02-04-2015 15:35 – Procès : Audience des treize étudiants

Ibrahima Samba Dioum – La 28ème chambre du tribunal correctionnel était comble ce matin. Le public est venu en nombre pour écouter les griefs faits aux étudiants mauritaniens par leur ambassade de Paris. L’audience a commencé vers 10 heures. Elle s’est déroulée dans un calme total. Les acteurs au procès se sont succédés en toute courtoisie.

Comme le veut la législation, le tribunal a rappelé les faits reprochés aux prévenus. Il parle de dégradation volontaire en réunions de biens privés. En deuxième position, les prévenus passent un après l’autre devant le tribunal. Ils parlent tous de la même voix « nous n’avons ni dégradé du matériel ni agressé le personnel. Nous avons au contraire eu droit à des injures racistes proférées par le premier conseiller de l’ambassadeur de l’époque ».

Jusque là tout est normal. Le théâtre commence lorsque l’avocat de la partie civile commence sa plaidoirie. Il demande 62000 euros de dommages-intérêts. Pour cela, il présente les preuves rafistolées par l’Ambassade. Il s’agit d’un devis d’installation d’un système de vidéo-surveillance dans l’ambassade et d’un autre d’un devis établi par l’ambassadeur Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khil. 

Ce dernier mentionne que des ordinateurs de bureau, des tables, des chaises, des armoires et des réfrigérateurs ont été endommagés par les étudiants. Il dit aussi que des vitres et de carreaux ont été cassés et que le câblage de l’ambassade à été sectionné par les pauvres étudiants. Pour donner du poids à ces devis, la partie adverse présente des factures de certains des éléments cités.

Les supposées preuves n’ont fait que faciliter la plaidoirie de Maitre Touré et de Maitre Word. Les deux avocats de la partie adverse montrent d’abord qu’un devis ne doit être établi que par un expert et donc que le devis fait par l’ambassadeur qui se croyait avoir toutes les compétences, n’a aucune valeur juridique. Les deux Hommes, toujours très posés et très attentifs ont vu que le devis d’installation n’est qu’un projet de l’ambassade et donc qu’en aucun cas, il ne peut être facturer aux étudiants.

La vigilance de Maitre Word et de Maitre Touré a aussi permis de voir quelque chose pour le moins comique: parmi les documents présentés, figuraient des factures d’ordinateurs appartenant à des familles et des étudiants. Cela a mis mal à l’aise la partie civile.

Pour finir, Maitre Touré et Maitre Word s’aperçoivent que l’Huissier qui a été dans les locaux de l’ambassade n’a constaté qu’un seul câble endommagé; un câble endommagé par qui?

A la fin de la plaidoirie des deux Hommes, l’avocat de l’ambassade était comme gêné par ses preuves pitoyables. On dirait aussi qu’il craignait que le plaignant ne devienne accusé. Il n’a donc jamais repris la parole.

Avant la fin de l’audience, le Procureur a demandé un sursis et une amende de 3000 euros par partie au titre de dommages-intérêts. Enfin, la Présidente du tribunal a mis l’affaire en délibéré au 15 avril 2015. Les preuves fournies montrent de quoi est capable l’Ambassade de Mauritanie à Paris et en disent long sur ses intentions. Poursuivra-t-elle ses manigances pour briser la carrière de ses étudiants? 

Source crédit: cridem.org

Soninkidees-J’ose

COMPRENDRE LA POLITIQUE À LA « SAUCE SONINKÉ »…!!!

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Le mot   » politique  » dans le langage commun soninké a un sens connoté péjoratif. En effet dire d’une personne en soninké  » politiguinté xorré » est souvent synonyme selon l’approche, d’un individu  » magouilleur, manipulateur, voire malfrat ».
Après cet élément introductif et primaire du sens de la Politique, nous essayerons de détailler les différents sens qu’un soninké type pourrait comprendre ou sous entendre en fonction de son cadre d’évolution.
La politique classique basée sur des valeurs saines et justes, se parle à toutes les langues et à tous les hommes en vue de réaliser leur bien être individuellement et collectivement. En effet, elle a un idéal de l’être humain donnant sens aux valeurs suivantes: la Dignité, l’Honneur, le Respect, la Solidarité, la Justice , la Tolérance et la Fraternité. Et c’est aussi par cette approche de la Politique, que l’Autre très différent de Nous pourrait être accepté en Nous, par Nous et chez Nous sans quelconque déterminisme exclusiviste .
Elle constitue l’arme essentielle contre les xénophobes, les racistes, les sectaires et les communautaristes obsessionnels, qui se structurent et s’alimentent à des diverses manières par la négation et le rejet de l’Autre. C’est par elle que presque tous les partis politiques dignes s’inspirent comme idéal afin impacter le réel par l’exercice démocratique.

