Mauritanie/ Droits humains : « Sauvons une âme à la fleur de son âge blessée par un viol à Adel Bagrou! » Par Maham Youssouf

En ce moment ci où notre pays fête Elfitr dans la liesse malgré la psychose installé par le COVID 19, une jeune fille et ses siens se torturent dans l’âme et l’esprit.
Cette fille violée et déchiquetée dans son corps ce qui la marquera toute sa vie à tout de même besoin que justice lui soit rendue.
Cette justice même rendue, jamais cette innocente ne sera réhabilitée du fait des séquelles qu’elle traînera toute sa vie.
Cette affaire nième du genre ne doit pas rester impunie et le bourreau doit véritablement répondre de ses actes et doit être ester en justice.
Ces cas répétés de viol de jeunes filles haratines doit susciter une profonde réflexions sur les exégèses sur les quelles certains se basent pour commettre ces crimes de pudeurs et de foi, d’où la nécessité de les tamiser en les passant au peigne fin, afin de les purifier de l’esprit avilissant de l’instinct sexuel.
Finie l’impunité !
Justice pour la victime de viol d’Adel Bagrou!

©️ Crédit source: post FB de l’auteur 23 Mai 2020

La force de chacun, la volonté de tous, le socle de notre Unité.

« Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès »
Nelson Mandela.

Dans nos petites vies miséreuses et sournoises, entre regret et désespoir, dépendance et insuffisance, nous nous enfermons dans un militantisme formaliste qui nous délivre de la solitude de l’âme et qui nous murmure des illusions réconfortantes. Dans le complexe nébuleux de la domination, certains esprits, façonnés par une idéologie négationniste et manipulatrice, par leurs comportements, s’érigent en maitres et possesseurs de la sagesse juste et de la vérité absolue. Ce qu’il faudrait, comme disait A. Hampaté Ba, c’est toujours concéder à son prochain qu’il à une parcelle de vérité et non pas de dire que toute la vérité est à moi, à mon pays, à ma race, à ma religion.

Au comptoir de l’Oncle Marc, dans cette période terrible et angoissante, le militantisme formaliste, avec un cynisme pointu et un mépris qui frise le ridicule, dramatise, minimise, ‘peulinise’ et personnifie ce combat que nous menons collectivement et vaillamment. Cette attitude, incompréhensive et intrigante, dans ses destructions et ses divisions, pour ceux qui ne sont points conscients, ne servent qu’aux cruelles pulsions de ceux qui nous discriminent et qui nous chassent de notre éternel chez nous.

Par conséquent, nous n’avons ni le temps ni la force de nous rouler dans la boue avec ceux qui ont l’habitude d’y séjourner. Nous n’avons ni l’envie ni l’énergie de nous attarder sur des jacqueries et des diatribes méprisantes qui ne servent absolument pas à nous rapprocher de cette volonté d’unifier nos cœurs et nos esprits avec fierté et honneur. Le temps que nous nous accordions à ces mots et virgules, ces ponctuations et ces suspensions, l’oppresseur, quant à lui, sous ce spectacle de cour de récréation, s’étonne même de notre manque de discernement et de notre sens de priorité. Du coup, ayant saisi le sens pointu du détail chez le noir, l’oppresseur, sous un air moqueur et provocateur, nous observe se déchirer sur une mesure, une réforme, une pratique, une injustice qui n’affecte que nous, nos enfants et nos futurs successeurs. Ainsi, nous comprenons la profondeur de la citation de Steve Biko qui professait que l’arme la puissante entre les mains de l’oppresseur est l’esprit de l’oppressé.

La mémoire qui porte l’historique de nos luttes nous fait vivre et nous donne l’impression d’avoir avancé, d’avoir accompli quelque chose et cela nous réconforte dans nos échecs et nos insuffisances, dans nos négligences et notre inconséquence. En remontant le temps, en observant ses écoulements et ses répétitions, nous nous rendons compte que des espérances se perdent dans ce temps qui ne cesse de s’écouler et que notre condition ne cesse de se dégrader.

Ici et maintenant, avec la force de chacun et la volonté de tous, nous pouvons, pour l’amour de notre Communauté, faire émerger de nous-mêmes cet Être Unique et Solide qui nous portera sur ces épaules larges et suffisantes. En acceptant d’être emporté par cet instinct de vivre et non de survivre, de cohabiter et non d’être logé, nous aurions compris que seule la force de chacun et la volonté de tous créeront les fondements de notre Unité. Cela semble toujours impossible jusqu’à ce qu’on le fasse martelait le premier Président noir de l’Afrique du Sud.

Dans ce temps d’injustice et d’assimilation forcée à la culture et à la langue arabe, le soldat qui sommeille en nous s’épuise dans des querelles insignifiantes et nous interpelle. Il nous exhorte d’agir avec intelligence et répartie dans ce jihad contre le beidanisme, dans cette nécessité de chasser la discorde et dans cette urgence de nous unir pour renaitre.

