L’éditorial: le coût de l’hypocrisie, par Camara Seydi Moussa 


Hypocrites sont les Mauritaniens dans leur écrasante majorité. Une malheureuse caractéristique qu’ils se partagent, sans discrimination… Ce comportement s’exprime dans tous les actes posés. 

Exemple : On sort d’un referendum où les bureaux de vote à Nouakchott ont été délaissés par les électeurs alors que l’affluence au meeting de clôture présidé dans la même ville par Ould Abdel Aziz a été historique.
Mais l’illustration la plus parfaite de ce vécu mauritanien est l’aspect organisationnel qui a entouré les visites du Président dans les quartiers à Nouakchott et particulièrement le quartier Sebkha ou 5ème Arrdt. Cette visite aux populations par le Président renseigne, une fois encore, sur le degré de la puissance de l’auto-manipulation (se mentir à soi-même) du système comme dans un passé récent où on créait des villages tout le long du trajet qu’empruntait le Président Maaouya. Des villages qui avaient comme durée de vie le temps du passage ou de l’écarquillement des yeux du chef. C’était l’expression totale de l’hypocrisie. Et rien n’a changé.
Ces rencontres hautement médiatisées ont été, dit-on, destinées au bas peuple même si certains caciques politiques locaux n’ont pas raté l’occasion de prendre la parole pour faire les louanges de l’hôte spécial du jour. Mieux. La palme d’or de la honte comportementale est revenue aux services de la mairie. La Communauté urbaine et la garde nationale ont déployé les moyens nécessaires pour dératiser, dépolluer et désinfecter pour requinquer l’image du quartier afin de recevoir le chef dans un environnement sain. Un chef qui est venu voir et comprendre le vécu des hommes et femmes de ces quartiers qui se confondent avec la pauvreté humaine primaire.
Mais le Président ne verra pas les eaux puantes, verdâtres et boueuses dans lesquelles ces populations pataugent depuis plus de deux ans. Ces sources d’épidémies et signes principaux d’impécuniosité ont hypocritement disparu. Ce décor naturel de la zone (quartier Sebkha) ne sera pas vu par Ould Abdel Aziz. La souffrance des ces pauvres hères doit être cachée pour le temps de la visite du Président. Une décision des organisateurs de ces visites et grandement exécutée par les services de madame la maire appuyée par la garde nationale.
Une hypocrisie malsaine qui témoigne du peu d’intérêt des services de la mairie mais surtout du sommet de l’Etat de la vie et de l’existence de ces misérables populations. Ces populations qui ont comme compagnons les mouches et les moustiques dans des odeurs intenables, une situation qui n’a jamais réellement préoccupé la Communauté urbaine. Un service public qui se transforme de jour en jour en boutique d’une dame sans projet ni ambition pour la ville de Nouakchott, la capitale-poubelle. Un autre crime de la Communauté urbaine et l’élite du pays que les populations qui ont pris la parole pour l’occasion n’ont pas su relever. Triste sort. 
Comme disait Thomas Sankara « L’esclave, qui n’est pas capable d’assumer sa révolte, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Seule la lutte paie » 
Pour cette magnifique occasion qui s’offrait aux populations pour parler de leur situation, on parla surtout de l’alcool frelaté (Soumsoum), d’insécurité, d’étrangers ou de la musique de la gent juvénile et autres. Et on voit les « proches collaborateurs » qui accompagnent le Président prendre note…
Le coût de cette hypocrisie, aujourd’hui, est tout simplement la déchéance à tous les niveaux. La Mauritanie se transforme en une société de mythomanes, de tricheurs, de tireurs à flanc où tout est farce. 
Ici et là en Mauritanie, fais ce que tu veux où tu veux et comme tu veux, personne ne te prendra au sérieux même si tu es sérieux… Car le menteur et le flagorneur sont déjà passés par là. On est réellement perdu. Les valeurs s’écartèlent entre pilleurs et collabos et la confusion est entretenue : le digne citoyen et le citoyen fourbe sont fêtés de la même façon.
L’honneur s’est éclipsé pour laisser s’installer la comédie et nos valeurs d’hommes libres – produits d’une belle et rayonnante histoire multiforme, multiséculaire et multidimensionnelle- s’atrophient par la translation de l’autre moi sur notre moi. 
La Mauritanie a perdu son chemin.

