutien aux détenus d’Aleg ont été mis en place dans plusieurs pays dont la France. Celui de la France, composé des plusieurs engagés pour le respect des droits humains en Mauritanie, tient un sit-in bi-hebdomadaire devant l’ambassade de la Mauritanie à Paris. Il faut souligner également le travail discret d’innombrables bonnes volontés qui s’activent par différents canaux pour la cause des détenus d’opinion d’Aleg.

D’autres sceptiques sur la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste parmi nous, peuvent avoir une lecture superstitieuse de cette affaire issue de la caravane contre l’esclavage foncier.
Un rappel sur la sortie du leader d’IRA-mauritanie, le primé onusien 2013, Biram Dah Abeid, du 18 octobre 2014 à Nouakchott sur les pratiques féodales dans les communautés noires mauritaniennes. En effet, à l’occasion d’une réunion d’alliance entre le mouvement UVDS ( Union des Volontaires pour le Développement de Soninkara) et IRA, Biram avait vivement critiqué l’ordre féodal dans nos contrées, pratiqué par certains hommes publics qui, par la suite viennent se soumettre comme esclaves à Nouakchott pour trouver une place lucrative de complice dans le système. L’invitation du leader d’IRA par cette jeunesse consciente et progressiste issue du milieu soninké, avait été vécue par certains milieux dominants et féodaux comme un « Grand Péché« . Le leader abolitionniste avait été trempé dans toutes les sauces vindicatives par ceux qui croient posséder l’exclusivité de l’identité soninké. Ainsi, un peu plus d’un mois après cette rencontre, l’ancien candidat indépendant aux élections présidentielles s’était fait arrêter à Rosso et ceux qui avaient mal digéré sa sortie anti-féodal, croyaient que leurs « dieux communautaires » avaient assuré la revanche.

Dans la même lancée, le monde soninké de la Mauritanie a tremblé par différents communiqués médiatiques jusqu’à une visite expresse chez le Raïs. Tout a commencé quand le CRSM (conseil Représentatif de Soninkés de Mauritanie) avait émis un communiqué dénonçant le verdict de Rosso contre Biram et ses compagnons, ce qui n’avait pas évidemment plu au général. Il aurait fait des remontrances à ses partisans communautaristes soninkés, et une conclave avait été convoquée, nommée improprement « la grande famille soninké » qui disait que l’entité soninké n’avait rien à voir avec le communiqué pro-abolitionniste. Une audience de « repentir » avait été accordée au dit représentant de la dite grande famille soninké au palais ocre chez le Raïs. Ces manoeuvres nous enseignent une certaine lecture simple et instructive, c’est-à-dire toutes les communautés nationales peuvent se dire contre l’esclavage et ses différentes manifestations, mais aucune ne veut être assimilée aux combats anti-esclavagistes et abolitionnistes dans le pays. Par le communiqué du CRSM pourtant un mouvement composé par plusieurs personnalités progressistes soninké issus de tous les partis politiques ou non encartés, nous constatons pourquoi, il avait été ainsi désavoué par une autre frange de l’entité soninké. Ainsi, nous comprenons la simpliste lecture de la problématique mauritanienne sous l’angle racial par certains milieux militants et intellectuels parmi les communautés noires hors haratines. Nos frères haratines ne pouvaient pas trop compter sur nos autres communautés pour défaire le joug esclavagiste arabo-berbère depuis plusieurs siècles. Ceux parmi nos compatriotes arabo-berbères qui taxent d’extrémiste l’activisme d’IRA, ont le même langage que certaines voix portantes au sein des communautés noires mauritaniennes. Pour elles, si la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste dénonce l’ordre féodal par la prégnance des castes, cela est vécue comme des attaques contre leurs sociétés voire leurs familles mêmes.
De ce fait, le régime féodal et l’ordre esclavagiste sont très « AMIS » en Mauritanie, et tous les deux ont horreur de l’émergence d’une citoyenneté pleine pour L’HOMME MAURITANIEN. Une Mauritanie qui serait sous l’emprise d’un système étatique raciste et esclavagiste dit à dominance beydane, est tout aussi féodale, et vouloir nier cette donne est malhonnête. La lutte pour le respect des droits humains, on ne sélectionne pas ses soutiens en fonction de leurs caprices ethnocentriques, mais seules les convictions pour la Vérité et le Juste comptent.