Dans ce temps où l’arbitraire et la provocation nous mettent devant la profondeur de notre division, nos cœurs doivent s’unir et se tenir pour planter les nouvelles graines de notre Unité. Dans ce temps où notre humanité se méprise, se nie et se piétine, nous devons nous réconcilier avec nous-mêmes et chanter haut et fort les actes de courage et de bravoure que nos frères impriment dans la mémoire de Notre Communauté.

Dans ce temps où le racisme se justifie par un satané devoir de réserve qui n’est autre qu’un devoir de silence ; de consentement, notre intelligence, dans ces gymnastiques vertigineuses d’arguments fallacieux et méprisants, doit déconstruire ces discours et nous renseigner sur le véritable sens de nos combats.

Dans ce temps où les journalistes s’érigent en falsificateurs assermentés des faits et semblent même y trouver plaisir, les hommes et les femmes de bonne conscience, par la force qui nourrit leur amour de justice et de paix, doivent tremper leurs plumes dans cette encre encore humide pour peindre de toutes les couleurs et de toutes les coutures, les portraits de nos quotidiens chaotiques et violents. Car, comme disait Thomas Sankara, nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui le monopole de la pensée, de l’imagination et de la créativité.

Des décennies se succèdent et les générations se remplacent dans cet apartheid mortifère qui se ‘nazilise’ à chaque seconde qui s’écoule. D’un mandat présidentiel à un autre, dans un optimisme utopique, nous attendons la venue d’un Messager pour nous libérer et nous unifier. Nous pouvons encore l’entendre ! En revanche, seule la reconnaissance de notre division et de notre condition de colonisés nous aidera à nous retrouver pour aller au front contre ce mal qui nous ronge.

Ce ne serait certainement pas avec un esprit douteux et boiteux qui ne jouit que dans l’affrontement, que nous dessinerons les itinéraires de Notre Unité. L’heure n’est nullement de construire des ponts qui nous divisent et qui nous éloignent. Cette heure, qui se traduit comme un sursaut, est venue nous rappeler que nul d’entre nous n’est en sécurité et que nous risquons tous de se retrouver écraser par les griffes du beidhanisme.

La force de toute société réside dans sa capacité à dépasser ses pulsions et ses sensibilités pour répondre aux besoins des individus. Cette force s’est montrée puissante et prête à se détacher de ses préjugés, de ses caricatures, de ses cynismes et de son optimisme utopique pour nous inciter à nous faire confiance, à nous unir, à nous battre ensemble ; le socle de notre libération.

KIDE Baba Gallé

Mauritanie : le rappeur RJ redonne un sens à la vie pour beaucoup d’enfants | VIDEO |

Cridem Culture – Dans son pays, le rappeur Racine Dia, alias RJ, est une figure symbolique. Il mène aujourd’hui un combat sur le front de l’engagement humanitaire, préférant mettre sa passion musicale entre parenthèses. En cette période de ramadan, pas de répit pour ce rappeur à l’allure de Snoop Dogg. Ce jeudi 14 Mai, nous l’avons suivi, lui et son équipe, dans les rues d’El Mina, une des moughataas de Nouakchott, qui l’a vu grandir. Son eldorado où sa brillante carrière de rappeur a commencé en 2000. Il est 15h, quelque part dans le 6e Arrondissement de Nouakchott. Après avoir filé ses chaussures, RJ jette un dernier coup d’œil sur son carnet dans lequel il a tout consigné, avant de s’engouffrer dans l’une des deux voitures mises gratuitement à sa disposition par des amis de longue date et qui le soutiennent dans sa nouvelle reconversion… Pour cette journée, le rappeur a des urgences à gérer. A l’ordre du jour, une opération de distribution est prévue pour 12 familles. Une à deux fois par semaine, avec son équipe, il prend contact avec des familles, pour distribuer couches, lait, chaussures, vêtements, et autres nécessités pour les enfants. RJ travaille méthodiquement. En cette période de coronavirus, il s’est adapté et tente de s’occuper au mieux des enfants. Au total, il vient en aide à 34 enfants. Certains, d’entre eux, pour la plupart abandonnés, ont été récupérés et placés par ses soins dans une famille d’accueil de confiance. Et d’autres, comme le petit Abou, sont des enfants orphelins. Abou est orphelin de mère et vit avec sa grand-mère. Âgé d’un an et demi, le petit Abou a la joie en poupe, un visage régulièrement fendu par un petit éclat de sourire. Entre lui et RJ, la complicité et la bonne entente battent leur plein. Et le petit le lui rend bien par des sourires qui s’accompagnent du signe «V», un des codes des rappeurs. En cette période de coronavirus, le rayon de soleil nommé RJ bute sur un plafond de verre, ce qui ne l’empêche pas de faire preuve de détermination sans faille. «Ce n’est pas du tout évident de gérer tout cela…mais j’ai des soutiens derrière moi. En général, si je lance un appel, je vois, dans les 24 heures qui suivent, la réponse de bonnes volontés. C’est pour cette raison, je suis rassuré d’une part. Mais d’autre part, je nourris des inquiétudes. L’essentiel de nos aides venait de l’extérieur, mais tout s’est arrêté à cause du coronavirus. Là, on fait avec les moyens du bord, et grâce à Dieu, on a toujours quelque chose pour les enfants. On n’est jamais resté sans rien faire, malgré tout », explique Racine Dia. A côté de ce branle-bas de combat, RJ doit aussi courir dans tous les sens pour inscrire les enfants à l’Etat-civil. En plus de s’occuper d’enfants abandonnés ou des orphelins, RJ fait de son mieux pour s’occuper également des enfants dont les familles n’ont pas de moyens. Comme dans le rap où il fut un « porteur de feu » qui a illuminé de joie de nombreux mélomanes, RJ est devenu aujourd’hui, un phare qui éclaire la nuit de nombreux enfants, lui qui a connu le même destin d’enfant abandonné…

