La différence entre « l’Appris » du superficiel et « le Compris » du fond

Il me semble évident qu’on se croit presque tous avoir appris par le vécu ou en ayant atteint un certain niveau d’études. Mais je suis parmi ceux qui acceptent humblement que peu des gens peuvent réclamer d’avoir Compris le sens profond de ce qu’on a pu Apprendre à divers degrés de notre parcours d’Être doué de raison. 
Par ma modeste réflexion sur les termes (Apprendre et Comprendre), j’ose catégoriser nos croyances et nos actions en fonction de ce qui relève de « l’Appris » et du « Compris ».

– Les champs de « l’Appris » par apprendre la forme. 

L’Homme par son cadre initial des références, se forme et se familiarise au réel en apprenant à travers la base des données de son milieu originel. Dans ce premier processus de réalisation du soi, l’Homme est plutôt dans le « subi » qu’au « réfléchi ». En effet, les premiers préjugés issus de l’imaginaire collectif qui l’entoure s’étoffent peu à peu. Il se fait conditionner à apprendre passivement l’héritage multiforme de son ascendance. Dans ce cas, la priorité est donnée au  « comment faire » et au« comment être » par rapport aux convenances primaires en vigueur, sur le« pourquoi faire » et le « pourquoi être ». Ainsi les notions de la vérité et du bien se trouvent sujettes au vécu personnel et passif au détriment d’une ouverture curieuse aux possibles du réel. Ce premier tissu de conditionnement aura une influence importante sur les réflexes déterministes faisant qu’un Homme quelconque peut considérer ses références héritées comme intouchables mêmes objectivement injustes par ailleurs. Par cette logique déterministe, l’homme se croirait garant d’un patrimoine héréditaire qu’on peut appeler communément (traditions voire coutumes selon l’approche), dont il peut se montrer allergique à toute mise en cause.  Son credo serait:《je l’ai trouvé comme ça avec mes parents donc c’est du Vrai et du Bien à sauvegarder et transmettre avec fierté》.  Ainsi notre ego mal placé nous aveuglera jusqu’à masquer notre qualité d ‘Être intelligent et intelligible sachant questionner autrement les choses familières et ancrées depuis plusieurs générations. Ces certitudes normatives qui font office de socle d’identité ethnique, tribale ou raciale, acceptent très difficilement d’autres voix discordantes appelant au nécessaire relativisme des choses.