Camara Seydi Moussa



Source: la Nouvelle Expression 

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​Libérer les femmes (2) : Unité d’origine, égalité intrinsèque, Par Ousmane TIMERA 

Ni d’orient ni d’occident. Ma plume vise ce qui est au-delà : l’humain. Femme ou homme, riche ou pauvre, vieux ou jeune, noir ou blanc, c’est l’humanité en tant que telle par-delà les spécificités qui est la raison de notre résistance contre ce qui l’aliène, le but de nos efforts pour ce qui l’élève.
C’est elle qui a travers l’esclave est réduite à l’animalité. C’est elle qui se perd lorsque les femmes sont par la domination réduite au rang d’objet. C’est toujours elle qui se vend à vil prix quand la pauvreté dévore ses membres, que la prostitution la déshabille de sa dignité et que le mépris vient accuser les victimes d’être les auteurs de leurs malheurs. C’est Adam qui devant Satan se prosterne avec Eve couchée à ses pieds. 
Libérer la femme donc, au même titre que l’homme, l’esclave, l’exploité, l’immigré, la veuve et l’orphelin, est ce sans quoi l’humanité se perd. C’est ce que l’Islam entend réaliser en libérant la volonté humaine civilisatrice, afin de la mettre en relation avec la volonté divine créatrice. La première doit être en paix (islam) avec la seconde et se vouer à elle (Islam) pour se réaliser pleinement.
Femmes et hommes : une origine commune pleine de sens
Mais un obstacle à cela se dresse et brouille les esprits. Il faut l’abattre. Les mots alors s’arment de sagesse. Les signes du Livre les leurs fournissent. Il porte l’infini générosité de son auteur. Leurs frappes sont précises. Elles prennent à la racine le problème et donnent à la réforme son fondement. La dignité, la liberté, la responsabilité de la femme et donc de l’homme, de l’homme et donc de la femme et l’égalité qui fonde leur relation en découlent. L’origine énonce le principe :
« Humains ! ayez conscience de votre seigneur-éducateur qui vous a créé d’une seule âme et dont il créa sa paire et de ce couple il dissémina nombre d’hommes et de femmes. Ayez crainte et conscience de Dieu par qui vous donnez mutuellement soutien ainsi que les liens familiaux » (S4 ; s1).
Une seule âme ! Tous en sont issus. Un seul être qui devint deux. Lequel était mâle ? Lequel était femelle ? Là n’est pas la question. Elle ne se pose pas. Puisqu’il n’y a l’un que si l’autre est. L’un et l’autre en fait sont le même. Mais quand bien même cette interrogation devait s’imposé peu ne s’en faille que le Coran aille dans le sens contraire de ce qui s’est installé dans les conscience : selon les passages S6 ; s98 et S7 ; s189, il semblerait que la femelle ait devancé le masculin qui vint trouver tranquillité auprès d’elle et la féconda. En tous les cas, quoi qu’il en soit, les deux ont la même origine, avant toute détermination sexuelle qui viendra après le dédoublement de cette être, cette âme unique. C’est ce que le Coran veut démontrer. 
Est-ce là une interprétation mielleuse et moderniste de ma part ? Voyons ces fameux autres passages qui montrent un autre aspect du tableau fait de nos origines.
« Il est celui qui vous fit émerger d’un seul être, d’une seule âme, puis (se dédoubla en) réceptacle (féminin) et dépositaire (masculin). Nous exposons ainsi les signes pour des gens qui comprennent en profondeur » (S6 ; s98).
 Il vous a créés à partir d’un seule âme dont il fit sa paire (zawj qui est un terme indéterminé l’autre parti du couple, féminin ou masculin) pour qu’il vive (yaskuna, au masculin) en tranquillité auprès d’elle (ilayha au féminin). Puis, quand il la recouvra, elle porta une légère grossesse, dont elle ne prit garde. Puis, quand elle s’alourdit, tous deux invoquèrent Dieu, leur Seigneur : « Si tu nous donnes un juste, nous serons certainement du nombre des reconnaissants » (S7; s189).
La dualité femelle-mâle est advenue de l’unité primordiale de l’âme unique, qui est devenue par la suite l’une et l’autre (ou l’une après l’autre pour ceux qui veulent coute que coute un premier). Il n’y a pas ici de soi-disant côte tirée de l’homme pour créer la femme. Ni l’idée que celle-ci fut créée pour combler l’ennui de l’homme seul au paradis, comme le relate la bible, reprise par l’inconséquence musulmane. L’une et l’autre ensemble furent créés. L’un est solidaire de l’autre en existence, de sorte que parler de l’autre c’est dire que l’autre est là. Adam n’est pas sans Eve, même quand il est cité seul, comme le reste de l’humanité est par eux deux représentée.
La femme n’est ni côte, ni tordue
Vous comprenez pourquoi imbiber de ces passages, je ne peux qu’être surpris, voire irrité, d’entendre en long et en large cette histoire de femme tordue par essence, si propagées dans le discours musulman, jusqu’à vouloir y trouver des justifications psychologiques et scientifiques qui ne valent pas l’air qui servit à les proférer.