La lecture qui conclut, est que les détenus d’opinion d’Aleg défendent une cause qui réussit sur plusieurs facettes. En effet, une nuit de prison dans cette situation injuste gonfle les rangs des abolitionnistes, propage leurs thèses et confond les consciences douteuses. Et les autorités mauritaniennes soutenues par plusieurs forces aux intérêts convergents sur le matériel et l’immatériel, se sentent plus fragiles face à Biram et ses compagnons que face à l’opposition classique . L’IRA montre le Droit, et les gouvernants fuient le Droit et se réfugient dans les convenances tribales et communautaires. Au nom d’un ordre établi, le pays aux 4 millions de Cheikhs, évite de s’essayer aux valeurs islamiques de fraternité, d’entente et de solidarité pour dialoguer avec les dignes et pacificistes voix anti-esclavagistes, alors qu’il y’a quelques années des éléments salafistes de la mouvance djihadiste avaient été traités en dignes fils égarés mais pas pestiférés. Aujourd’hui, le président Biram Dah Abeid est souffrant et le collectif des avocats qui suit courageusement et brillamment son cas, a tiré la sonnette d’alarme sur l’aggravation de son état de santé faute d’un traitement adéquat. Ainsi, le fait que Biram soit anti-esclavagiste dur et abolitionniste « rebelle » ne doit pas l’exclure du soutien humaniste et de la fraternité musulmane qui sont exprimés à l’endroit d’autres victimes à travers le monde. On préférerait voir Biram crevé en prison dans cette Mauritanie, comme l’ordre étatique israélien écrase la légitime résistance palestinienne. Il suffit d’être conscient de son époque pour comprendre le drôle de paradoxe de ceux qui soutiennent la cause palestinienne en Mauritanie et leurs positions contre les anti-esclavagistes abolitionnistes.
Une Injustice n’a pas de territoire, ni de race, ni de couleur, et ni de religion, elle n’est pas acceptable ici et inacceptable ailleurs. Donc revoyons la place de l’Humain dans ce qu’on croit, car la tromperie historique du groupe social devient une bêtise collective à terme à force de vouloir esquiver  le chemin de la Vérité.
Il est urgent pour les autorités mauritaniennes d’arrêter de servir les groupes dominants exclusivement, mais d’entendre les voix dites subalternes par l’écoute et un vrai dialogue. Les leaders abolitionnistes doivent être libérés et mis dans leurs droits légitimes de citoyens mauritaniens ayant des aspirations dignes pouvant participer à la construction Nationale. D’aucuns s’étonnent que le soutien international vient des certains milieux humanistes occidentaux qui seraient derrière un complot contre le pays, alors que dans dite Oumma, peu s’émeuvent de la condition servile d’une couche sociale depuis plusieurs siècles pourtant bien connue. Son excellence l’ambassadeur des Etats-Unis en Mauritanie, a visité la prison d’Aleg au cours de cette année, mais qui aurait vu un de nos Ulémas enturbannés venir à Aleg soutenir symboliquement les prisonniers d’opinion. Et ce n’est pas non plus l’ambassadeur saoudien en Mauritanie qui aurait les moindres bons sentiments à l’endroit des anti-esclavagistes proclamés qui croupissent dans la geôle d’Aleg.

Leur liberté est la nôtre et la vôtre aussi…alors Libérez les….!!!

SoninkIdees-J’ose by K.S

SoninkIdees-J’ose by K.S