« L’Appris » passif fait de l’Homme, un adepte intéressé de l’idéal d’une lignée irréprochable dans le temps et l’espace par rapport à l’autre damné par essence en Tout et Partout. Pour l’Homme, il est certes nécessaire d’hériter de son milieu social originel, mais pouvoir questionner objectivement tout ce qu’on hérite de matériel ou d’immatériel, devrait être un droit inaliénable de notre intellect. Mieux vaut comprendre les traditions et les coutumes qu’on nous lègue sur divers domaines que d’en subir sans oser les nommer et les réparer un jour. 
À titre illustratif, dans certains milieux musulmans ouest-africains, la fonction du muezzin traîne toujours une image péjorative dû au statut social préislamique (esclave noir) d’un des premiers musulmans qui est BILAL (ras). Étant des sociétés esclavagistes avant l’avènement de l’islam vers 10 – 11ème siècle, les milieux religieux transposaient passivement et injustement les dispositions négatives et humiliantes sur des personnes exploitées sans droit. Ainsi ce compagnon honorable du prophète Muhammad (Psl), BILAL est porté dans l’imaginaire collectif chez certains milieux mêmes noirs comme l’esclave du prophète ayant eu comme rôle social l’appel à la prière. « L’appris » passif fait que l’appel à la prière soit dévolu à un homme au statut social similaire dans leurs réalités. Pas aucun questionnement sur le fait que Bilal soit noir comme eux et qu’ils peuvent eux mêmes être victimes du même procédé injuste et discriminant dans certains milieux arabo-musulmans. C’est à travers cette logique de suivisme balisé que les composantes noires mauritaniennes se disputent le statut de la victime légitime, chacune se croyant l’incarnation du leadership au détriment des autres. En effet, chacune par son cadre de référence, évite tout ce qui s’apparente d’injuste dans son giron communautaire tout en voulant prêcher la Justice à l’échelle nationale d’où les contradictions amères et les incohérences dans le discours politico-associatif et même intellectuel. Il n’est pas rare d’entendre un homme politique noir (soninké ou peulh) qualifier nos cousins haratines tantôt de négro-mauritaniens, d’arabo-berberes et tantôt de haratines tout court. Certains cercles soninké et peulhs se croient très marginalement concernés par la lutte anti-esclavagiste menée par nos cousins haratines contre la classe politico-religieuse très mixte par ailleurs. Encore une fois, « l’Appris » passif chez les soninké et les peulhs admet comme normal, l’esclavagisme arabo-berbère dont sa soeur jumelle serait dénommée le féodalisme chez eux. Ces deux soeurs jumelles voudraient bien s’éviter en public dans l’arène politico-politicienne mauritanienne, mais dans l’esprit l’esclavage de fait et les pratiques féodales s’articulent sur un axe principal qui est; le déterminisme de naissance faisant de certains d’entre nous des biens nés pour diriger et d’autres d’éternels subalternes par générations. Certains milieux parmi nos concitoyens arabo-berbères,  adeptes obsédés pour un nationalisme arabe exclusiviste se croient être les seuls légitimes d’incarner une identité uniforme de la Mauritanie. En effet, ils se permettent de faire un amalgame malsain entre l’islam, la langue arabe et l’identité mauritanienne. Leur « Appris » passif s’est structuré en niant d’autres références identitaires qui s’expriment et se constatent pourtant par évidence dans le pays,  mais ils les considèrent comme des intrus à bannir par toutes manoeuvres louches en empêchant toute expression officielle et institutionnelle conséquente. Leur logique est la suivante: Tout musulman est appelé à être « beaucoup Arabe » pour être « mieux Musulman » dans le temps et l’espace, ce qui est une aberration certaine mais un argument utile pour leurs prétentions politiciennes. 
L’arabe est bien sûr la langue du Coran mais prétendre qu’elle soit la langue des mondes ne peut être que le fait de la politique politicienne se voulant dominatrice.
On apprend dès tout petit qu’on serait le noble et l’autre l’esclave, et que l’imaginaire collectif environnant le véhicule comme un fait culturel et cultuel admis, d’où le nécessaire travail de déconstruction en amont sous la case et la tente. Toute émergence en Mauritanie d’un éventuel État-nation de citoyens égaux en droits et en droits sur le matériel comme l’immatériel, passe par cette déconstruction d’une partie de nos sources tribalo-ethniques.

Il en est de même concernant la compréhension des enseignements religieux sur l’approche du dogme et des différentes pratiques, qui est souvent truffée d’accommodements issus de notre héritage préislamique.  La transmission s’effectue passivement par les voix dites autorisées et toute réforme appelant à la revivification en sortant de l’approche clanique et confrerique de la religion vers le juste milieu c’est-à-dire ni exagération et ni laxisme sur le culte.  Par exemple; l’homme de foi quel que soit sa pitié peut avoir raison et l’inverse aussi est à admettre, car un homme n’atteint jamais le Tout de la Vérité qui est Un Attribut Divin. Oser faire passer la Vérité d’où qu’elle vient au lieu de tout parti pris figé pour une quelconque école, pensée ou cheikh. Les esprits jeunes, ouverts et voyageurs de nos jours ont certainement besoin de la sagesse de nos vieux avertis, tout comme ces derniers eux aussi auront besoin de l’éveil revivifiant de la jeunesse intéressée. L’approche monopolatrice de la religion par clan exclusif ne semble pas être une réussite pour la Oumma à toutes les échelles, car un manque évident de sincérité chez certains religieux titrés savants à toute époque est manifeste. Des diverses interprétations douteuses du Message Divin se sont érigées en une idéologie de domination et d’endormissement de certains au profit d’autres sur plusieurs siècles.

Je conclurai que « l’appris » se limite à l’imitation de la forme des choses par l’envie égocentrique et l’habitude du superficiel, et il semble se désintéresser des détails du fond pourtant nécessaires pour donner sens au but final de l’existence d’une chose dans le temps et dans l’espace.

– Les champs du « Compris » par comprendre le fond. 