Page Facebook de RJ

Contact : 46.94.48.65////20.25.00.97

Texte par : Babacar Baye NDIAYE

©️ Crédit source: cridem.org

Tribune : « Le général Picquart du désert où la fabrique des héros 2.0 » Par Diallo Saidou dit Thierno

Les sorties tonitruantes du trublion de la diplomatie mauritanienne lui ont valu d’être relevé de ses fonctions juste après une promotion.
La cause, une dénonciation légitime (même si on peut discuter de la manière) des discriminations que subissent les Halpularénes.
Le ministère des affaires étrangères, dans une forme de fourberie sans nom, le remplaça par un de ses amis dont il a dénoncé la marginalisation.

Si les sorties sur les RS de l’intéressé ont fait sensation avec un élan de soutien large. Elle a aussi était l’occasion pour certains, à l’insulte facile, de jeter l’opprobre sur son remplaçant.
Se faisant, les soutiens du diplomate déchu ont voué aux gémonies son remplaçant, tombant ainsi dans le piège sciemment orchestré par l’administration.
Et il est désolant de voir des personnes aguerris politiquement et baigné dans l’histoire, affubler un de leurs semblables de Négre, ce substantif utilisé péjorativement dans la lutte contre l’émancipation des Noirs.

Ainsi les militants 2.0 en manque de repère ont trouvé en ce diplomate déchu un Héros, un Martyr vivant au service de la cause!
Pourtant le récit héroïque qu’on veut nous imposer avec cette figure de l’homme qui se sacrifie pour les Noirs de Mauritanie est plus complexe qu’il n’y parait.

Car cohérence pour cohérence, dans sa dénonciation légitime de manque de diversité dans les dernières nominations au niveau du ministère des affaires étrangères, l’homme ne s’intéresse qu’aux Halpularenes, sa communauté d’extraction oubliant au passage l’ensemble des autres communautés qui sont victimes de marginalisation !

Cohérence pour cohérence, pourtant celui que vous érigez en héros aujourd’hui, était un fervent soutiens du régime actuel durant la campagne présidentielle précédente !

Cohérence pour cohérence, votre héros du jour, il y’a de cela un an traitait la CVE de coalition de toorobbés, invitant vos militants à quitter le navire, preuve à l’appui.

Cohérence pour cohérence, votre héros a fait le choix de dénoncer cette marginalisation sans concertation avec les intéressés. En les citant nominativement, il implique ainsi des gens dans une affaire (légitime soit-elle) sans leurs consentements. Ces derniers découvrent cela sur les RS.

Face à une politique structurelle de marginalisation communautaire, on ne peut opposer une dénonciation de circonstances, au risque que cela s’apparente à une action spectacle.

Les lanceurs d’alertes restent généralement dans les lambris dorés du pouvoir ( pas pour en profiter) afin transmettre à des relais extérieurs des informations pour alerter l’opinion…

Dire cela n’est pas une forme remise en cause du fond, à savoir le combat légitime pour mettre fin à cette saignée dont on est victime dans nos administrations.

Cette petite contribution qui se veut factuelle, n’emportera probablement l’adhésion de beaucoup et tant mieux. Cependant l’auteur que je suis vous invite à porter la contradiction sur le terrain de l’argumentation rationnelle au détriment des diatribes émotionnelles qui me laissent de marbre.

©️ Crédit source: post FB de l’auteur – 21/05/2020

Mauritanie – Tribune : « Les tenants de la pensée unique arabe sont les responsables de l’élimination des négro-africains en Mauritanie » Par Oiga Abdoulaye

L’Authentique – Lorsque les officiers de l’armée mauritanienne se sont emparés du pouvoir de Maître Mokhtar Ould Daddah le 10 juillet 1978, la raison avancée pour justifier ce coup d’état était de mettre fin à la guerre du Sahara.

Mais l’objectif inavoué des initiateurs du coup d’état était de faire de la Mauritanie, pays peuplé de berbères Sanhadja se faisant improprement appeler maures, de peuls, de soninké, de haratine, de wolof et bambara, un pays arabe comme les pays du Maghreb se considérant comme arabes mais dont les populations sont majoritairement des berbères.

Pour atteindre leur objectif, ils ont aussitôt créé une organisation appelée l’Avant-garde civilo-militaire. Cette structure était composée d’idéologues civils et militaires, constituant une minorité de la composante berbère Sanhadja qui se sont imposés au peuple mauritanien par la force des armes et se relaient au pouvoir jusqu’à nos jours.