Cependant, nous dirions que tous les soninkés, qui minoritaires dans leurs pays d’origine et souvent accueillis dans d’autres pays, seront parmi les premiers à saluer et apprécier une telle approche hospitalière de l’exercice politique. Par exemple; en France lors des dernières élections municipales, des hommes et des femmes d’ethnie soninké ont été élus au sein des conseils municipaux. L’engagement de ces personnes est à saluer, mais nous devons surtout mettre en écho les dispositions juridiques, progressistes et humanistes qui ont rendu possible leur élection par un électorat mûri démocratiquement.
Certes, nous sommes face à des situations porteuses d’une certaine morale humaniste de la politique par rapport à ce qui se fait chez nous en interne. Le français d’ethnie soninké élu dans une ville de la région parisienne, aurait peu de chance de pouvoir postuler à un poste similaire dans une autre commune que celle de son terroir d’origine dans nos pays.
En effet, par le pourquoi de ce paradoxe saisissant, nous abordons ce qui s’apparente à une certaine compréhension de la chose politique en vigueur dans nos terroirs coutumo-traditionnalistes. Cette approche de la politique comme l’exercice d’un certain pouvoir quel que soit l’échelle, définit l’organisation de la cité soninké. En effet tout s’organise par cette politique exclusiviste basée sur le déterminisme de naissance.
Par cette politique particulière, nous reconnaissons nos partis; ce sont nos clans familiaux ou d’alliances historiques (par exemple: Hayaninko, Botokholonko,Hokolounko, Baraninko, Gangarinko et d’autres…).

Ces clans constituent des entités politico-féodales et transnationales sur lesquelles et par lesquelles se structurent tous les rapports politiques et politiciens du monde soninké. La politique mise en place par ces entités féodales conditionne et identifie « l’homme soninké » à un clan et à un statut social de naissance. Les convenances coutumières soignent à vie consciemment ou inconsciemment ce socle d’identification de « l’homme soninké », qui selon son appartenance statutaire peut être l’éternel servi et honoré au nom du clan, ou l’éternel serviteur et subalterne du clan.
Le monde politique et politicien à la « sauce soninké » s’anime par cette catégorisation où la qualité par le nombre importe peu, mais c’est plutôt le statut hérité d’un passé peu glorieux sur les valeurs humanistes qui fait la légitimité à vie. Cette norme de la chose politique qui a un aspect quasi – monarchiste est mise en avant au sein de la cité soninké.
Dans certains milieux, nous constatons que l’exercice moderne de la politique est faussé par cette logique clanique et féodale jouant le clientélisme. Dans le cas mauritanien, en concert avec le tribalisme Beydhane, le féodalisme politique soninké donne peu d’importance à la notion du vote libre pour chaque citoyen en toute indépendance par rapport au groupe. Lors des élections législatives et municipales de fin 2013 dans le Guidimaxaa mauritanien, des partis politiques nationaux s’étaient faits utilisés comme couverture pour des affrontements acides entre clans politico-féodaux dans plusieurs communes majoritairement soninké. Profitant du faible niveau d’instruction civique parmi nous, les politiciens clientélistes bien introduits à Nouakchott manipulent les consciences par des considérations d’identification clanique en sabotant l’émergence de l’État-nation par  le vote libre et citoyen.
Avec pareils déchirements intra-communautaires pour une hégémonie primitive à une échelle communale, nos hommes politiques soninkés jouant ce jeu ont peu de chance d’assumer le rôle d’Hommes d’État un jour. Si l’intérêt général dans une commune de 15000 habitants se fait traîner dans la boue à cause des grandeurs mal placées liées aux velléités féodales, les 3 ou 4 millions de nos compatriotes attendront peu de choses de notre giron. Nos divers mouvements et associations s’inscrivant dans cette norme des choses verront peu de réformes aboutir à l’échelle intracommunautaire comme nationale. Nos différents objectifs quoique nobles et sincères seront brouillés par des légitimes suspicions si nous ne revoyons pas nos logiciels prédisposés issus de nos cadres de référence ethniques, tribaux, claniques et communautaires. Notre appel au Changement sans nos propres changements ne fera aucun écho nulle part.

Qui ose se changer aujourd’hui chez soi, peut espérer faire changer l’autre demain chez lui…!!!

Acceptons d’être « l’objet » d’un changement d’abord avant d’être le sujet du Changement prêché auprès dautres.
Et au final, si on osait faire bénéficier politiquement avec ouverture à l’Autre ce qu’on a pu bénéficier sous d’autres cieux en s’y vantant…!!!