J’ose fixer le sens du « compris » par la notion rattachant à l’objectif ou la finalité de ce qu’on peut apprendre par le vécu au sein du cadre originel et par une science quelconque. Cette insertion de ce « compris » doit s’articuler sur des notions unversalistes comme, Le Bien,  La Justice, La Liberté, L’Égalité, et d’autres pouvant s’appliquer à tous les milieux avec désintéressement et sincérité. 
En effet après conscientisation par le vécu initial structurant le soi, le « compris » devrait être la résultante d’un travail fait de recul et de détachement par rapport aux sources prédisposées très influentes. L’Homme n’a plus à apprendre passivement mais s’autorise à critiquer et questionner les normes établies comme intouchables même sur l’anormal. Ainsi il paraîtra le compliqué, le révolté et même le con en voulant sortir de l’ordinaire non réfléchi vers les prémices d’un esprit sincère et juste. Cet Homme incompris parce que voulant apprendre et comprendre, troublera le socle d’identification de son milieu souvent truffé des tabous et non-dits. Les longues habitudes du superficiel sacralisé par le corps social dirigeant, réagissent vigoureusement contre ce qui est vu comme une intrusion malveillante voire maléfique. Une certaine hauteur est nécessaire pour comprendre le fond de tout ce qui avait été concocté dans notre cadre originel avant notre naissance et surtout s’autoriser à un questionnement objectif par du « pourquoi faire » et « pourquoi être ». Ainsi on aura une idée de ce que le groupe ethnique ou tribal admet par consentement mutuel et par les rapports de force dans la cité. Cette première quête de vérité sur le fond des choses nous prédispose pour le recul nécessaire assurant la rigueur scientifique. 
La science ainsi acquise ferait du sujet, une source sincère et désintéressée dans le temps et l’espace sur le réel évolutif. Surtout en matière des relations humaines, ce réel évolutif représente un défi majeur à l’homme dit scientifique qui, en plus de la rigueur demandée, se doit d’être sensible en toute sincérité à la marche des choses par un engagement critique et réformateur. Atteindre la véracité d’un Fait est bien scientifique mais il faut s’autoriser de dire si ce Fait scientifique est un Bien ou un Mal à la lumière des valeurs universelles ( la Justice, le Bonheur, la Dignité, l’Honneur, la Fraternité, le Secours et bien d’autres) intrinsèques à L’HOMME, un Être Sujet-Objet à la fois. 
Le « compris » par comprendre, vise les finalités profondes que cache l’existence même et Celui qui a Compris ne peut se limiter d’être observateur passif mais un acteur qui ose impacter le réel. Pour se faire, cet acteur doit se défaire de tout héritage déterministe et inhibitif faisant qu’il verrait 6 dans son giron originel et 9 chez les autres. C’est-à-dire, un penchant égoïste fait que ce qui peut être  injuste à dénoncer énergiquement sous d’autres cieux , peut avoir une autre coloration chez soi par une gymnastique intellectuelle qui tord les consciences. Ainsi on se refuse d’admettre que les races ne puissent pas se valoir tout en célébrant la même différenciation sur les castes sociales dans son milieu social.

« L’Apprendre » passif  asservit l’Homme au suivisme perpétuel alors que « le Comprendre » objectif et réformateur assainit les âmes Partout en toute Justice.

K.S

SoninkIdees-J’ose

Journée de rencontre annuelle de l’OCVIDH Pour la promotion des Droits de l’Homme en Mauritanie

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Modérateur des interventions: Ousmane Chérif Touré de l’AMDH (Association Mauritanienne des Droits de l’Homme)

L’organisation contre les violations des droits de l’homme en Mauritanie (OCVIDH) dans le cadre de ses activités pour la promotion des droits de l’homme en Mauritanie organise une rencontre tous les ans à Massy en France entre les Mauritaniens et partenaires associatifs pour échanger, partager, discuter et nous compléter dans nos différences et dans nos cultures et connaissances sur la Mauritanie et ses nombreux problèmes de droits de l’homme et des libertés.

Cette année l’OCVIDH a choisi la date du Samedi 06 juin 2015 à partir de 12heures à la Bourse du travail de Massy à l’adresse suivante 14 chemin des Femmes 91300 Massy à côté de la Gare RER B de Massy Palaiseau. Tous nos compatriotes, amis des Mauritaniens et partenaires sont les bienvenus pour une ambiance de convivialité, de partage, de tolérance vis-à-vis des uns et les autres et de respect mutuel.