Ils ont importé de l’Iraq la pensée unique arabe. Les éléments de l’avant-garde civilo-militaire se considérant comme arabes, la pense unique arabe a pour objet de faire des populations non arabes, c’est-à-dire soninké, peul, wolof et bambara des arabes. En cas de refus de la part de ces communautés les combattre de la manière suivante : 1/3 est expulsé hors du pays, 1/3 exterminé et le 1/3 est dépossédé de ses moyens de subsistance (salaires, maisons, terres de culture et autres) et devient pauvre et anéanti c’est cette politique qui a été appliquée lors des événements tragiques de années 89-90-91.

L’avant-garde civilo-militaire a placé ses éléments chargés d’appliquer leur politique d’arabisation, et d’éliminer des composantes négro-mauritaniennes dans tous les points stratégiques de l’état.

Ainsi, les services des examens, la Direction de la fonction publique, la commission nationale des concours, la Télévision, la Radio Mauritanie ont été tous confiés à des personnes ayant adhéré à leur idéologie.

Le service des examens de tous les échelons de l’enseignement était chargé de filtrer et d’éliminer les négros-Mauritaniens admis, aux différents examens et concours. La Direction de la fonction publique était quant à elle chargée de précipiter le départ à la retraite de tous les cadres négros-mauritaniens. Les programmes de la télévision étaient dominés par ceux de la composante berbère Sanhadja (Maure).

C’est l’avant-garde civilo-militaire qui a dirigé le pays depuis le 10 juillet 1978 à nos jours. Tous les présidents qui se sont succédés au pouvoir ont gouverné sous la direction de cet avant-garde en appliquant la politique de la pensée unique arabe à l’exception de cinq d’entre eux. Il s’agit des présidents : Moustapha Ould Med Saleck, Ahmed Ould Bousseif, Mohamed Mahmoud Ahmed Louly, Mohamed Khouna ould Haïdala, Sidi Ould Cheikh Abdallah.

Ely Ould Mohamed Vall était chargé de la transition, pour préparer les conditions d’un retour à un pouvoir civil et ne pouvait en aucun cas adhérer à une telle théorie. Tous les postes de responsabilité au plan régional, départemental ainsi qu’au niveau de l’administration générale des forces armées et de sécurité sont confiés à des personnes qui adhèrent à la politique de la pensée unique arabe et acceptent de l’appliquer dans leur domaine de compétence.

Le président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya lui aussi avait au début refusé d’appliquer la politique de la pensée unique arabe. Pour l’amener à adhérer à leur politique, les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont poussé les militaires négro-mauritaniens à faire un coup d’état contre lui sans que ces derniers ne s’en rendent compte. Le coup d’état de 1987 ayant donc échoué, Maaouya a fait exécuter 3 des auteurs du coup d’état.

Pour les éléments de l’avant-garde, le président Maaouya devait profiter de cette occasion pour exterminer tous les militaires et civils négro-mauritaniens du pays – Maaouya n’ayant pas fait ce qu’ils voulaient, ces derniers se sont retournés contre lui, en organisant à leur tour un coup d’état en 1988 pour réaliser leur souhait, mais ce coup d’état a lui aussi échoué.

A cette occasion, Maaouya, n’a exécuté aucun élément des auteurs du coup d’état, mais radié des forces armées et de sécurité 400 officiers, sous-officiers et hommes de troupes tous de la composante berbère Sanhadja. Le coup d’état des militaires négros-mauritaniens de 1987 ayant convaincu Maaouya pour l’application de la politique de la pensée unique arabe, les éléments de l’Avant-garde se sont organisés pour préparer les événements des années 1989,90-91.

Evénements au cour desquels, les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont mis en application leur théorie en expulsant 1/3 de la population négro-mauritanienne vers le Sénégal et le Mali, exterminant 1/3 et le 1/3 restant réduit au néant. Seuls Maaouya et Mohamed Ould Abdel Aziz ont accepté d’appliquer aux négros-mauritaniens la politique de la pensée unique arabe parce qu’ils tenaient à rester au pouvoir. Ce qui justifie leur durée au pouvoir. Tous les autres présidents qui ont refusé ont été demis de leur fonction.

Si les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont pu contrôler et imposer leur politique aux différents régimes, c’est parce qu’ils tiraient leur force de l’appui qu’ils recevaient des régimes d’où ils ont importé la pense unique arabe, avant que ces derniers ne tombent en disgrâce. A partir de l’année 2017, quand ces régimes ont connu des difficultés, pour ne pas dire tombés en déliquescence, les éléments de l’avant-garde durement affaiblis, le président Mohamed Ould Abdel Aziz enfin de règne a commencé à les combattre. Il y a eu donc divorce entre lui et l’avant-garde civilo-militaire. Les points de divorce que j’ai constatés sont les suivants :

1. Les articles de l’un de leurs membres influents pour ne pas dire leur chef critiquait le régime du président Aziz.

2. Le fait que le parti Sawab ait parrainé la candidature de Monsieur Birame Ould Dah Ould Abeid qu’ils considèrent comme un ennemi du président Aziz.

