29-05-2015 23:15 – Libre Expression: Le Guidimakha, une occasion pour se développer.

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Youba Cissokho – Ce qui est important n’est pas que nous devrions être dans les mêmes parties politiques, ou d’avoir les mêmes points de vue sur tout. Nous devrons tous se mobiliser pour réserver un accueil formidable au président de la république dans votre chère région.

Compte tenu de la situation socio-économique désastreuse dans notre Guidimakha natale cette visite ne doit pas être seulement animée de tambour et d’applaudissement, elle doit être une occasion à saisir et à ne pas manquer sous aucun prétexte. Bien vrai que nous ne pouvons pas abstenir d’exprimer nos différences de manière robuste vu la situation sociale, mais aussi nous devrions être tolérants vis-à-vis des opinions des autres.

Ceux qui auront la chance de lui approcher doivent avoir le courage de lui faire part les problèmes fondamentaux de la population. Ces derniers sont nombreux et variés mais néanmoins nous ne devons pas oublier certains éléments essentielles comme :

• Le découpage administratif : le Guidimakha est l’une des régions la plus peuplée du pays plus de 247.000 habitants donc nous méritons plus de département, de communes et plus d’élus dans les deux chambres comparée à d’autres régions.

• L’eau et l’électricité : frontalière avec le Sénégal et le Mali, fait de notre région la plus proche du barrage de Manatali, nous devons être les premiers servis dans ces domaines vitaux.

L’agriculture et le désenclavement : notre région est la plus arrosée, mais aussi la plus enclavée. Nous ne bénéficions pas des retenus d’eau (barrage, diguette, digue….) pour maitriser cette eau afin de mieux exploiter la terre.

Le conflit entre les éleveurs et les agriculteurs est un problème à régler d’une manière objective et définitive afin d’éviter toute tension. Le désenclavement de cette région est une nécessité pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens afin de vendre facilement les produits,

• Le social : il ne doit pas avoir des sujets tabous sur ce point, il est temps qu’on donne la parole aux stigmatisés castés et lésés hériter de l’ordre féodal qui sévit (anciens esclaves, forgerons et autres) pour qu’ils puissent faire part de leurs problèmes au président en fin de trouver une solution durable.

L’état doit travaillersur ce point pour unir notre nation sur la base du consensus fondateur qui s’appuie sur notre transition négociée vers la démocratie et l’adoption d’une nouvelle loi condamnant avec détermination et fermeté ces pratiques honteuses dans notre communauté,

• L’éducation et la santé : deux problèmes fondamentaux de la Mauritanie. L’éducation, il est temps de trouver une solution aux enseignants qui sont officiellement affecté à la région alors qu’officieusement ils ne sont jamais sur place. La santé, l’équipage de deux hôpitaux de la région et la création de nouveaux centres de santés dans les grosses localités font des bonnes choses pour la population.

Youba Cissokho : diplômé chômeur et citoyen averti

Source crédit: cridem.org

SoninkIdees-J’ose

Appel au SIT-IN du 03 MAI 2015

LE COMITÉ DE SOUTIEN AUX DÉTENUS D’ALEG en France informe la diaspora et tous les amis de la Mauritanie juste et égalitaire, qu’il organise un sit-in le:

Mercredi 03 MAI 2015
DE 13H A 17H
EN FACE DE L’AMBASSADE DE MAURITANIE A PARIS

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Voilà plusieurs mois que les camarades Djiby Sow, Biram Dah Abeid, Prix onusien 2013 pour les droits de l’Homme et Brahim Bilal sont incarcérés à la prison d’Aleg. D’autres militants des droits humains sont aussi détenus à la prison de Nouakchott. Leur crime: avoir initié une caravane contre les expropriations et l’esclavage fonciers alors que les motifs de ces arrestations et incarcérations restent infondés.

Transférés en-dehors de leur circonscription judiciaire d’origine, le parquet, en violation flagrante des textes en vigueur, a décidé d’engager dans les plus brefs délais le procès en appel dans la juridiction incompétente d’Aleg dont les magistrats sont connus pour leurs soumissions aveugles au diktat de l’exécutif.

En outre, Djiby SOW souffre de maladies diverses depuis la grève de la faim entamée le 23 février 2015 et les autorités entravent tout traitement médical conforme aux recommandations du médecin traitant.

 
Il est donc urgent de proclamer notre soutien franc et massif aux défenseurs de la justice et de la paix emprisonnés par le régime autoritaire d’Ould Abdel Aziz. Nous réaffirmons notre engagement ferme à les soutenir par tous les moyens légaux.