CONFERENCIER 1: BABA OULD JIDDOU APP (ALLIANCE PROGRESSISTE POPULAIRE)
THÈME:1
L’ESCLAVAGE EN MAURITANIE ET LA POSITION DE L’ASSOCIATION DES OULÉMAS (THÉOLOGIENS).

CONFÉRENCIER 2: AMADOU ALPHA BA MPR (MOUVEMENT POUR LA REFONDATION)
THÈME: 2
1) Quelles solutions pour une cohabitation entre les communautés en MAURITANIE dès lors que le Président de la République garant de la constitution accentue le communautarisme et le tribalisme par sa gestion obscurantiste et sélective du Pays ?

CONFÉRENCIER 3: Baba ASSA MAREGA UFP (UNION DES FORCES DU PROGRÈS)
THÈME:3
Le dialogue national est-il possible avec un pouvoir très peu crédible? Et peut-il se faire sans la contribution et la participation de la diaspora mauritanienne?

Programmation de la journée de 12 h à 23h

12h: à 14h00: Petit déjeuner (convivialité autour des plats)

14H30: Accueil et mot du président de l’OCVIDH

14H 40 : Mot du modérateur: pour le rappel des règles

14h 45: Début des conférences

17h30: Pause de convivialité, rafraichissement

17h45 reprise des conférences et débats

22h00 Fin des débats et remerciements etc…..

22h15 :Surprise de la jeunesse de l’OCVIDH, ne ratez pas l’occasion

Le Bureau de l’OCVIDH

Site http://www.ocvidh.org

Mail ocvidh001@wanadoo.fr

Massy ce 20 Mai 2015

Source crédit: http://www.ocvidh.org

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19-05-2015 14:30 – La défense de Biram…décide de boycotter le procès en appel

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Le collectif de la défense de Biram Dah Abeid, Sow Djibi et Brahim Bilal Ramdhane a décidé de boycotter le procès en appel de ses clients prévu à Aleg. L’annonce a été faite au cours d’une conférence de presse animée au siège du FONADH ce lundi 18 mai.

Il s’agit pour le collectif de dénoncer l’entorse faite à la loi. Le procès en appel si l’on s’en tient au respect de la loi en vigueur doit normalement se dérouler à Nouakchott et non à Aleg, a laissé entendre en substance le collectif.

Le collectif s’en tient donc à la volonté de ses clients qui dans un communiqué récent ont fait part de leur refus de comparaitre devant la cour d’Aleg. Affaire à suivre.

SC

Copyright © 2015 Cridem

Source crédit :cridem.org

SoninkIdees-J’ose

Sociétés, institutions et nation, Tentative d’analyse par Sao Ousmane

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Boolumbal Boolumbal

« Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l’existence. «Léon Blum – 1872-1950 – Nouvelles conversations de Goethe avec Eckermann

I : Introduction

Selon le Dictionnaire « Une société est un groupe organisé d’êtres humains ou d’animaux, ayant établi des relations durables, qui vivent sous des lois communes, qui ont une forme de vie commune, qui sont soumis à un règlement commun ». En ethnologie « la société désigne un groupe humain organisé et partageant une même culture, les mêmes normes, mœurs, coutumes, valeurs »….En sociologie, « la société est l’ensemble des personnes qui vivent dans un pays ou qui appartiennent à une civilisation donnée ». Alors qu’en est-il de la nation ?
Ne dit-on pas qu’une nation, c’est une communauté de destin, formée souvent autour d’une histoire commune et qu’Etymologiquement le mot nation évoque la naissance et souveraineté d’un peuple, il évoque aussi la légitimité d’un peuple à se surpasser dans les moments difficiles. Ce mot nation a donc une dimension d’identité et une dimension politique. On voit bien que cette exigence devrait s’appliquer au labyrinthe de notre vie locale. Les communes et les communautés, les départements, les régions, le tout gouvernés par des personnalités éminentes toujours, mais généralement inconnues tant elles sont nombreuses et assez souvent désignées au lieu d’être élues, tout cela ne permet pas de prendre en compte l’intérêt du citoyen et son droit absolu à comprendre, restaurer la simplicité de nos institutions et la simplicité des échanges, c’est une démarche civique. Pour cela une analyse des institutions s’impose surtout quand il s’agit de chercher le rôle des institutions politiques sur la société africaine (1).