K.S

Soninkidees-J’ose

Un bref aperçu sur la question foncière en pays soninke ; le cas du guidimagha mauritanien

 

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Les villages soninke sont plus vieux que la Mauritanie actuelle et ses lois fondamentales en vigueur. Ils s’étaient constitués sur ses terres à travers des batailles entre différents clans et contre d’autres peuples (Les maures et d’autres) selon les endroits. Pendant la période coloniale, l’administration coloniale reconnaissait tacitement les influences et l’occupation de chaque clan sur des périmètres plus ou moins définis. Ces clans liés par des liens ancestraux devenus propriétaires terriens possédaient des esclaves qui participèrent grandement aux conquêtes et aux travaux de débroussaillement.Un système féodal quasi princier fut mis en place pour régir l’organisation de la cité soninke. Politiquement, cette cité soninke est dirigée par les familles féodales par héritage selon les bonnes convenances fixées dans l’histoire du plus vieux d’entre eux. 

L’exercice du système féodal sur les terres ; exemple type d’une famille féodale

Une famille féodale possède généralement ses parcelles de terres fertiles issues du partage des terres entre membres du clan propriétaire du site villageois. Elle faisait fructifier ces terres avec la main d’œuvre exploitable à merci composée essentiellement des esclaves ( personnes volées, achetées ou exploitées par misère sociale).Ces esclaves avaient droit à un misérable traitement consistant à quelques parties des parcelles qu’ils essayaient de mettre en valeur pour leurs familles pendant leurs disponibilités limitées pour eux-mêmes, c’est-à-dire les fins de journées ouvrables ou un jour spécifié (vendredi par exemple).Les principaux revenus de la famille féodale venaient des cultures et elle s’enrichissait par ce biais tout en entretenant son statut dans le clan. Elle se croyait dans son droit d’exploiter des personnes considérées ( Esclaves) se basant à tort sur une certaine interprétation des préceptes juridiques islamiques par un autre groupe pilier du système féodal ( les marabouts religieux « Modini »).Un semblant pacte entre ces marabouts religieux « Modini » et les clans féodaux constituait le socle du système.Les esclaves n’avaient pas droit à des parcelles par possession issues du partage des terres fertiles.

Ce joug par le chantage des terres consistant à les rendre dépendant de leurs maitres avait fonctionné longtemps et continue dans certain sens.A voir de près , le système a presque pris fin sur son ancien modèle et de même que l’exploitation esclavagiste. Il a surtout perdu son sens primaire dans l’optique où les anciennes possessions (personnes esclaves) pourraient être des potentiels propriétaires terriens dans un nouveau cadre organisationnel (Commune, Département, Région et État).

Quelques dispositions légales du code foncier mauritanien en vigueur 

Chapitre IV- l’individualisation des droits fonciers collectifs 

Article 36- les propriétés terriennes agricoles acquises, antérieurement à l’entrée en vigueur de la loi 60.139 du 2 Août 1960 portant organisation domaniale et exploitées en commun par des collectivités traditionnelles, sont, si l’ordre social l’exige, réparties entre tous les membres de ces collectivités qui ont participé à la mise en valeur initiale desdites propriétés ou contribue à la pérennité de leur exploitation.

Article 37- Bénéficient du partage des collectives dans les conditions fixées par l’article 36 ci-dessus, les personnes qui, sans avoir été recensées administrativement dans la collectivité concernée, y ont vécu de façon permanente et ont, à ce titre participé à la mise en valeur des dites terres. 

Article 38- Les personnes qui, de leur propre initiative ou avec l’accord de leur collectivité, ont entrepris la construction ou la réfection d’un ouvrage de retenue d’eau ou procédé à tout aménagement de nature à améliorer la rentabilité d’une terre collective dont elles bénéficiaient avant le partage, ne peuvent avoir à l’occasion de ce dernier, aucun avantage supplémentaire par rapport à tous les autres bénéficiaires. 

Article 41- Qu’elle résulte d’accord amiable constaté par l’autorité compétente ou de décision prise par cette dernière, la redistribution des terres collectives sera effectuée, sans discrimination d’aucune sorte, de manière équitable et de façon à sauvegarder les intérêts des personnes bénéficiant des dispositions des articles 36, 37 et 38 du présent décret. Source: Décret n° 2000-089 du 17 juillet 2000 et publié le 15-10-2000 au JO de la RIM.