3. La mise en place des commissions départementales, communales de recensement des populations.

4. La marche organisée et dirigée par le président Aziz le 9 janvier 2019 contre le racisme et le discours violent.

5. Le fait de débaptiser l’avenue Gamal Abdel Nasser quand on sait ce que représente le président Nasser pour le monde arabe et le continent africain.

6. Le soutien apporté par les éléments de l’avant-garde à Monsieur Sidi Mohamed Ould Boubacar contre le candidat de Monsieur Abdel Aziz lors des élections présidentielles de juin 2019.

Ce sont ces points que mon analyse de la situation politique du pays m’a amené à considérer comme des points de divorce entre Mohamed Ould Abdel Aziz et ses complices d’hier. Il reste à les confirmer ou à les infirmer.

Je dirai aux membres de l’Avant-garde civilo-militaire qu’Allah nous a enseigné, et l’histoire passée et présente nous l’a prouvé que les hommes qui se considèrent supérieurs à d’autres communautés comme c’est leur cas, soit par leur naissance, ou leur puissance financière où militaire, finiront toujours par s’autodétruire ou à être détruits – les exemples des hébreux (peuple élu), d’Hitler, du Rwanda dans le passé et ceux de l’Iraq, de Syrie, de la Libye, du Yemen, de l’Egypte, de la Tunisie, du Soudan et de l’Algérie aujourd’hui en sont une preuve éclatante. Ces exemples sont à méditer.

Toute cette histoire, désormais appartient au passé de notre pays. Tournons nous maintenant vers l’avenir.

Nous espérons et souhaitons qu’avec l’arrivée du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au pouvoir, ce sera l’occasion pour lui de rompre et de tourner de façon définitive cette page douloureuse et sombre de l’histoire notre pays.

Si le président Mohamed Cheikh El Ghazouani arrive à se libérer du contrôle de son régime par les éléments de l’avant-garde civilo-militaire comme l’a commencé le président Mohamed Ould Abdel Aziz et qu’il instaure une politique de justice et d’égalité entre les composantes de notre pays, il réconciliera le peuple mauritanien. Je suis convaincu que si nos potentialités économiques que sont le poisson, le cheptel, le fer, le cuivre, l’Or, la bauxite, le gypse, le pétrole, le gaz, l’agriculture, le sable, le soleil, les dattes, les marbres, etc. sont exploités judicieusement et distribuées de manière juste et égalitaire aux 3.500.000 citoyens, chaque famille pourra être logée, nourrie, soignée, éduquée, et bénéficier de l’eau et de l’électricité gratuitement.

Si par contre nous continuions sur la même lancée, l’homme qui arrive au pouvoir avec sa famille et ses alliés une minorité ne représentant même pas 10% de la population se partagent les 90% de ces richesses, ne laissant au 90% de la population que les 10% de ces richesses je crains que cela ne conduise à terme notre pays vers une guerre civile.

Qu’Allah protège notre chère Mauritanie (Amine)

Oiga Abdoulaye

©️ Crédit source: http://cridem.org/C_Info.php?article=736224

Mauritanie, Abou Hafs: Le projet de loi sur le genre est dictée par les organisations et pays occidentaux mécréants (Audio transcrit , Source le Calame)

Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux
Louange à Allah, nous Le louons, implorons Son aide,⁰ Lui demandons pardon et cherchons refuge auprès de Lui contre nos propres maux et contre les actions mauvaises que nous serions amenés à commettre. Celui qu’Allah guide dans le bon sens ne peut être désorienté par qui que ce soit et celui qui est désorienté ne peut n’est pas guidé vers la bonne direction. J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu qu’Allah seul qui n’a pas de partenaire et j’atteste que Mohamed est Son serviteur et Son messager Et je témoigne que Muhammad est son serviteur et messager, que celui-ci a fait parvenir le Message, s’en est acquitté avec honnêteté, a servi loyalement la Nation et a accompli le Jihad jusqu’au bout sur la voie d’Allah.


La loi sur le genre ou la loi portant protection de la femme et de la jeune fille, comme elle a été appelée récemment, est une dangereuse loi. Il s’agit d’une très mauvaise loi. Cette loi réunit plusieurs défauts : c’est une législation ne tenant pas compte d’Allah, qui est contraire à la chariaa, qui est choquante, qui tranche avec les valeurs et la morale de la communauté musulmane. Il s’agit d’un texte qui participe à la destruction du foyer familial, à la désintégration du tissu social et qui représente une injustice à l’endroit de la femme et de l’homme, tous les deux. Nous passerons ultérieurement les articles de ce texte, qui sont en porte à faux avec le Coran, la Sunna et avec les questions faisant objet de consensus à travers la Oumma islamique.


Pour le moment, ce n’est pas le lieu de nous arrêter sur ces différents points parce qu’il s’agit ici de faire des interventions succinctes en réponse aux questions posées durant le présent épisode de cette émission.