II – Les institutions politiques en Afrique

L’analyse des institutions politiques ayant cours en Afrique est inséparable de celle plus générale de l’Etat, lieu de définition et cadre de la pratique institutionnelle. C’est par rapport à lui qu’on peut situer la place des institutions et envisager leur rapport avec la société. Nous savons tous que toutes les sociétés aussi anciennes qu’elles soient ont connu une organisation politique et par la force des choses, une réflexion sur la nature existante ou bien la nature souhaitée du pouvoir politique. Car disent-ils la politique c’est une constante dans toutes les formes de société et nous savons surtout que le phénomène politique est permanant et général et qu’il ne peut pas être confondu avec que celui que pose l’Etat qui n’est qu’une des formes possible du pouvoir politique. Ill existe toujours une préoccupation et une action politique dans les sociétés qui ne connaissent pas l’Etat (2).
Des lors que l’Etat est pris comme « site et comme enjeu de la lutte pour le pouvoir, le pouvoir au sens global et pas seulement le pouvoir politique, et ceci inclut la lutte pour les ressources rares, y compris la richesse », on se doit d’analyser les diverses modalités de l’interaction entre l’Etat et la société à travers les puissances institutionnelles des acteurs, les usages qu’ils en font dans leur relation avec l’Etat et avec la société, les représentations et les diverses significations qu’ils prêtent à leur place dans le jeu institutionnel. Ce qui conduit d’une part à relativiser une lecture des institutions à partir de la trajectoire historique de la succession, inspirant une vision de l’Etat post colonial africains comme une technologie d’importation, un Etat par procuration, dont les usages seraient la décalque de l’ordre politique occidental, au profit de la prise en compte de l’ambivalence de la pratique constitutionnelle, produit de logiques inédites d’hybridation et de « malentendus opératoires » entre sa formalisation juridico-politique, d’inspiration occidentale et son vécu autochtone. Ce qui ne revient pas à opposer de fait le langage institutionnel et la réalité des pratiques auxquelles son appropriation par les acteurs donne lieu, mais à surmonter la contradiction à laquelle on aboutit en soulignant qu’il existe à la fois une interaction, qui suppose une différentiation préalable, et une interpénétration de l’Etat et de la société, susceptible de faire confondre l’un et l’autre. D’autre part, l’analyse des institutions dans une telle perspective vise à dépasser la définition des structures fondamentales des régimes politiques africains en rendant compte uniquement de la manière particulière dont sont organisés leurs pouvoirs publics, c’est-à-dire leur mode de désignation spécifique, leur compétences respectives et les règles juridiques et politiques qui gouvernent leurs rapports. [3]

