02-10-2015 09:54 – Les Harratines, ces oubliés de la République (Suite et fin) Par le colonel (E/R) Oumar Ould Beibecar

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Le Calame – Le manifeste des harratines proclamé en grande pompe à Nouakchott le 29 avril 2013, solennellement avec la présence remarquée des leaders harratines opportunistes et de leurs soutiens, contrairement au manifeste diabolisé du négro-mauritanien opprimé, élaboré lui dans la clandestinité en avril 1986, donne l’impression qu’il a été conçu avec la bénédiction du pouvoir féodal, pour amuser la galerie et gagner ainsi du temps, ce qui n’augure pas de lendemains meilleurs.

L’absence à ce forum des chefs des adwabas et des notables harratines de l’intérieur, grands électeurs, qui subissent au quotidien les injustices, les mépris et les frustrations de toutes sortes, démontre si besoin est que le pouvoir féodal continue de jouer sa mauvaise comédie, qui ne s’intéresse qu’à l’élite harratine dont la majorité est manipulable à volonté.

Ce tintamarre aboutira sans doute, avant d’être oublié, à la nomination de quelques opportunistes harratines et leurs proches à des postes importants et à la distribution bien ciblée de quelques charités sur la base du leitmotiv chanté par ces abolitionnistes : la discrimination positive.

Action visant à favoriser les groupes sous-représentés afin de corriger autant que faire se peut les inégalités. Alors que cette discrimination positive bien contrôlée par le pouvoir féodal est contreproductive.

Les centaines de femmes recrutées à la fonction publique sur la base de ce fameux principe sont majoritairement triées parmi les proches du pouvoir tribal et des partis de la majorité. Les cinquante imams harratines n’échappent pas à la règle et sont recrutés majoritairement parmi les anciens esclaves fiers d’être soumis au pouvoir féodal.

Cadres opportunistes

Toutes mesures de discrimination positive susceptibles de réduire les inégalités de chances, les inégalités sociales, les inégalités de promotion dont souffrent encore et toujours les anciens esclaves, doivent commencer par la base.

C’est-à-dire dans les adwabas et dans les banlieues des grandes villes où vivent ces populations discriminées. En donnant la priorité aux infrastructures scolaires, médicales et routières et non pas se contenter de donner des promotions à certains cadres opportunistes qui tirent profit de ce fléau social.

L’accès à la fonction publique doit se faire sur concours conformément à la loi, une commission consensuelle assermentée doit être choisie parmi les meilleurs cadres pour veiller à la transparence et à la bonne exécution des examens et concours.

Aujourd’hui les opportunistes du mouvement Elhor anciens ministres, anciens ambassadeurs ou hauts fonctionnaires et leurs soutiens sont majoritairement devenus au fil du temps, partie intégrante du système féodal, certains apparaissent même plus royalistes que le roi, et doivent être combattus.

Quant aux idéalistes les plus actifs notamment ceux de l’IRA, ils ont été infiltrés et manipulés ouvertement par les services de renseignement du pouvoir féodal, leur prodiguant un discours extrémiste belliqueux au besoin, qui a abouti à leur emprisonnement suite à la profanation des livres du Fikh malékite, action qui ressemble à une véritable mise en scène orchestrée par le pouvoir pour les diaboliser.

Cependant, IRA est discréditée par son caractère violent, insolent et provocateur ainsi que par son comportement fanatique et sectaire qui prend parfois des allures racistes incompatibles avec sa mission.

En effet, ils ont dénoncé avec arrogance, à plusieurs reprises, le travail des domestiques mineurs harratines rémunérés chez des familles beidanes modestes, comme formes d’esclavage modernes, alors qu’ils n’ont jamais dénoncé la même catégorie de domestiques qui travaillent dans les mêmes conditions chez certains cadres et notables harratines, ainsi que les mathoudos et les comés travaillant dans les mêmes conditions chez les toucouleurs et les soninkés camouflés tous par la couleur de leur peau.

Quand le pouvoir tribaliste a voulu utiliser IRA pour les besoins de la mascarade électorale dont les résultats sont connus à l’avance, il a mis leur chef en liberté provisoire, lui a fourni un casier judiciaire vierge en violation de la loi, et fait entériner sa candidature à la présidence de la république par le conseil constitutionnel tribal, présidé pour la circonstance par un hartani du pouvoir féodal. En légitimant cette imposture IRA a renforcé le pouvoir qu’elle était censée combattre.

Plus tard quand le chef de l’IRA, revigoré par son prix et par son score aux élections de juillet 2014 a voulu apaiser son discours pour être fréquentable, il a été mis en prison parce que le pouvoir ne peut accepter cette organisation qu’avec son discours violent et méchant destiné à terroriser la communauté Beidane afin de l’obliger à rester solidaire du système féodal.