Le comité de soutien aux détenus d’Aleg France.

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27-05-2015 12:36 – Agression dans l’ambassade de Mauritanie à Paris

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20minutes – Un homme a été interpellé mardi en début d’après-midi après s’être introduit dans l’ambassade de Mauritanie, rue Montevideo à Paris (16e), et avoir frappé des ressortissants, a appris 20 Minutes de source proche de l’affaire.

L’individu, de nationalité mauritanienne, a asséné des coups de poing à deux personnes de l’ambassade au visage, avant de les frapper à coups de chaise. Un couteau de chasse a été retrouvé sur l’agresseur qui a menacé l’ambassadeur en personne.

Pas de revendication

Les deux victimes, dont une a été transférée à l’hôpital Ambroise Paré de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), ont déposé plainte. Le Mauritanien n’a pas expliqué les raisons de son agression aux policiers. Le cabinet de l’ambassadeur n’était pas capable dans l’immédiat de répondre à nos questions.

Source crédit :cridem.org

SoninkIdees-J’ose

Kawtal Ngam Ƴellitaare (KNY) : communiqué

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Communiqué

La situation des détenus de la marche contre les expropriations foncières et l’esclavage foncier, Messieurs Djibi Sow, président de Kawtal Ngam Ƴellitaare, Brahim Ould Bilal et Biram Oud Dah Ould Abeid, respectivement vice-président et président de l’IRA, ne cesse d’empirer depuis leur extraction de leurs juridictions naturelless à Rosso par un transfert arbitraire à la prison d’Aleg.
Evacué à Nouakchott, le 28 février 2015 pour des problèmes de santé, Djibi Sow, est en train de mourir à petits feux dans l’indifférence générale dans les cellules de la Prison civile de Nouakchott. Tout corrobore pour confirmer que les autorités mauritaniennes veulent récidiver les horreurs de Oualata dans les années 88 et 89 en refusant, mordicus, de permettre à Djibi Sow de se faire traiter d’une maladie rénale qui le terrasse depuis le mois de janvier 2015.
Depuis son transfert à Nouakchott, les autorités de la prison, probablement sur instruction des ministères de l’Intérieur et de la Justice, se rechignent à présenter le détenu à des médecins. A chaque fois qu’elles y consentent, c’est menotté et escorté de plus de trois éléments de la Garde nationale que le détenu est vu par les rares médecins qui ont eu à le consulter. Comble de l’humiliation, la consultation se déroule toujours en présence des gardes et du chauffeur du véhicule de la Prison!! D’ailleurs, Dr Mariame Kébé, son médecin dermatologue qu’il n’avait pu rencontrer que plusieurs semaines après la date de son rendez-vous par la faute des mensonges et des subterfuges de l’administration pénitentiaire, refuse désormais de le consulter tant que les conditions de présence obligatoire de tous les gardiens de prison dans son cabinet au moment de la consultation ne sont pas revues.
S’étant rendu la première fois aux urgences du CHN, le 03 mars 2015, le médecin Professeur Cheikh Ahmed diagnostiquera des calculs rénaux devant être rapidement extraits par opération chirurgicale. Malgré ce grave constat, Djibi Sow ne verra son médecin pour une seconde consultation que dix jours plu tard. Cette fois, le médecin demande un scanner qui ne sera fait que dix jours après. A chaque fois qu’il se plaignait des douleurs qui s’accentuaient, l’affaiblissant à vue d’œil, il se voyait répondre par ses geôliers que le scanner du CHN est en panne. D’autres fois, ce sont les radiologues ou les médecins qui sont absents. Finalement, un scanner sera fait, le 23 mars. Les résultats de ce scanner ne seront remis au patient que le 05 mai 2015, soit plus d’un mois et demi plus tard alors qu’ils étaient disponibles une semaine après les examens. Et depuis, il attend, en vain, que les autorités de la prison daignent le ramener voir le médecin. Les faux-fuyants le disputent aux subterfuges et aux mensonges pour que Djiby s’en aille de sa belle mort à laquelle semblent vouloir le destiner les autorités!!!
En attendant, Djiby Sow souffre énormément dans sa cellule. La fonctionnalité de ses reins est menacée. De graves symptômes d’une insuffisance ranale se manifestent déjà. L’homme ne s’alimente que peu, ne dort pratiquement plus, en bute à des œdèmes et à des démangeaisons qui accentuent son calvaire. Chaque matin, il ne se réveille que le corps et les habits couverts de sang et de pus.
Face à cette grave situation, Kawtal Ngam Yellitaare :