Cette vision dérivant du droit procède de la perspective « institutionnaliste » en science politique. Cette-ci aborde les objets de l’analyse politique par la détermination de leur fondement structurel et de leur model organisationnel plutôt que par la prise en compte de leur rapport avec la société. Les institutions, actions et pratiques organisées de façon stable, ne se limitent pas à des structures physiques et à un corpus de règles de droit. C’est aussi un ensemble de pratiques et de dispositifs qui participent à la mise en forme de l’activité sociale. En tant que réalité et construction permanente de la réalité, produit fini et produit en construction, les institutions ne se comprennent pas sans les croyances sociales qui se greffent sur elle, le système de sens qui informe le jeu des acteurs, stabilise dans le temps les institutions et facilite aussi leur transformation (4). Un tel parti pris méthodologique en faveur d’une lecture interactionniste des institutions conduit à s’intéresser aux situations socialement construites. Ce qui signifie que seraient analysés en même temps les enjeux qui structurent les logiques de comportements des acteurs définissent leurs intérêts et leurs aspirations, les règles formelles ou informelles qui gouvernent les relations entre les acteurs de la pratique institutionnelle et les ressources mobilisables dans le temps et dans l’espace par les parties prenantes à l’interaction institutionnelle (5-6).
Parler de la fonction présidentielle entre les contraintes institutionnelles et les contraintes sociales, c’est d’une part établir qu’elle est prééminente au sein de l’état et au sein de la société. C’est dire, en d’autres termes que vis-à-vis d’autres institutions politiques, elle s’affirme, simultanément, comme seule position autorisant certaines pratiques, et comme une position susceptible de légitimer les autres positions (7). D’autres parts il s’agit de s’intéresser aux attentes et aux représentations formulées à l’égard de l’institution présidentielle par la société, attentes et représentations professionnelles à la position privilégiée qu’elle occupe. Sans cependant négliger l’importance de la règle qui définit le cadre de la pratique institutionnelle, nous nous intéressons à la position sociale de l’institution présidentielle en montrant comment le chef de l’Etat, face à la société et face à l’Etat accommode ou subit les scenarios de tiraillement des contraintes sociales qu’imposent la pratique institutionnelle et les représentations à l’égard de l’Etat ; dans quelle mesure le chef de l’Etat est conditionné par les normes formelles et informelles pour s’autonomiser de leur contrainte en se faisant transformer l’institution présidentielle (8-9).
Comme le dit l’adage, « le développement se passe d’abord dans la tête ». Il s’agit, en effet, rien moins que de procéder à une « combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à accroître cumulativement et durablement son produit réel global » (François Perroux).
Références
1) – Boni Tanella, « Des jeunes en quête d’avenir » in 50 ans après, Quelle indépendance pour l’Afrique, Paris, Ed. Philippe Rey, 2010, p. 53
2)- Charles Taylor, Multiculturalisme, différence et Démocratie, Paris, Ed. Aubier, 1994
3) – Diminutif de la ville de Barcelone
4)-Rioux, Jean-François dir, La sécurité humaine : une nouvelle conception des relations internationales, Paris, l’Harmattan, 2001
5) – Skaperdas Stergios, 2001, An Economic Approach to analyzing civil wars. Presentation at the workshop on civil and post-conflict transitions sponsored by the world bank and Center for global and conflict studies. University of California. Irvine.
6) B. Badié, l’Etat importé. L’occidentalisation de l’ordre politique Paris, Fayard 1992
7) J F Bayard, L’Etat en Afrique, La politique du ventre, Paris, Fayard 1989
8) J.F Medard « L’État patrimonialisé », politique africaine, 39, septembre
9) François Bastien. « Le président pontife constitutionnel », Bernard Lacroix et Jacques Lagnoye (dir), Le président de la République. Usages et genèses d’une institution, Paris Presses de la fondation nationale de sciences politiques 1992 p 305

source: Dr Ousmane SAO

Via Boolumbal

SoninkIdees-J’ose

Appel au sit-in du 21/05/2015 à Paris.

LE COMITÉ DE SOUTIEN AUX DÉTENUS D’ALEG en France informe la diaspora et tous les amis de la Mauritanie juste et égalitaire, qu’il organise un sit-in le:

JEUDI 21 MAI 2015
DE 13H A 17H
EN FACE DE L’AMBASSADE DE MAURITANIE A PARIS

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Voilà plusieurs mois que les camarades Djiby Sow, Biram Dah Abeid, Prix onusien 2013 pour les droits de l’Homme et Brahim Bilal sont incarcérés à la prison d’Aleg. D’autres militants des droits humains sont aussi détenus à la prison de Nouakchott. Leur crime: avoir initié une caravane contre les expropriations et l’esclavage fonciers alors que les motifs de ces arrestations et incarcérations restent infondés.

Transférés en-dehors de leur circonscription judiciaire d’origine, le parquet, en violation flagrante des textes en vigueur, a décidé d’engager dans les plus brefs délais le procès en appel dans la juridiction incompétente d’Aleg dont les magistrats sont connus pour leurs soumissions aveugles au diktat de l’exécutif.

En outre, Djiby SOW souffre de maladies diverses depuis la grève de la faim entamée le 23 février 2015 et les autorités entravent tout traitement médical conforme aux recommandations du médecin traitant.

 
Il est donc urgent de proclamer notre soutien franc et massif aux défenseurs de la justice et de la paix emprisonnés par le régime autoritaire d’Ould Abdel Aziz. Nous réaffirmons notre engagement ferme à les soutenir par tous les moyens légaux.

Le comité de soutien aux détenus d’Aleg France.

SoninkIdees-J’ose

L’esclavage ou séquelles esclavagistes en Mauritanie: la corruption des appartenances identitaires…!!!

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Le mauritanien semble croire que l’esclavagiste type est un ultra-conservateur qui s’accroche maladivement à un certain ordre social. Et on croit l’imaginer celui qui refuse toutes les tendances réformistes et progressistes, et agit isolement dans une nébuleuse esclavagiste faisant l’objet du combat anti-esclavagiste de la mouvance abolitionniste dans le pays.