Ces différents articles en vigueur par le nouveau cadre nous enseigne, et nous verront leur exercice concret très relatif sur les réalités soninké.
Dans le milieu soninke, ces articles qui régissent le domaine foncier mauritanien s’applique plus ou moins. Les terres prises par un citoyen lambda pour en faire une maison ne pose pas de problème généralement mais celles occupées pour des cultures sont revendiquées par les anciens propriétaires sous le modèle coutumier dans bien des cas.
Concernant le domaine irrigable partagé en parcelles entre les clans d’anciens féodaux, nous n’assistons pas à une redistribution entre différents membres villageois qui participèrent tous grandement au débroussaillage des terrains. En effet le maintien sur certaines parcelles des descendants d’anciens esclaves est sujet au bon vouloir capricieux des certaines familles d’anciens féodaux qui en font d’objet des chantages dans certains cas.
Ce joug psychologique par les terres fonctionne par la menace de retirer leurs possessions confiées aux personnes qui oseraient défier l’ancien ordre coutumier dans les affaires sociales et politiques du milieu villageois. Le système admet qu’un descendant d’ancien esclave ne puisse pas hériter définitivement les parcelles que son ascendant avait depuis plusieurs années et parfois par un moindre différend sur quelques sujets particuliers, pourrait résulter d’un retrait sans ménagement d’une terre cultivable. Pour un descendant d’anciens esclaves, l’héritage de droit incessible d’une terre lui est contesté et contestable par ce système qui le considérait lui même comme une possession matrilinéaire de son maître par héritage dans le passé.

Après ce résumé sans doute non exhaustif des mécanismes qui régissent plus ou moins le foncier chez les soninké, nous proposons une approche basée sur la solidarité, la justice, et la fraternité par ces différents points applicables à notre sens :

1- Reconnaître le droit de propriété pour les descendants d’anciens esclaves sur les terres occupées dans le passé, ce qui constitue une légitime réparation de l’exploitation subie injustement dans le passé.

2- Une sincère solidarité basée sur l’humanisme et la foi musulmane entre nos familles dans un respect mutuel.

 3- Aborder la question foncière avec courage en identifiant les différentes problématiques par une approche désintéressée.

 4- Aviser nos sages de la sphère soninkaxu sur la nouvelle donne qui devrait soigner nos rapports.

5- Éviter dans la mesure du possible de s’entredéchirer devant les autorités départementales, régionales et voire mêmes étatiques.

 6- Assister, aider, et considérer l’autre comme coreligionnaire et concitoyen en droits et devoirs réciproques avant de le fixer dans un statut coutumier obsolète qui atteint sa dignité humaine.

K.S

Soninkidees-J’ose

Un cri osé au monde soninké..!!!

Mr Ganda Fadiga, paix à son âme et qu’Allah l’accueille au sein des jardins paradisiaques. Un grand parolier de la caste des griots en milieu soninké décédé en 2009 à Paris. Il avait été adulé pour son talent par soninkara tout entier. Que penserions-nous si l’un de ses descendants devient un grand savant en sciences religieuses ou même profanes…??? Sommes-nous prêts de sortir du déterminisme par caste sociale afin de profiter des nouvelles connaissances d’une telle personne qui n’hésiterait pas forcément ce que son ancêtre faisait…??? Revoir nos logiciels de pensées dans l’imaginaire collectif soninké qui promeut souvent l’auto-disqualification pour l’accomplissement individuel et collectif…!!! A y réfléchir. #ks8

Soninkidees-J’ose

NOUS, NOS RACES ET NOS CASTES DANS LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE

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Dans toutes nos communautés ethniques et tribales, la qualité d’être musulman et quelque soient le degré de notre foi et nos capacités intellectuelles et physiques, ne suffit pas comme référence identitaire pleine. Etre musulman dans notre république se disant islamique, se vit avec une certaine relativité face aux écueils suivants ; la Race et la Caste sociale.
Par nos discours faciles consistant à dire que nous sommes tous musulmans et que le reste relèverait du détail, nous avons trop longtemps esquivé de se dire les vérités amères mais sans doute nécessaire. En vrai quels musulmans sommes-nous aujourd’hui vivant dans cette république se disant islamique…. ???

Pourquoi la race d’abord… et l’islam après…???