On ne peut oublier le rôle combien positif des nombreuses associations abolitionnistes de la société civile et particulièrement de SOS ESCLAVES qui lutte inlassablement depuis plusieurs années avec élégance et pédagogie, en toute indépendance et avec des moyens modestes, dans le respect des règles du droit et de la Charia pour la liberté et le bien être des anciens esclaves.

Les harratines sont une chance pour la Mauritanie. Les tribus arabo- berbères et négro- mauritaniennes doivent nécessairement les adopter. Il est grand temps que nos communautés acceptent le principe fondateur de la République : L’égalité citoyenne.

Enjeu vital

Pour renforcer cette égalité, l’un des principes fondateurs de notre sainte religion, on doit nécessairement encourager le métissage entre nos communautés et nos castes. On ne doit pas être plus royaliste que le roi.

Le prophète Mohamed PSL avait donné en mariage sa cousine Zaïnab bint Jahch à son ancien esclave Zayd Ibn Haritha. Il lui avait donné le commandement de l’Armée musulmane lors de la bataille de Mu’tah où il avait sous son commandement beaucoup de compagnons du Prophète.

Plus tard le Prophète désigna Oussama le fils de Zayd et de Zaïnab pour diriger une autre armée qui comprenait Omar Ibn Elkhattab, le futur Calife. Ce dernier, sur son lit de mort, avait dit devant d’illustres compagnons du Prophète dont notamment Othmane, Ali, Saad, Zoubeir, Talha et Abderrahmane ibn Awf : « Si Salim l’affranchi de Abou Houdheyfa était encore parmi nous, je l’aurai nommé pour me succéder ».

Tout cela prouve, si besoin est, que dans l’Islam seuls les critères objectifs de piété, de probité morale, de compétence et d’aptitude sont à prendre en considération. L’épanouissement des harratines en harmonie avec les autres composantes, aura un effet salutaire pour notre peuple et augure des lendemains meilleurs. Le pouvoir et la classe politique doivent tenir compte de cet enjeu vital pour la concorde nationale.

La population mauritanienne estimée à 3 500 000 habitants est approximativement répartie ainsi qu’il suit : 35 à 40 % de Beidanes, 35 à 40 % de Harratines et entre 25 à 30% de Négro-mauritaniens.

Selon certaines estimations, l’élément harratine est majoritaire au sein de la communauté arabo-berbère, d’autres estiment le contraire. En l’absence de statistiques fiables et consensuelles, il est quasiment impossible de trouver des estimations qui ne soient pas contestées par l’une ou l’autre des composantes.

Incontestablement, certains facteurs démographiques réels privilégient la majorité de la composante noire, notamment un taux de fécondité beaucoup plus élevé chez les Négro-mauritaniens (Haratine, Soninké, Haalpulaar, Wolof) doublé du mariage précoce, la polygamie pratiquée presque exclusivement en milieu noir et l’instabilité des foyers arabo-berbères caractérisée par un taux très important de divorces doublée d’un taux très élevé de mariages tardifs et de célibat.

Sur le plan démographique, le rapport de force dans un proche avenir sera très favorable aux harratines. Ceux-ci doivent nécessairement protéger leur pays contre les appétits du pouvoir féodal destructeur, responsable de l’esclavage et du racisme en adoptant une attitude pacifique et en évitant coûte que coûte toute confrontation avec ce pouvoir tribaliste, sans foi ni loi, qui n’a pas respecté le caractère sacré du Ramadan de 1989 et qui met en péril l’existence même de la Mauritanie.

L’avenir de la Mauritanie sera donc ce qu’en feront les harratines. Ils pourront même changer le nom du pays en le nommant par exemple la République Islamique HARTANIA. Ainsi tous les féodaux, descendants du Prophète, fils d’Emirs et de chefs de tribus ou de cantons , nobles arabo-berbères et négro-mauritaniens, irréductibles féodaux, seront obligés chacun en ce qui le concerne de décliner sa nationalité en disant : « Je suis hartani » « Je suis hartania ». Ce jour-là tous les complexes disparaîtront.