Pourtant, notre esclavagiste dit introuvable, n’est rien d’autre que ce qui fait profondément le socle d’identification de nos différentes tribus et ethnies. Nos différentes communautés s’organisent en forme et au fond, sur des références culturelles et traditionnelles conditionnant et structurant nos rapports respectifs. En effet, notre esclavagiste de fait et par sa mentalité n’est qu’une des multiples émanations logiques de notre ordre tribalo-ethnique. Ce dernier fonctionne et s’entretient sur des bases hiérarchiques qui régulent une certaine graduation de l’appartenance à la tribu ou à l’ethnie, selon les castes sociales.

En réalité, au sommet de cette stratification sociale pouvant être tribale ou ethnique, la plénitude de l’identité d’appartenance revient à la caste dominante dite noble autour de laquelle les autres composantes sociales (alliés ou subalternes) vivent une vraie-fausse appartenance de forme en fonction des circonstances.

En guise d’illustration, intéressons nous à la nature d’appartenance des anciens esclaves à l’identité de nos tribus (arabo-berbères) et clans féodaux (sooninko, peulh et d’autres). Pour les tribalistes comme les féodaux, l’identité de la tribu ou du clan ne peut pas être incarnée par un subalterne ou descendant d’un subalterne. En effet, le haratine, le komé ou le mathioudo, en tout l’esclave ou l’affranchi, ne peut posséder de tribu ou de clan féodal mais il est plutôt possédé par la tribu ou le clan féodal. Cette possession fait que l’appartenance identitaire de l’esclave ou l’ancien esclave à la tribu ou au clan féodal, reste dans une relativité qui ne passe plus inaperçue de nos jours.
Cette évidente et pernicieuse corruption de l’identité qui affecte les esclaves et les anciens esclaves, constitue le noeud principal à défaire par la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste. Les victimes et assimilés se doivent d’oser redéfinir leur identité nouvelle en-dehors de toutes les vielles cases originelles qui perpétuent leur statut d’éternels subalternes aux groupes dominants.

La farce historique faisant d’un descendant d’anciens esclaves, un représentant de la tribu ou du clan féodal n’est qu’un énième moyen de contrôle que les tenants du système esclavagiste endorment les non-avertis. Il est évident que l’imaginaire collectif de la caste dominante de cet ordre foncièrement discriminant, véhicule cette ségrégation inavouée à l’externe aujourd’hui, mais bien entretenue en interne par des rites sociétaux et tribaux bien figés.
Si les éveillés anti-esclavagistes issus des anciens esclaves pouvaient avoir un slogan, cela serait: Mieux vaut être sans tribu qu’être faussement encarté dans une tribu ou un clan féodal portant l’essence de l’esclavagisme culturel.

On entend fréquemment que  la sensibilisation ferait le travail de l’éradication des pratiques esclavagistes et féodales dans le pays, mais aucune mise en cause de certains fondements de nos sociétés primitives qui influencent les mentalités. Certaines voix autorisées se réclamant progressistes, disent sensibiliser mais évitent sournoisement les racines de ces tares sociales qui sont entre autres ; la stratification sociale, les discriminations sur le Bien en commun matériel et immatériel, et les réflexes d’intouchabilité.

Un arabe ou arabo-berbère tribaliste assumé et un féodal clanique savent très bien que les personnes d’origine servile, ne peuvent en aucun cas incarner la plénitude de l’identité tribale ou féodale. En 1915 hier, en 2015 aujourd’hui comme en 2215 demain , toute personne d’ascendance subalterne, qui se réclame d’une telle tribu ou tel clan féodal, ne peut éviter d’être victime du joug déterministe de l’imaginaire collectif qui la classe.
À travers cet imaginaire collectif, la perpétuation de la stratification sociale s’effectue en douceur dans le temps et l’espace. Par conséquent l’agencement pyramidal des honneurs, fait que la condition servile est au bas de l’échelle sociale qui a ses « propres valeurs » de noblesse liées plutôt à la naissance qu’aux valeurs de dignité humaine et de piété religieuse.
La tribu et le clan féodal fonctionnent sur un ordre primitif et particulier qui fige « sa noblesse » sur d’autres références qui excluent, rejettent, stigmatisent et conditionnent au nom d’un ordre de naissance divinisé.