-Dénonce le comportement raciste et chauvin des autorités face au cas de Djiby Sow qu’elles veulent laisser mourir en toute indifférence et sadisme à l’instar des détenus Négro-mauritaniens du tristement célèbre bagne de Oualata à la fin des années 80;

-exige le transfert immédiat de Djiby Sow dans une structure sanitaire et que le temps nécessaire qu’exige son traitement convenable soit donné aux médecins conformément aux engagements nationaux et internationaux de la Mauritanie ;

-dénonce le silence complice de la plupart des partis politiques et des organisations nationales des droits de l’homme, et particulièrement, celui du groupe parlementaire de défense des droits de l’homme, resté passif face à cette grave atteinte aux droits fondamentaux d’une personne détenue pour ses convictions et son engagement pour une Mauritanie juste, égalitaire et respectueuse des valeurs de la citoyenneté et de l’Etat de droit ;

-porte les autorités mauritaniennes responsables de tout ce qui pourrait advenir de M. Djiby Sow suite aux mauvaises conditions de détention et au refus de le mettre à la disposition de médecins spécialisés pour lui prodiguer les soins nécessaires à même de sauver sa vie. 

Fait à Nouakchott, le 26 mai 2015

Kawtal Ngam Ƴellitaare

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25-05-2015 13:51 – Toile de fond : Religion/Être imam, ne doit pas être un héritage consanguin

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Un jeune imam vient de manquer de respect à des fidèles qui ont l’âge de son père. Il les aurait traité « d’indisciplinés » pour avoir procédé à la prière du crépuscule sans l’attendre, alors qu’il était en retard. Indignés par son comportement, certains d’entre eux ont préféré changer de mosquée.

Notre religion nous interdit de suivre (ou de nous immiscer) sous la guidée d’un imam si nous ne lui vouons le respect dû au chef qu’il est. Le legs de l’imamat chez nous qui se transmet de père en fils en général, une sorte de monarchisation qui du reste ne repose sur aucun critère.

Il y a plus de trois siècles pourtant, Thierno Souleymane Baal, une haute figure de l’islam au fouta, scella le cas antimonarchique de l’imamat. L’imam était considéré à l’époque, comme chef d’état en république théocratique par les populations des contrées affranchies.

Thierno Souleymane Baal en homme de Dieu a dit, « Détrônez tout imam dont vous voyez la richesse s’accroître et confisquez l’ensemble de ses biens ; combattez-le et expulsez le s’il s’entête, veillez bien à ce que l’imamat ne soit pas transformé en une royauté héréditaire où seuls les fils succèdent à leurs pères ; l’imam peut être choisi dans n’importe quelle tribu ; choisissez toujours un homme savant et travailleur ; il ne faudra jamais limiter le choix à une seule et même tribu ; fondez-vous toujours sur le critère de l’aptitude ». Telles furent les prescriptions de Thierno Souleymane Baal.

Chez nous, cette précision antimonarchiste de Baal, est loin d’être acceptée par nos hommes de dieu, qui plutôt se consacrent avec la bénédiction de l’Etat à l’accaparement des terres d’autrui, donnant plutôt à leur statut, un excès de pouvoir de la chose publique, devenu l’une des causes principale de l’approfondissement des inégalités sociales.

Invoquant plus tard l’œuvre de Thierno Souleymane Baal, Mamadou Dia ancien président du conseil constitutionnel du Sénégal, écrivit dans ses Lettres d’un vieux militant : « Oui, de très loin, nous sont venues nos traditions démocratiques que le mot nawlé éclaire admirablement, lui qui avec sa charge éducative impose de considérer autrui comme soi-même auquel on reconnait tous les droits, devoirs et privilèges dont on se croit porteur ».

Quelques adeptes de la mosquée de ilots L, aujourd’hui partis prier dans d’autres mosquées, tout en appelant à la réconciliation des cœurs et des esprits entre eux et leur imam à travers la renonciation de son projet de dévolution dynastique de son pouvoir et l’acceptation de l’effacement de la famille biologique (omniprésente dans ces cas de figures, où les fils succèdent aux pères), au bénéfice de la famille religieuse.
Aucun imam n’est indispensable.

ADN

Copyright © 2015 Cridem

Source crédit :cridem.org

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Les fils de Wagadou , Réinventons l’Historicité de nos Hommes et nos Symboles…!!!