Les deux composantes (arabo-berbères et afro-mauritaniens) du peuple mauritanien se partagent l’islam comme religion, mais admettons sincèrement que peu se fait au nom de l’islam pour le vivre ensemble entre les deux. Notre constat basé sur les réalités du quotidien dans bien des domaines, montre que les deux races ne se valent pas pour certains membres de la race blanche. Depuis presque la création de cette Mauritanie la réalité des pouvoirs publics sont détenus par ce qu’on appelle le système Beïdane. Ce dernier qui accepte stratégiquement certains éléments complices de la composante noire, domine par des procédés qui ne sont pas certainement islamiques afin de pérenniser la mainmise blanche sur les destinées du pays.
En effet ce n’est pas au nom de l’islam que presque tous les leviers économiques, financiers et médiatiques du pays sont sous le contrôle des arabo-berbères et que les couches sociales pauvres et mal instruites viennent des milieux noirs. Et ce n’est pas non plus au nom de l’islam avec son message libérateur par essence pour l’Homme, que certains Oulémas officiels arabes dits érudits n’arrivent pas à donner une compréhension des textes religieux qui délégitimerait certaines pratiques d’un autre âge (l’esclavage et ses diverses séquelles et les préjugés racistes) en vigueur aujourd’hui. 
Ce n’est pas non plus par l’islam qui promeut l’entente et le brassage des peuples surtout professant la même foi qui rend rare la mixité par les mariages entre les deux composantes (blanche et noire). Est-ce au nom de l’islam que les critères d’enrôlement de la population semblent stigmatiser plus les noirs suspectés de potentiels étrangers… ??? Et surtout pour les mauritaniens résidant en Europe soumis à des critères spéciaux (exigence d’une carte de séjour du pays d’accueil) pour valider leur « mauritanité » sachant que 95% de nos ressortissants vivant dans cette zone sont noirs.
Par quel islam, certains de nos milieux politico-religieux appellent à la solidarité musulmane avec certains musulmans du monde arabe affectés par des dures épreuves tout en oubliant les humiliés et stigmatisés de tous les jours dans notre pays.
Cette liste est très longue démontrant le caractère plutôt  racialiste* du fonctionnement étatique qu’islamique à notre sens. Sans tomber dans une facile généralisation taxant tous nos compatriotes arabo-berbères, nous estimons que cette république se disant islamique avec un tel fonctionnement pratique est très loin des valeurs et préceptes islamiques qui doivent gérer une Oumma par la fraternité, la dignité, la solidarité, l’honneur et la justice pour TOUS.
L’islam par la Charia selon la définition d’un savant soninké Cheikh Madiakho Tandjigoro citant dans son livre « Le Mariage forcé en Islam »: «  la raison d’être de la Charia a été et sera toujours la réalisation du bonheur humain, la concrétisation de l’intérêt matériel et moral, individuel et collectif » et en appuyant par l’avis d’Ibn al-Qayyim al-Jawziyya (691-751) disant : «  le fait d’avoir ignoré cette réalité en Islam a induit des juristes en de graves erreurs de jurisprudence. Cette ignorance entraîna des grandes complications, d’énormes difficultés. Elle poussa des juristes à décréter des préceptes auxquels nul ne peut obéir ni mettre en pratique et dont on sait que la Charia ne peut en aucun cas les avoir décrétés. Car elle est basée sur la sagesse, la prise en compte des intérêts des humains et leur bien-être dans la vie d’ici-bas et l’au-delà. Elle est totalement justice, entièrement grâce, complètement sagesse et définitivement clémence. Toute question légiférée de manière qu’elle sorte de la justice vers l’injustice, de la clémence vers l’oppression, du bien-être vers la souffrance, n’est assurément pas du fait de la Charia, même si on l’y introduit par la force de la rhétorique. »
Nous sommes tous demandeurs de l’application stricte d’une telle Charia avec pareille  profondeur en bien pour l’HOMME et TOUS LES HOMMES dans notre république islamique de la Mauritanie.

Pourquoi la caste sociale d’abord et l’islam après…???

Comme nous l’avons vu plus haut, la problématique raciale et racialiste* est posée entre la composante blanche et la composante noire, alors que celle concernant les castes sociales semble trans ethnique, transcommunautaire et intracommunautaire. Certains de nos milieux politiques et intellectuels s’habituent à une approche simpliste et positiviste des castes sociales dans nos différentes communautés, les considérants comme des piliers organisationnels de nos affaires traditionnelles et coutumières.
Ces voix autorisées raccourcissent tout débat sur le système des castes à une petite histoire des complexés ennemis de l’intérieur qui renient leurs ascendants. Nous savons qu’en dehors tout penchant vers la mauvaise foi, le sens intrinsèque de l’existence de castes c’est qu’elles ne puissent pas se valoir sur TOUT pour NOUS TOUS.
Le système des castes basé sur le determinisme à la naissance de l’individu dans toutes nos communautés, transcende notre supposée identité musulmane commune. Dans ce système, la fraternité par la caste d’appartenance passe en réalité avant celle par l’Islam, voire la perturbe même. Dans certaines communautés (Soninké, peulh et d’autres), le système des castes constitue le socle d’identification par lequel l’individu s’auto disqualifie pour occuper certaines fonctions sociales mêmes symboliques par rapport à d’autres. La société par ce fonctionnement étrange blâme et indexe certains membres qui s’interrogent sur ces dispositions injustifiées religieusement mais mises en avant par les coutumes ancestrales sacralisées à tort à notre sens. Ce n’est pas sur la base des préceptes islamiques que nos organisations sociales traditionnelles interdisent des choses au collectif et à l’individu comme des contre-coutumes et contre-traditions.