Nous pouvons conclure qu’on s’attarde en chamailleries pour suspecter tel ou tel d’esclavagiste ou féodal, alors qu’on fait semblant d’ignorer que ce sont nos tribus, ethnies, clans et communautés qui régulent TOUT sous le prisme suivant: Ta famille de naissance fait de toi le « noble » ou le subalterne dans la société.
Dans un nouveau cadre comme un État des citoyens, les anciens esclaves et assimilés ont une meilleure voie de réhabilitation de leur dignité humaine décousue continuellement par l’élément tribal et clanique. Par un pacifisme franc et digne, cet engagement pour l’émergence d’un Nouveau NOUS ou un Autre Nous, doit être ouvert et expliqué à tous les épris de justice désintéressés et sincères.

Un Haratine ou un Komé doit d’abord se définir en musulman et en citoyen mauritanien, et surtout se défaire de l’élément d’identification tribalo-féodale qui est l’essence socio-idéologique de la trame esclavagiste. S’il est connu que le coeur fonctionnel de nos tribus et ethnies, est allergique à toute réforme de fond basée sur d’autres normes (égalité, fraternité, honneur, dignité et vérité pour Tous sur le matériel et l’immatériel), les dits nés stigmatisés et lésés doivent revoir leur rôle déterministe dicté par la tribu et l’ethnie. Dans cette optique un activisme soutenu et digne de veille et d’éveil s’impose sur Tout ce qui touche au symbolique véhiculant la matière des mentalités rétrogrades à l’endroit d’un tel homme ou une telle femme dont le rang de naissance inhibirait Sa Qualité de Citoyen.
Aussi l’habituelle approche de voir la donne politique à l’échelle nationale, nécessite un nouveau regard dépoussiéré du clientélisme, l’arme favorite des milieux dominants trans-partisans.
En effet, l’amusement politico-politicien par les double discours tenus diversement par certains hommes politiques se disant républicains à Nouakchott dans leurs partis mais par ailleurs tribalistes ou féodaux dans leurs girons communautaires, doit être démasqué et confondu publiquement.

Le mot d’ordre salutaire pour déraciner les pratiques esclavagistes, féodales et les diverses séquelles serait : on ne peut pas forcer le changement de mentalités rétrogrades mais on se doit de les rendre caduques dans le Réel en se définissant hors du cadre tribalo-féodal foncièrement déterministe et discriminatoire.

Un Arabe ou un Arabo-berbère tribaliste sait dans son for intérieur que  le Haratine de sa tribu, n’est défini comme Arabe que par l’aliénation culturelle d’hier et par stratégie politique d’aujourd’hui. Notre cousin Haratine peut être considéré comme Arabe selon certaines visées troublantes en Mauritanie mais serait moins Arabe pour les honneurs dans le monde des vrais Arabes à l’échelle mondiale. Par analogie, les anciens esclaves ou assimilés dans les communautés noires ( sooninko, peulh et d’autres), sont aussi frappés par la même conditionnalité d’une appartenance clanico-féodale selon la stratification sociale en vigueur. Par exemple, si un Komé se réclame d’un tel clan féodal au Guidimagha nord, on saura explicitement sous d’autres cieux, par son nom de famille qu’il ne l’est qu’en étant esclave culturel du dit clan.

Seule la vérité est révolutionnaire… !!!

K.S

SoninkIdees-J’ose

Un cri osé… Garde présidentielle fait Milice personnelle… !!!

#Burundi,  il semblerait que c’est l’équivalent du BASEP du raïs mauritanien qui résiste au coup d’état en gestation depuis hier contre le président s’entêtant pour un troisième mandat anticonstitutionnel. Il est connu que tous nos dictateurs sont connus pour avoir une force d’élite surarmée et indépendante de l’armée nationale classique.
Ces éléments armés dits garde présidentielle, ne sont qu’une milice anti-republicaine qui sécurise un seul homme même s’il faut tuer tout un peuple.

On comprend pourquoi notre locataire du palais ocre à Nouakchott tient à son BASEP azizien parmi les doléances préalables au dialogue avec l’opposition.

À entendre ces dirigeants, se dire compter sur le peuple pour diriger et réformer, on ne peut s’empêcher de lire sur leurs tronches une manipulation évidente. Leurs mandats reposent sur l’entretien de leur milice personnelle plus outillée que l’armée nationale censée défendre le territoire national.

SoninkIdees-J’ose