Crédit source: cridem.org

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Reportage : Deux heures avec les détenus d’Aleg

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1 October, 2015 – 22:09

Cela fait déjà quelques mois que les deux premiers responsables de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Birame ould Dah ould Abeid et Brahim ould Bilal, sont incarcérés à la prison d’Aleg. Les deux hommes ont écopé de deux ans d’emprisonnement fermes, dans un procès organisé à Rosso où ils ont été arrêtés. Un verdict confirmé par la Cour d’appel, il y a un peu plus d’un mois, au cours d’une session à laquelle Birame et son adjoint ont refusé d’assister. Naturellement, le collectif des avocats qui défendent les deux militants des droits de l’homme ont fait appel devant la Cour suprême, pour un ultime recours. Normalement, il ne devrait plus rester longtemps, avant que cette chambre ne se prononce, sur le premier dossier de ce type qui atteint ce degré de juridiction.

Voir Birame et…
Il m’a fallu faire intervenir une personne qui a quelques relations. Non pas que ce soit impossible de voir Birame, selon un calendrier précis, mais c’est qu’en bon mauritanien, il faut user de chemins tordus pour atteindre l’objectif. Après quelque dix à quinze minutes de route, me voilà maintenant avec une dizaine de personnes attendant, à quelques mètres de la grande porte de la prison, que mon ami veille me faire rentrer. Il fait chaud, sous l’arbre rabougri que les militants d’IRA ont baptisé « l’arbre de Birame » dont le nom est écrit au moins cinq fois sur le tronc. Parmi les visiteurs, une femme et un homme viennent de Teichtayatt, des environs de R’kiz, au Trarza. Une plus jeune femme, à peine trente ans, vient directement de Nouakchott. C’est une militante endurcie qui a marché, en 2013, de Boutilimit à Nouakchott, pour protester contre un cas d’esclavage. Le coordinateur régional d’IRA et les autres viennent du Brakna. De loin, les gardes régentent les choses, en faisant signe, de temps en temps, à un groupe de personnes de s’avancer, pour le soumettre aux formalités d’usage (vérification de la carte nationale d’identité, saisie des téléphones et autres objets puis test de sécurité). L’attente est longue. Alors que je m’apprête au découragement, un garde vient me chercher, pour enfin m’introduire, pour la troisième fois, dans une des plus grandes prisons de la Mauritanie.

Bon moral
Birame et Brahim ne sont plus à la même place. Selon le garde qui me conduit, de nouvelles instructions du ministère de la Justice ont permis de séparer les détenus suivant les peines et les délits. Les deux hommes m’accueillent à la porte, ils sont visiblement en bonne forme. Birame en grande culotte et tee-shirt ; Brahim dans un ample boubou qui ne devrait pas être un choix vestimentaire délibéré mais un impératif qu’impose la canicule qui sévit depuis quelques jours à Aleg. L’espace est agréablement meublé de quatre matelas et coussins, impeccablement rangés sur un tapis. Un homme, un autre détenu, semble-t-il, fait le thé. Nous formons, nous visiteurs, un bon groupe dont quatre femmes. Au coin de la salle, trois gardes suivent nos moindres mouvements. Toujours bien entiers dans leur présence, Birame et Brahim discourent sur le pouvoir et toutes les questions nationales. La présence des gardes ne semble pas les gêner. Ils parlent de tout, en toute liberté. L’épaule droite de Birame est couverte d’une impressionnante plaie, fruit, explique-t-il, de la piqûre d’un coléoptère. Les deux détenus sont au courant de tout. Birame rit, sous cape, des dernières concertations nationales, non sans admirer la position de la CUPAD. Entre deux verres de thé particulièrement bien dosés et un bon zrig de lait de vache, les discussions vont bon train. Sans réserves. De temps à autre, Brahim, un peu occupé par la visite de son fils ainé et d’un proche parent de Boutilimit, intervient. Les chargés de mission de France, d’Espagne, du Canada, des Etats-Unis, d’Allemagne et autres diplomates de l’Union Européenne sont venus exprimer leur soutien aux détenus. Des personnalités nationales politiques, indépendantes, syndicalistes et des droits de l’homme leur ont aussi rendu visite. « Nous sommes là depuis dix mois et dix-sept jours », déclare Birame en souriant, « et nous sommes prêts à rester jusqu’à la fin de notre peine. Les messagers d’Aziz continuent à venir. Avec eux, nous n’avons jamais accepté de discuter de notre libération. Nous demandons quatre choses au pouvoir : ne pas persévérer dans le déni de l’esclavage. Appliquer les lois contre les esclavagistes. Reconnaître notre organisation IRA et notre parti, le RAG ».