Diverses stigmatisations suivent les membres de certaines castes dites inférieures (anciens esclaves, forgerons et d’autres), notamment indignes d’être chef coutumier quel que soit leur âge par rapport à certains d’autres castes. Il est admis explicitement et implicitement dans certains milieux d’entendre le qualificatif d’impur visant certains parmi nous avec qui il faudrait éviter tout lien de sang par le mariage, et par quel Islam osons-nous justifier des telles mentalités… ???
Cette notion «d’impur» visant un groupe d’individus par leur caste supposée explique le récent tollé suscité par le texte  « controversé » de notre jeune compatriote Mohamed Cheikh ould Mohamed MKHEITIR issu de la caste des forgerons. Certainement frustré par une certaine confusion religion-statut social faite par les religieux officiels soutenus par la pensée unique endormie, ce jeune s’est interrogé pour les siens sur la nature des faits historiques de l’’Islam qui légitimeraient les stigmatisations sur les castes dites inférieures d’aujourd’hui dans une république islamique. A ce jour, il est aux arrêts, ALLAH AZZEWEZEL est Témoin et tous les sincères sont témoins qu’il n’est pas plus fautif que les puissants tenants  politico-religieux se croyant défendre le Prophète PSL dans cette Mauritanie plus racialiste* qu’islamique et plus stigmatisant que fraternelle.
Nous le soutenons fièrement et courageusement, et appelons tous les justes de le soutenir dans cette épreuve. Nous savons que d’autres avaient fait et font pire que lui affectant le bien-être et la cohésion du peuple mauritanien dans le passé comme aujourd’hui. L’Islam non exploité et non interprété pour des fins obscures des ego ne déshonore pas, n’humilie pas, ne rabaisse pas, ne discrimine pas et ne stigmatise pas.

*Racialisme et racialiste : ces mots peu utilisés me semblent justes et adéquats pour nommer l’encrage sociologique de mon sujet dont les conséquences donnent le racisme et les racistes.

K.S

Soninkidees-J’ose

24-03-2015 06:30 – Conseil Représentatif des Soninko de Mauritanie : Déclaration

 CRSM – Le 29 mars 2014 s’est tenue à la case une assemblée générale regroupant des soninko toutes appartenances politiques confondues. Cette Assemblée générale a mis en place une commission qui a élaboré un document intitulé,«pour une redéfinition équitable du pacte fondateur de notre nation en construction» qui quelques mois après a été soumis à cette même AG pour validation et ventilation. Ce qui fut fait.

Suite à cette assemblée est crée le Conseil Représentatif des Soninko de Mauritanie. Après avoir publié à un communiqué de solidarité et de soutien aux défenseurs des droits humains, Biram Dah Abeid, Brahim Bilal Ramdhane, Djiby Sow et leurs compagnons arrêtés, jugés et condamnés dans des conditions que l’on sait. 

C’est alors que les éternels thuriféraires soninko de tous les pouvoirs se sont mis en branle. Ils ont multiplié des rencontres et réunions avant d’être reçus par le Président de la République. Ces suppôts du système ont depuis lors engagé une campagne grotesque de mensonge et de dénigrement dans l’unique but de mettre en mal le CRSM, la communauté soninké et le pouvoir en place.

Les réseaux sociaux font état depuis cette date d’une crise au sein des soninko. Au vu de cette situation le CRSM, fidèle à sa vision et à son ambition de mener à bien son combat pour une Mauritanie juste, démocratique et égalitaire, prend à témoin l’opinion et tient à préciser:

– qu’il n’a de problème avec personne en Mauritanie, encore moins avec un Soninké ou un groupe de Soninko ;

– qu’il s’élève contre le système de gouvernance de la Mauritanie ;

– qu’il continuera de défendre l’avenir de la Mauritanie et l’intérêt de tous ses citoyens, y compris ceux qui ne sont pas d’accord avec son discours et sa vision sur la marche actuelle du pays.

Pour dépasser cette situation, le CRSM demeure convaincu que seule la tenue des états généraux de la refondation de notre nation en construction permettra d’asseoir une Mauritanie plurielle, «décommunautarisée » et républicaine.

Nouakchott, le 19 03 2015
Commission de communication 

Source crédit: cridem.org

Soninkidees-J’ose

CETTE POLITIQUE QUI SABOTE L’ETAT-NATION ; TOUS COMPLICES… !!!???