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Dans tout groupement soninké sur un site donné  (village ou localité), il y eut eu une famille ou un clan qui fut le fondateur. Ces fondateurs et ceux qui eurent suivi, organisaient la cité par des accords selon les réalités du contexte historique. 
Ce contexte était marqué par des rapports de force primitifs par lesquels les pratiques esclavagistes et féodales furent érigées en valeurs de prestige entre les personnes. Les chefs guerriers se faisaient des brigands en réduisant à la servitude d’autres hommes inconnus venant d’autres contrées. 
Les chefs fondateurs faisaient travailler cette main-d’oeuvre exploitable à merci pour l’aménagement (débroussaillement et sécurisation) du site villageois. Une alliance s’était opérée entre les clans dominants et d’autres composantes sociales ( marabouts, forgerons et d’autres) afin de veiller à la bonne marche du système dans le temps et l’espace.  Ainsi le regretté Wagadou (connu l’Empire du Ghana fondé par les soninké) disloqué vers le 13 ème siècle, mais très présent dans l’imaginaire collectif prend forme en miniature. 
L’entité politico-féodale régule sa cité dans un espace bien délimité au sein d’un grand ensemble territorial soninké (Guidimagha, Gadiaga, Diafounou, Dionbokho et d’autres). La colonisation occidentale fut instaurée sur ces espaces où la réalité d’une structure étatique centralisée était insignifiante voire inexistante pour certains endroits. En effet les entités politico-féodales très méfiantes entre elles, avaient mal jaugé l’ampleur de l’étau colonisateur qui se mettait en place. Ces autochtones descendants d’un lointain empire organisé ouest-africain, n’avaient pas su renouveler leurs références idéologiques sur l’organisation de leurs espaces politiques afin de porter l’idéal d’une Nation soninké moderne et unitaire. Les soninké s’étaient chargé de leurs mini-principautés limitées à un village et ses environs proches sous l’ordre féodal. Une phase historique avait été ratée par l’étroitesse des ambitions dans cette nouvelle donne de la colonisation occidentale, et à force de se limiter à un exclusionnisme localisé d’antan, ils étaient devenus inaudibles et réduits dans le « Nouveau Tout » qui se faisait (l’ordre colonial). 
Une amorce d’un foyer national soninké eût dû être germée en toute légitimité par une ouverture ambitieuse hors des clanismes féodaux et restrictifs. Un État-Nation Wagadou aurait dû précéder dans cette zone le Ghana de Kwameh Krumah qui rebaptisa la Gold Coast anglaise en mémoire de cet empire africain. 
Cette approche primitive de la chose politique, toujours en vigueur au sein des plusieurs entités soninké dans un État post-colonial comme la Mauritanie, s’articule autour d’une certaine transposition de vielles querelles claniques et d’un communautarisme clientéliste à diverses expressions à l’endroit du pouvoir central.