Le plus grave, s’agissant de cette loi et là où elle contrevient le plus aux normes islamiques, c’est qu’elle représente une législation qui ne tient pas compte d’Allah Le-Tout-Puissant. Or, Allah le Tout-Haut dit : « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants. » Et Il dit : « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont des injustes. » Et encore : « Ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers. » (Sourate Al MA’IDA, versets 44, 45 et 47)
Et comme c’est exclusivement Allah qui est vénéré, c’est aussi Lui seul qui légifère. Allah est donc seul à monopoliser le droit d’être vénéré et de légiférer et il a dit : « et Il n’associe personne à Son commandement. » et aussi « Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe dans son adoration aucun à son Seigneur ». (Sourate Al Kahf, versets 26 et 110) La loi en question est une législation qui ne tient pas compte des obligations islamiques et n’est guère autorisée par Allah car elle contredit le Livre, la Sunna et le consensus de la Oumma.
La deuxième raison qui fait que nous nous tenons contre cette loi, que nous œuvrons pour son rejet et appelons tout le monde à y contribuer, c’est qu’il s’agit d’un texte qui incarne l’obéissance aux mécréants sur des points contraires aux ordres de la religion islamique. Allah dit : « Si vous leur obéissez, vous deviendrez certes des associateurs. » (Sourate Al AN’Am, verset 121). L’obéissance aux mécréants sur des sujets contraires aux prescriptions religieuses représente une entorse à l’obligation de croire à l’unicité d’Allah (chirk), comme c’est dit expressément dans le Saint Coran. Et cette loi, c’est connu, est imposée par des organisations internationales, des forces et des associations dont l’ONU, les Etats occidentaux qui œuvrent ensemble à la destruction de la famille islamique à travers l’adoption de lois pareilles. Cela apparaît clairement à travers la formulation de ce texte, à travers son contenu et à travers la nature des milieux qui militent à son adoption. Même, après la 3e révision de ce texte, certains parmi ses articles comprennent toujours des expressions et des contenus qui montrent qu’il s’agit bel et bien d’un texte imposé de l’étranger, qui n’a rien à avoir avec notre religion ni avec notre culture, ni avec nos valeurs ni avec nos coutumes.
L’autre question, qui nous dicte de nous opposer à cette loi, c’est qu’elle est en porte à faux avec la constitution. La loi fondamentale de la République Islamique de Mauritanie précise que la Chariaa islamique est l’unique source de législation. Elle proclame en son préambule, l’attachement à la religion islamique, précise que la Mauritanie est une République islamique et que l’Islam est la religion du peuple et de l’Etat. En conséquence, toute loi et toute disposition contraire à l’Islam est, par la force des choses, anticonstitutionnelle et est donc nulle et non avenue.
Parmi les articles de cette loi et qui sont clairement en porte à faux avec le Livre, la Sunna et le consensus des oulémas de la Oumma, il y a que ce texte considère comme un crime le fait pour un époux d’encadrer sa femme, de la discipliner en recourant même s’il le faut à la sanction physique autorisée par Allah quand Il dit : « Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les ». (Sourate Annissa, verset 34). Cette sanction physique, consistant à battre la femme sans atrocité, sans provoquer de blessures ou de fractures sans méchanceté, déterminée par le législateur islamique, est déclarée licite par le Saint Coran alors que du point de vue de cette loi, cela représente un crime qui est réprimé. Parmi les articles expressément contraires au Livre, à la Sunna et au consensus des oulémas, il y a le fait pour cette loi de stipuler que l’époux ne saurait imposer un quelconque comportement ou attitude à son épouse sous peine de se voir appliquer une peine d’emprisonnement. Or, du point de vue de la Chariaa, l’époux est le responsable du foyer et c’est à lui qu’incombent tous les devoirs envers la famille. Allah dit en ce sens : « Ô vous qui avez cru! Préservez vos personnes et vos familles, d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres » Sourate Ettahrim, verset 6. Et Il dit : « Et commande à ta famille la Salat, et fais-la avec persévérance ». (Sourate TAHA, verset 132) Donc, si un époux impose à sa femme de porter le voile et de ne sortir que si elle le porte, ceci est considéré comme un crime du point de vue de cette loi. Imaginez là que si un père empêche, par exemple, sa fille de suivre un film pornographique, cette loi donne à cette fille le droit de porter plainte contre lui pour l’avoir empêchée de jouir d’un droit culturel qui lui est reconnu. Si d’aventure cette fille ne porte pas plainte, la loi confère aux organisations féminines de le faire en ses lieux et place. Si ces organisations le font, le père sera puni pour avoir empêché sa fille de suivre le film en question, la mère de la fille sera sanctionnée pour ne pas avoir dénoncé son mari et les enfants seront punis eux-aussi pour ne pas avoir porté le crime commis par leur géniteur à la connaissance de la justice. Vous vous imaginez tous les graves développements pouvant naître de cette catastrophe ! Ce ne sont là que des exemples et les circonstances ne permettent pas de citer tous les cas de figures pouvant résulter de l’adoption de ce texte. Le tout, sans compter que cette loi a consacré les peines prévues par le droit positif auxquelles elle a cédé la place des sanctions instituées par le code pénal islamique.
En plus de tout cela, ils ont dit que l’objectif visé par cette loi est la protection de la femme, de l’épouse et de la jeune fille alors qu’en réalité, elle ne leur confère aucune protection. La preuve en est que dans les pays occidentaux et dans les pays islamiques qui ont adopté cette loi, il y a une recrudescence des crimes de viol et d’agression contre les femmes qui dépassent 10 fois le taux de faits similaires en pays où cette loi n’est pas en vigueur. A chaque minute qui passe, il y a des centaines de viols et d’agressions contre les femmes dans les pays occidentaux où cette loi est appliquée alors que les autres pays respectueux de leurs valeurs religieuses et culturelles, qui n’appliquent pas cette loi, ne leur sont pas comparables du point de vue de la fréquence de ces faits répréhensibles.
En réalité, cette loi ne préserve pas la dignité de la femme, ne protège pas ses droits mais, au contraire, consacre une injustice contre elle et contre l’homme également. Parce que tout jugement qui n’est dérivé des lois divines représente une injustice. Allah Le-Tout-Puissant a dit : « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants ». (Sourate AL MA’IDA, verset 44).
Et ce qui est curieux, c’est que cette loi n’a pas fait cas de droits fondamentaux de la femme et de la jeune fille qu’Allah a imposés et garantis. Cette loi ne parle pas du droit de la mère à jouir de l’obéissance et de la bonté de ses enfants et ne fait pas cas du droit de la jeune fille à l’éducation, à la préservation de sa dignité et aux bons soins des parents. Cette loi se limite à parler de certains aspects visant à détruire la famille et à la faire dévier par rapport à la législation islamique. Donc, c’est une loi contraire à la chariaa qui matérialise la soumission aux mécréants et l’obéissance à eux en ce qui concerne des questions prohibées par la religion. En plus, elle est anticonstitutionnelle parce que la loi fondamentale stipule que la chariaa est source de droit ; elle est contraire à nos valeurs, à notre culture,
constitue une menace pour la famille et n’apporte rien à la protection de la femme et à la garantie de ses droits. De ce fait, on doit combattre cette loi et œuvrer à son rejet.