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En Mauritanie il fait partie de nos mœurs politiques que la promotion d’un homme politique ou d’un fonctionnaire soit un symbole très spécial pour les siens. Toutes les dispositions théoriques pour l’exercice démocratique et citoyen des différents pouvoirs sont contenues dans les textes fondamentaux du pays mais le clientélisme règne en maître dans la pratique.
En effet ce clientélisme tisse ses liens sur les pouvoirs tribaux et coutumo-traditionnels à différents niveaux des organes étatiques. Depuis l’indépendance du pays le navire « Mauritanie » est dirigé plus ou moins en représentativité par quota au portefeuille ministériel entre les tribus, les communautés voire les clans familiaux. Au temps du président Maaouiya ould sidi ahmed Taya, à la suite de la relative démocratisation aux débuts des années 90, le parti Prds (Parti républicain,  démocratique et social) au pouvoir avait exploité à fond ce système clientéliste en s’appuyant sur les cadres issus de différentes tribus, communautés et clans.
Ainsi le jeu démocratique libre pour les citoyens fut faussé au profit d’un vote identitaire, clientéliste et clanique à toutes les échelles nationales. Les partis politiques d’opposition qui s’étaient structurés sous un modèle mettant en avant les programmes et les hommes de qualité engagés en dehors de toute cooptation clientéliste n’avaient pas pu suivre la cadence politique loin d’être franche.
Profitant d’un niveau faible d’instruction civique des populations sur le libre exercice du choix politique, le parti-état de Taya avait régné en maître sur la scène politique jusqu’au coup d’état d’août 2005 qui s’apparentait à une révolution de palais. La transition d’après coup d’état s’était soldée en 2007 par l’élection d’un président civil Sidi ould cheikh abdallahi largement soutenu par presque tous les piliers du régime faux mourant de Taya.
Chez les soninkés du Guidimagha les réseaux clientélistes de l’ancien parti état de Taya s’étaient mis au service de Sidi. Ainsi les cadres guidimaghanké de l’ex Prds qui exploitaient les droits citoyens des masses populaires avaient continué les mêmes pratiques pour se servir et servir Sidi. Ce dernier était évincé en 2008 par ceux qui avaient chassé Taya en 2005, les militaires, vrais maîtres du pays depuis 1978 avec Mohamed ould Abdelaziz en tête. Nos leaders politiques clientélistes s’étaient mis en hibernation en attendant le sens du vent pendant la crise politique d’après-putsch.
Juillet 2009, Ould abdelaziz était candidat et pendant la campagne nos politiciens du guidimagha opportunistes dans l’âme ayant servi Taya et Sidi s’étaient recyclés pour servir le général avec les mêmes méthodes c’est à dire exploiter nos faiblesses en culture politique au profit de leurs promotions personnelles. Dans certains milieux au guidimagha, le général semble être le grand président que la Mauritanie n’avait jamais connu par le passé. La finalisation tant espérée du projet le plus visible qui est la route bitumée  » kaedi-gouraye » suffit pour convaincre les masses populaires habituées à ne rien avoir de concret majeur pour l’intérêt général de la part de l’Etat et surtout des cadres issus de la région. Nous sommes habitués plutôt à voir et subir l’influence de certains de nos cadres bien introduits dans les cercles du pouvoir central à Nouakchott au profit de leurs clans familiaux.

Comme du temps de Ould Taya, le pouvoir central continue de s’appuyer sur ces cadres issus de la région prétendant avoir une certaine légitimité quasi exclusive de la représentativité des populations du guidimagha sur la base de l’ancien ordre coutumo-féodal en vigueur dans nos terroirs.
Cet ordre coutumo-féodal est présent chez d’autres communautés noires comme les peulhs et différents régimes étatiques avec le tribalisme beïdane semblent trouver leur versant légitimiste pour régner paisiblement. Par conséquent sur la base d’un tel système traditionaliste du pouvoir nous déduisons aisément pourquoi l’Etat-Nation mauritanien garantissant droits et devoirs pour tous les citoyens en dehors tout determinisme, a toutes les peines d’émerger depuis 53 ans d’existence. Il est lieu de tout relativiser sur la question nationale en Mauritanie, car le système arabo-berbère esclavagiste par passivité tant décrié sous tous les cieux a ses alliés coutumo-féodaux au sein des communautés noires (soninké, peulh et même harratine) allergiques à certains sujets notamment l’esclavage et ses diverses séquelles qui consolident sa pérennité. Imaginons une autonomie même limitée pour les régions du Sud mauritanien, nous verrons l’ancien ordre féodal resurgir avec force et l’émiettement en une multitude des demi-principautés par clans familiaux donc l’actuel état central avec ses innombrables défauts à travailler semble le moins mauvais pour cette étape de notre histoire.
Cependant tous les partis politiques, les mouvements politico-associatifs et les milieux intellectuels œuvrant pour l’avènement de l’état de droit en Mauritanie doivent prendre en compte cette problématique dans leurs débats.