Les gouvernants du pouvoir central, instrumentalisent à fond cet archaïsme politicard pour la mainmise de leur ordre en place, sachant que notre conscience politique se limite à une imaginaire grandeur d’antan sans réforme du corpus coutumier de l’élément politique. Par exemple, dans certains milieux soninké, un ministre nommé est perçu comme un honneur pour son clan familial d’abord et surtout comme un semblant déclassement pour l’autre bord clanique dans le même  village. Certains de nos hommes politiques jouent cette fibre intracommunautariste et nocive au corps social, car réveillant les vielles querelles antidémocratiques et incompatibles avec La Citoyenneté.
Dans un État biracial comme la Mauritanie, née avec multiples problématiques liées à la cohabitation, le partage du pouvoir, et en tout la nature de la Nation, je voudrais bien savoir le niveau du QI (quotient intellectuel) de nos hommes politiciens tombant dans pareils travers féodaux et claniques, se croyant honorer et venger leur clan familial. 
Nos gouvernants veulent avoir affaire à un soninké politico-communautariste par clientélisme mais surtout pas à un Homme d’État soninké portant un projet de société à l’échelle nationale. 
Par nos prédispositions psychologiques égocentriques, nous tardons de réaliser que nous vivons sous un nouvel ordre étatique qui commençait à rendre caducs les fondements de  nos « wagadous miniatures » (villages et localités). Le soninké sûr et fier de son « je » nombriliste et figé pour désigner son carré villageois fondé par son aieul, oublie qu’un « Nouveau Nous » l’entoure et déposséde son « je ancien » de toute substance concrète dans le réel évolutif. Les tenants de l’ancien ordre coutumier doivent réajuster leur logiciel en terme de symbolique pour pouvoir garder intelligemment le passé dans le réel évolutif. Nous pouvons célébrer et immortaliser le courage et l’honneur de nos ancêtres ayant marqué l’Histoire villageoise par d’autres moyens consensuels, comme baptiser nos places publiques, nos infrastructures modernes (écoles, barrages, centres médicaux et d’autres) et d’autres en hommage à eux. Le titre de chef coutumier du villageois ne relève de nos jours que de la symbolique et il peut se démocratiser paisiblement pour toutes nos composantes sociales, pour qui, la qualité de citoyen doit transcender de loin celle de tel ou tel villageois. Ainsi la nouvelle autorité incarnée par les mairies, s’installerait en suivant l’exercice démocratique sans interférence des anciens clanismes qui feront éclater le corps social en mille morceaux. Très souvent ceux qui détiennent l’exclusivité de la chefferie traditionnelle sont minoritaires dans la localité et l’avenir de leur symbolique doit se jouer par une ouverture fraternelle dans un système inclusif. Les autorités étatiques peuvent exiger un  citoyen (même un dit chef de village) de répondre au Maire, mais il est peu probable qu’un chef coutumier puisse garder un citoyen dans une subordination féodale devenue obsolète. 
Les sensés visionnaires doivent se réformer pour qu’une telle transition puisse se faire courageusement afin d’éviter les déchirements internes inutiles qui affaiblissent le groupe, et tout en le maintenant sous une autre domination vicieuse à l’échelle nationale. 
Ce nouveau pacte social peut être salutaire par son ancrage fraternel qui transcende les clivages ancestraux et s’inspirant du pacte de fraternité mis en place entre les Ansâr ( musulmans medinois) et les Muhajirûn (musulmans mecquois déplacés)  par notre prophète Muhammad (PSL) à son arrivée à Médine. 
En effet, le pacte de fraternité Muhammadien unifia la jeune communauté des croyants par l’entraide, la fraternité, le partage et l’accompagnement spirituel en toute sincérité, et en dehors toute référence aux origines sociales des uns ou des autres. Ainsi cette fraternité pleine dans la Foi fut l’anse inébranlable sur laquelle la révélation allait changer la face d’un monde. Les clivages tribaux s’effacèrent devant l’amour intense et mutuel dans la Foi; cette réalité assainît les âmes et soigna les coeurs tournés vers l’Idéal d’une Vie Future qui ignore la noblesse d’ascendance supposée des uns et des autres. 
Nos milieux peuvent s’inspirer d’un tel modèle de société organisé par le prophète (PSL) et ses premiers compagnons, afin d’opérer une restructuration profonde qui réfute tout déterminisme de naissance pouvant être source de divisions et d’injustices au sein du corps social. Une telle réforme statutaire dans nos terroirs peut faire office d’exemplarité pour un État central qui ne cesse de reproduire les tares ethnicistes, tribales, racialistes et exclusionnistes.

Nos symboles immatériels doivent être réformés dans notre contexte pour donner sens à leur historicité dans l’imaginaire collectif dans le temps et l’espace. Aujourd’hui, un chef coutumier du village sur  la base des anciennes références, peut finir dans un isolement où il ne serait que le chef de son clan familial très restreint, et on aura une multitude de chefs coutumiers dans un même village et en même temps. 
Il est grand temps qu’on sorte de la logique d’une fraternité conditionnelle et conditionnée à notre « très chère » hiérarchisation sociale célébrée sous tous les cieux. Certaines voix autorisées pensent qu’être soninké en 2015, c’est accepter le déterminisme moyenâgeux qui fait que l’Homme s’autodisqualifie sur l’essentiel ( l’honneur, dignité, et droit d’être et d’avoir) en respectant les balises sociétales héritées. 
Un homme d’État ne viendrait pas d’un giron passionnément communautariste comme le nôtre  dans lequel le passé dit glorieux inhibe et brime les intelligences réformatrices. Nos vielles habitudes ne sont pas forcément justes et égalitaires en matière de relations humaines. À force de célébrer un trône devenu caduc dans les faits, on se ridiculise en étant décalé par rapport à la marche de l’HUMANITÉ.

Alors, sortons d’un monde qui a fini d’exister depuis 1000 ans, sinon on disparaîtrait dans ce monde globalisé à terme…!!!

Fraternellement.

K. S

SoninkIdees-J’ose