Une justice aux pas
En bon juriste, Birame nous explique les erreurs qui ont émaillé la procédure, de Rosso au jugement en appel d’Aleg. Selon lui, si les juges qui avaient en main le dossier avaient été officiellement dessaisis, tout ce qui pouvait se faire après, comme leur transfert à Aleg pouvait se comprendre. « Ensuite », s’étonne Birame, « comment peut-on juger quelqu’un, sans sa présence, alors qu’il est là, en prison ? C’est quelle justice, ça, ce sont quels juges ? » Il poursuit : « L’ultime recours maintenant, c’est la Cour suprême. Elle est obligée de prononcer, au bout d’un certain délai, une décision. Ce verdict-là rendra notre dossier recevable devant les juridictions internationales. D’ailleurs, un noyau d’avocats renommés de France, des Etats-Unis et du Canada a commencé à se constituer dans cette perspective. Les Nations Unies ont formé un groupe de travail sur le dossier des détenus d’IRA. Le président Maouiya ould Sid’Ahmed Taya, qui était entouré de très bons juristes, n’avait jamais accepté qu’une affaire de droits de l’homme atteigne le recours ultime, c’est-à-dire la Cour suprême, pour justement ne pas ouvrir la voie à la saisine des instances internationales ». Ancien greffier en chef, Birame connaît très bien les rouages de la justice Il sait pertinemment qu’en Mauritanie, les juges n’ont pas la prérogative de dire le droit en leur âme et conscience. « La preuve », narre le président d’IRA, « au cours de notre procès en appel, un important homme d’affaires aurait pris la peine de voir le Président, pour tenter de le convaincre de mettre fin à cette histoire, dans l’intérêt du pays. Lorsque l’homme d’affaires entre dans le bureau du Président, il le trouve en conversation téléphonique avec un responsable d’Aleg à qui il demande de confirmer notre peine, estimant notre refus de nous présenter à l’audience comme une provocation. Du coup, l’homme d’affaires s’est senti obligé de changer le sujet de sa visite et de discuter d’autre chose ». Dans le couloir où nous nous tenons assis passe un agréable courant d’air. Par deux fois, un jeune lieutenant se montre, à l’autre bout. Les deux détenus semblent entretenir d’excellents rapports avec tout le monde : responsables sécuritaires, prisonniers et personnel. Les sourires qu’ils échangent avec certains, les petites tapes sur les épaules des gardes et la bonne humeur générale en attestent. Au bout de deux heures, « je demandé la route » comme disent les parents Halpulaar. Très gentiment, Brahim me salue et Birame me raccompagne jusqu’à la porte, non sans me charger de transmettre ses amicales salutations à toute l’équipe du Calame.

Sneïba El Kory, depuis la prison d’Aleg

Source crédit: lecalame.info

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La Grande Interview : Corentin Martins fait le bilan « Pour Gagner le joueur mauritanien doit être à 150 % »

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Par M. CAMARA LASSANA 2 OCT 2015 ACTU MAURITANIE, ACTUALITÉS

Entraîneur de la Mauritanie depuis Novembre 2015, presque une année, l’heure du bilan a sonné pour Corentin Martins qui mène sa révolution tranquille. Le discours d’entrée de l’ancien Strasbourgeois, selon lequel tous les joueurs mauritaniens seront logés à la même enseigne a crée une émulation au sein de l’équipe depuis le début de l’aventure et l’entente musicale et la symbiose avec la Fédération ont fait le reste « Je donnerai ma confiance à tout jeune mauritanien qui joue au village ou dans une grande ville » et de poursuivre que c’est ne pas tout , il faudra mouiller le maillot Mourabitoune « Je veux des joueurs concernés , matures pour défendre les couleurs de la Mauritanie .»

Avec un tel discours d’entrée, Corentin Martins a planté le décor, a montré la voie du renouveau et un an après nous avons voulu en avoir plus sur les intentions de l’ancien stratège de l’AJ Auxerre, de sa stratégie de conquête à petit pas. De la moelle, du caractère, du mental. En plus ce qui fait sa force et séduit depuis le début de la nouvelle l’ère avec Martins, la Mauritanie affiche un état d’esprit impeccable. Chez l’ancien coach du Stade Brestois, la haine de perdre est consubstantielle à l’approche du match et il le transmet avec force de conviction à ses joueurs et les joueurs sont transcendés, le Stade Olympique de Nouakchott retrouve ses couleurs, le peuple mauritanien se remarie avec le football, la consommation des ménages est à la hausse pour s’acquérir le maillot de la Mauritanie qu’on porte désormais avec fierté. Le sélectionneur national a accepté de répondre aux questions de la rédaction de Mauritaniefootball.com.

Mauritaniefootball.com : Bonjour, Monsieur Martins, après le match victorieux contre l’Afrique du Sud pour les éliminatoires du CAN 2017, vous allez rencontrer le Soudan du Sud dans le cadre d’une autre compétition, les éliminatoires du Mondial 2018. Une première pour vous, peut-on dire que la Mauritanie a franchi un palier ?