Les élections de 2013; les dangers du vote clientéliste: le cas DAFORT

Le parti au pouvoir UPR (Union pour la république) impose des listes uniques en son nom pour les candidatures, donc pas des listes indépendantes, une situation qui a occasionné des turbulences politiques inédites au sein de la sphère politique du Guidimagha.
Depuis l’élection du général Ould abdelaziz et par la suite la création de son parti l’Upr, toutes les sources villageoises prétendent que toute la population de Dafort village localité principale de la commune de Dafort dans le département de Ould Yengé est pour l’Upr. En réalité cette adhésion quasi forcée à la soviétique masque une division profonde entre deux tendances locales incarnées par les Hayaninko et les Hokolounko.
Hayané et Hokolou sont deux quartiers d’habitation du village Dafort mais surtout deux entités politico-féodales qui transposent leur ancienne rivalité pour le leadership villageois sur l’échiquier politique moderne. Lors des investitures des candidats, les deux camps se sont déchirés faute d’entente sur un candidat du parti Upr pour la Mairie. La tendance Hayané se disant majoritaire a eu l’investiture de son candidat pour l’Upr et la tendance Hokolou quitte le parti en rejoignant le parti Elwiam de Boidiel ould hamoid pour briguer la Mairie avec le maire sortant. Pour une fois dans l’histoire politique daforoise, le maire sortant ne brigue pas sous les couleurs du parti du président de la république.
Le vote clientéliste mauritanien sur le plan national a donné son versant local par cet affrontement clanique sous haute tension comme dans d’autres communes à majorité soninké du Guidimagha. Ainsi pour les citoyens peu avisés sur le libre exercice du droit de vote démocratique classique, les étiquettes des partis de couverture (Upr et Elwiam) sont secondaires voire mêmes sans importance par rapport à leur supposée appartenance clanique.

Les autres localités de la commune se sont vues imposer ce clivage vif et déchirant entre Hayané et Hokolou par différentes manœuvres (promesses politiciennes, divisions, chantages et surtout l’arme du portefeuille : l’argent).
Les programmes et les qualités personnelles des candidats ont été éclipsés par cet enjeu très discutable en soi du “Nous, les légitimes à régner, à diriger et pas vous”
Et si ces appartenances claniques (Hayaninkaxu et Hokolounkaxu) étaient des partis politiques seraient-elles démocratiques par leur fonctionnement interne..???

En effet elles forment deux entités politico-féodales qui fonctionnent en grande partie par la hiérarchisation sociale en vigueur chez les Soninkés qui fait que toutes les composantes ne se valent pas en droits et en devoirs dans l’organisation sociale coutumière. Par exemple le chef coutumier du clan Hayane ou Hokolou est exclusivement une personne issue de la caste HORO en tous lieux quel que soit son âge par rapport aux membres d’autres castes.
Les dispositions intrinsèques de ces entités d’appartenances sont contraires aux valeurs d’égalité entre tous les membres qui les composent en droits et en devoirs. Par ces réalités en contradiction avec le libre exercice du vote citoyen, les personnes issues des castes subissant les stigmatisations par l’histoire et les coutumes avaient une occasion en or, de réfuter toute identification à ces entités coutumo-féodales qui les exploitent dans un affrontement ne relevant pas de la politique classique. Certaines personnes issues des castes dites inférieures dans la stratification sociale soninké souvent des animateurs des festivités de la campagne électorale saisissent rarement leur qualité de citoyens de plein droit pour mettre dans le débat leur éternel statut coutumier de subalterne. Il fallait admettre courageusement qu’on pourrait naitre à Dafort dans n’importe quel quartier d’habitation et partager les positions politiques progressistes et sur programme de tout candidat ou même d’un concitoyen né à Bir Moghrein ou à Djéol.
Si le combat politique s’assume ouvertement en affrontement lié au leadership coutumo-féodal du village, il est sans doute souhaitable et motivant que les anciens esclaves stigmatisés par les coutumes puissent se défaire de toutes les stigmatisations en refusant de se faire utiliser dans un enjeu qui légitimerait plus leur statut coutumier. Dans cette échéance électorale basée sur ce modèle, nous estimons que le futur vainqueur et le futur vaincu sont interchangeables car tous incarnant l’un et l’autre des tendances identitaires ne respectant pas en leur sein les principes démocratiques les plus basiques.
L’Etat-nation mauritanien naitrait si on acceptait d’être plus mauritanien au sens noble de citoyen de plein droit et d’être moins soninké, moins peulh, moins harratine, moins beïdane et moins wolof au sens coutumo-traditionaliste et ethno-tribaliste.

K.S

Soninkidees-J’ose