Audio whatsapp du 17 mai 2020

©️ Crédit source: le Calame via adrar.info http://adrar-info.net/?p=62981

Mauritanie : Un officier de police judiciaire viole une mineure descendante d’esclave

🔹️Note d’information

Le 15 mai, le juge d’instruction et le ministère public de la ville d’Aïoun, chef-lieu de la région du Hodh occidental, inculpent, de « viol sur mineure » et « transgression des préceptes de Dieu », le Commandant de la gendarmerie de la localité de Twil. Certes, les juges ont ignoré les délits flagrants d’exploitation de mineur(e), d’obstruction à la loi et les tentatives de subornation de témoin, mais ils viennent d’ordonner le dépôt du prévenu, en prison. Il est rare, en Mauritanie, que des agents de la force publique répondent de leurs excès de pouvoir. Il convient de souligner l’importance de l’évènement, non sans en dérouler la genèse et les avatars, quand ils attestent des atteintes caractérisées à la dignité de la personne.

Le déclenchement

Le 12 mai 2020, la section Ira-M de la région du Hodh Elgharbi, à Aïoun, apprend que le commandant de la brigade de gendarmerie dans l’arrondissement de Twil, a été dénoncé par la mère et l’oncle d’une fillette de 12 ans, victime de sévices sexuels. L’enfant, Toutou Mint Kaber, est hartania, c’est à dire issue de la communauté des descendants d’esclaves que la terminologie pudique des gouvernements de Mauritanie, qualifie de « couche vulnérable » ; il s’agit du groupe social le moins exposé à l’instruction, aux services universels de base et sans doute le plus familier de la misère. Au lendemain de la nouvelle, le responsable local de d’Ira, Elhacen Ould Saleck et son adjoint Hamadi Ould Abeidallahi, se transportent vers Twil. La délégation, grâce à ses investigations sur le terrain et aux témoignages de proches, a pu recueillir, situer et corroborer les faits suivants :

  1. L’ultime responsable de la sureté des lieux et de la police judiciaire à Twil, le commandant de la brigade de gendarmerie Ahmed Taleb Ould Elmokhtar Ould Cheikh, a loué la fillette Toutou, pour le ménage et les menues commodités de la maison, depuis le début de l’année 2020. Celle-ci œuvrait, chez lui, comme domestique, en contrepartie de subsides d’un montant indéfini, dont sa maman jouissait. Pauvre et démunie, la mère habitait une manière de galetas, parmi d’autres logement de fortune, à proximité de la demeure du protecteur. La maman, Arba Mint Kaber, dit avoir installé sa hutte près du domicile d’un représentant de l’Etat. Ainsi, elle bénéficierait de la sécurité et de la justice, souci en vertu duquel, elle plaçait sa fille chez un gradé de gendarmerie mais aussi afin de gagner une meilleure nourriture et améliorer l’ordinaire.
  2. Or, au début du mois de mai 2020, la jeune employée de logis se sentait malade et se plaignait de douleurs et d’un mal-être diffus. Son employeur, l’officier de police judiciaire, l’emmène au centre médical où le personnel de santé informe, Ahmed Taleb Ould Elmokhtar Ould Cheikh, que sa servante se trouve en grossesse, de trois mois ou plus. Le gendarme aurait demandé, à ses interlocuteurs, de procéder à l’avortement mais ils se seraient abstenus de déférer à de telles instances. Le représentant de l’Etat décide, alors, de recourir à l’oncle maternel de la petite, le sieur Sghair Ould Kaber, auquel il promet 15 mille ouguiyas nouvelles, soit 340 euros, en compensation du silence des parents ; en « bon musulman », il promet de convoler avec la fillette grosse de ses œuvres, selon les prescriptions de la charia, dès qu’elle accoucherait. L’oncle décline la proposition et demande, d’abord au gendarme, d’avouer son forfait. Ce dernier élude la réponse, ajourne la discussion et accorde rendez-vous, à son contradicteur, chez les parents de la victime, en soirée du 11 mai 2020. À l’heure dite, le visiteur arrive, en compagnie d’une imposante députation de notables locaux, sous la conduite du maire de Twil. Devant témoins, il propose de remettre, aux parents 100 mille ouguiyas – 2400 euros – en guise de forfait, assorti de l’engagement définitif à clore le contentieux, ici et maintenant.