Corentin Martins : On ne pourra dire que la Mauritanie a franchi un palier qu’une fois la qualification acquise avant çà on peut simplement et humblement dire qu’on a marqué des points, qu’on joue bien, que l’équipe a du répondant, que les jeunes font des sacrifices sur le terrain. On avance doucement, il faut du mental, de la sueur et un esprit de sacrifice pour palier nos limites. On est dans la bonne voie mais on ne doit pas se limiter à sa çà. La Mauritanie ne gagnera peut être par le jeu mais par la hargne, par l’état d’esprit.

Mauritaniefootball.com : La victoire contre l’Afrique du Sud était une victoire éclatante et fracassante contre une grosse cylindrée du football africain. Quelles sont les enseignements que vous avez tirés de cette rencontre ?

Corentin Martins : Avec ses rencontres au sommet, on tire beaucoup d’enseignements. Les joueurs ont des qualités qui sont indéniables mais pour gagner des matchs de haut niveau, le joueur mauritanien ne peut pas se contenter d’être meilleur, le joueur mauritanien doit être à 150% de ses capacités. Techniquement et par l’expérience, les autres sont meilleurs que nous, ne faut pas se voler la face mais pour combler, le joueur mauritanien doit être discipliné sur le terrain, concerné et être généreux dans l’effort. Etre à 100% ne suffit pas. Contre l’Afrique du Sud, les joueurs ont donnés le meilleur d’eux-mêmes, il faut continuer à travailler, notre salut ne pourra venir que du travail.

Mauritaniefootball.com : Vous allez rencontrer le Soudan du Sud, une équipe presque inconnue sur la scène footballistique africain. On prépare comment ses genres de rencontre, contre une équipe qu’on ne connait pas assez ?

Corentin Martins : Ce n’est pas une équipe inconnue que çà. J’ai regardé deux de leurs rencontres contre le Mali et la Guinée Equatoriale. Le soudan est une équipe sérieuse, appliquée qu’on doit respecter à la règle. Ces genres d’équipes jouent au mental, c’est à nous de n’est pas être naïfs. Il n’y a plus de petite équipe. La victoire du Soudan contre la Guinée équatoriale démontre tout. Ce n’est pas une équipe à prendre à la légère.

Mauritaniefootball.com : Avez-vous maintenant une équipe type ou vous composer votre équipe à la performance des joueurs ?

Corentin Martins : On n’est sélectionné en équipe nationale parce que qu’on mérite de l’être. Maintenant on a des certitudes avec des joueurs qui ont confirmés, qui répondent présents ou qui donnent satisfactions face aux objectifs. On a des joueurs expérimentés comme Khassa Camara ou Guidilèye Diallo et quand ils n’étaient pas là, Taghy Denne et Mohamed Yally Dellahi ont bien rassurés la relève. Ils ont été conquérants. Çà ne marche pas à qui joue, qui est remplaçant. Je veux un groupe de guerriers ou le remplaçant est au niveau du titulaire, ou tout le monde tire dans la même direction. Je veux un groupe de joueurs concernés par l’objectif à atteindre. Un groupe étoffé ou le meilleur jouera. Je profite de l’occasion pour vous dire que Khassa Camara est absent parce que de concert avec son nouveau club nous a décidé de ne pas le sélectionné car il joue Dimanche avec son club mais pour le match retour du 13 Octobre, il sera avec nous. Il n’est pas écarté du groupe loin de là. Et j’en profite pour saluer la Fédération qui fait un boulot extraordinaire pour nous mettre dans des conditions optimales. La Fédération nous aide vraiment à être au top.

Mauritaniefootball.com : Quel bilan tirez vous de votre expérience à la tête des Mourabitounes et votre première expérience ?

Corentin Martins : Quand on parle de bilan, ce qui arrive à l’esprit dans un premier temps, ce sont les chiffres, le bilan comptable : les victoires, les matchs nuls et les défaites. Çà vous êtes bien placé pour le faire. Moi, le plus important, le bilan que je tire, c’est l’expérience humaine de cette aventure. La fédération m’a accueillie comme il se doit. Le Président de la fédération, Monsieur Ahmed Ould Yahya est humainement extraordinaire, on m’ouvre toutes les portes. Je me sens plus que c’est moi. L’hospitalité mauritanienne, les sourires, les discutions autour du thé, vraiment une expérience enrichissante. L’adaptation a été facile, je ne regrette pas d’avoir opté pour la Mauritanie, pour une première expérience africaine.

Crédit source: http://www.mauritaniefootball.com

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