Le dérapage

  1. La famille refuse l’offre d’arrangement. Le commandant de brigade, furieux de subir l’affront en assemblée, lance un défi, à la cantonade : « aucune autorité et aucune justice ne me fait peur ; allez, vous plaindre là où vous voulez ! » Aussi, le matin du 12 mai, la mère et l’oncle, accompagnés par la fillette, portent-ils plainte au chef d’arrondissement de Twil, qui relève de l’autorité administrative, en somme le Ministère de l’Intérieur. Selon les requérants, le fonctionnaire fut très ému par le récit et surtout le détail circonstancié de la contrainte à visée sexuelle. Aussitôt, il rédige une lettre adressée au Procureur de la république du tribunal du Hod Elgharbi. Il y stipule que la fillette Toutou confirme ses griefs contre le commandant de brigade de la gendarmerie de Twil et transmet l’affaire à la compétence du magistrat.
  2. Le soir du 12 mai, la victime, sa mère et l’oncle, sont arrêtés et mis en cachot dans les locaux de la brigade de gendarmerie. Et jusqu’à la fin de la journée du 14 mai, les trois ont pris la place du bourreau, conformément à la jurisprudence factuelle de la république islamique de Mauritanie ; selon les témoignages concordants, les prisonniers subissent les intimidations et brimades, pour modifier leurs témoignages et imputer les faits délictueux à d’autres auteurs, notamment parmi la communauté d’ascendance servile. Les anciens maîtres maures, ne devant répondre du viol sur une mineure noire, la gendarmerie de Twil interpelle trois jeunes hratin du village et d’alentour ; deux d’entre eux restaient, en détention, le 14 mai. L’Apartheid empirique de Mauritanie commande la poursuite et la condamnation des coupables de substitution, de sorte que l’impunité, continue d’assurer, à une frange de la population, la garantie de sa prééminence.

Enseignements et recommandations

De facto, la Mauritanie ne protège, les mineurs, de l’asservissement par les adultes, malgré son empressement à signer les normales mondiales en faveur de l’enfance. Pour des raisons à la fois religieuses et anthropologiques, l’opinion accorde, aux parents, une souveraineté déliée sur leur progéniture. Ainsi, des milliers de fillettes et de garçonnets s’échinent-ils au labeur, à l’abri de la moindre assurance-santé ou protection contre l’abus, en particulier la maltraitance, l’usage de la correction corporelle, le mariage forcé et les mutilations génitales féminines ; le salaire, s’il y en, est souvent versé au tuteur. La pratique concerne, à une majorité écrasante, les rejetons de familles hratine, en bas-âge. La présence de ces ombres noires ponctue le quotidien de beaucoup de foyers arabo-berbères où elle perpétue la division raciale du travail, legs de siècles d’esclavage à sens unique ; néanmoins, la barbarie envers les mineurs, surtout les filles, n’épargne aucun milieu. La société tolère les pratiques de l’infériorité infantile et considère, avec méfiance et fanatisme, l’intervention de l’Etat ou du magistrat, au secours du mineur menacé par les siens.

En Mauritanie, le moment est venu de ratifier l’ensemble des instruments de droit international, protecteurs de la femme et de l’enfance – dont, en premier, le protocole de Maputo à la Charte africaine – et les inscrire dans le corpus juridique du pays, à l’occasion d’une loi spécifique. Alors que le Parlement examinera bientôt les termes du projet de pénalisation de la violence au genre, Ira Mauritanie propose, à ses alliés dans l’Assemblée nationale, de s’efforcer, en synergie, à l’éclosion d’une norme qui préserve, les non-majeurs, des outrances et de la débauche, infligés au sein de la parentèle et sous l’immunité des liens du sang. A cette fin, le Commissariat aux Droits de l’homme, à la lutte contre la Pauvreté et à l’insertion est tenu, statistiques à l’appui, de produire et réactualiser, pour les besoins de la comparaison et de la prévention, une cartographie de la vulnérabilité selon l’âge.

Initiative de résurgence abolitioniste en Mauritanie (Ira-M)


Nouakchott, le 15 mai 20120