Mêmes des femmes, musulmanes en l’occurrence, n’hésitent pas à dire d’elles, et elles sont nombreuses, qu’elles sont intérieurement courbées, « tordues » telle une côte. C’est ce qu’une sœur d’ailleurs me balançait lorsqu’elle essayait de me retenir lors d’une intervention pour régler un problème, au sein du centre culturel que je dirigeais : « tu sais, me dit-elle, il ne faut être trop exigeant. Tu as raison mais nous les femmes on a été créées à partir d’une cote tordue. Tu le sais bien, hein !.., tu connais la religion. Mais tu sais aussi que si tu tentes de redresser la côte tu vas la briser, tu dois donc laisser… ».
J’avais déjà décroché et étais resté sur « nous les femmes on est ‘’tordue’’ ». J’imaginais toutes ces femmes qui m’ont apporté vie, sagesse, amour et joie. Je me disais : « non ma mère n’est pas tordue, mes sœurs ne sont pas tordues, mes tantes ne le sont pas par nature. Ma dulcinée ne l’est pas, sinon comment l’aurai-je choisie, et encore moins ma fille que j’espère bien éduquer pour qu’elle ne soit pas, justement, ‘’tordue’’».
Comment a-t-on pu en arriver là ? Pourquoi un hadith (dans le recueil de Boukhari) fallacieux sur la création d’Eve, faussement attribué au Prophète, directement « pompé » de la genèse et de l’héritage judéo-chrétien, que le Coran est venu réformer, a-t-il pu prendre autant de poids dans la pensée musulmane, jusqu’à commander le quotidien, au détriment de la révélation sans faille ?
Le mensonge de la création de la femme à partir de la côte de l’homme, comme celui qui la rend coupable de la première trahison qui aurait poussé celui-ci au péché, n’ont qu’un objectif : retirer à la femme son humanité pleine et entière, la subordonner à l’homme, en faire sa chose et justifier sa domination et son exploitation. Ni plus ni moins. Je dis mensonge et n’hésite pas dire que ces deux hadiths relatant ces informations, sont faux, car il contrevient à ce que le Coran dit. Et font, par ailleurs, perdurer l’injustice que subissent les femmes, en en faisant l’expression d’un décret divin, naturelle et/ou culturelle. Adam, est le premier responsable de la désobéissance dans le paradis, selon le Coran. La responsabilité d’Eve ayant été de s’être laissé entrainer par son époux et de ne pas utiliser son autonomie. Puis ils furent par la suite pardonnés par le Miséricordieux. Aucun péché originel, ni malédiction de la femme ne découlent donc de cet événement. La dignité et la miséricorde sont premiers et aucun péché ne peut annihiler ce principe.
Origine commune donc égalité de principe
C’est la raison pour laquelle en plusieurs de ses passages, le Coran revient sur cette question pour rétablir la vérité. Femmes et hommes sont de la même espèce et sont, ensemble, porteur de la même mission de lieutenance de Dieu sur terre. Et sont donc, tous les deux, les sujets de la même noblesse, de la même égalité, de la même liberté et de la même responsabilité.
« Et leur seigneur leur fit cette réponse : je ne délaisserai point l’action de tout acteur parmi vous, qu’il soit homme ou femme. Vous êtes les uns issus des autres. Ceux qui donc ont émigré, furent expulsés de leur demeure, furent persécutés dans ma voie, combattirent et furent tués, je leur effacerai leurs fautes et les ferai rentrer dans des jardins (paradis) du dessous desquelles coulent des cours d’eau. Une récompense de la part de Dieu. Et auprès de Dieu se trouve la plus belle récompense » (S3 ; s 195).
« Et celui qui fait de belles œuvres, homme ou femme, et qu’il est croyant, ceux-là entreront au paradis et ne seront en rien lésés ». (S4 ; s124).
La première citation, montrant l’égalité intrinsèque auprès de Dieu quant à la récompense, entre homme et femme, dessine concrètement les réalités de l’action de bien qui en est la raison, dans l’engagement des femmes et des hommes de foi dans tous les domaines (spirituels, sociales et politiques etc). Il y est question de voyage, de prise de risque pour sa vie au nom de ses convictions, de résistances, de combat et de sacrifices. Croyantes et croyants, pied à pied sont ici concerné et la féminité ou la masculinité n’interviennent en rien dans la qualité de l’action menée et de la récompense donnée. Si ceci n’est pas de l’égalité, alors ce mot ne veut rien dire.
Ainsi, en matière de devoir comme de droit, ce qui est accordé à l’un l’est par principe à l’autre, sauf en cas de spécificité explicite qui s’impose naturellement ou qui se propose socialement (les deux domaines n’étant aucun du même ordre), mais qui jamais ne peut remettre en question ces principes ontologiques et permanentes, de dignité et d’égalité. C’est bien parce que ces principes intrinsèques, en lien directe avec celui d’unicité de Dieu, n’arrangent pas les affaires de la domination et de la soumission qui est son corollaire, que la première s’invente une religion (je dirai déligion) sur mesure que la seconde s’empresse d’adopter. C’est la contre-révélation des clergés au service de l’ordre établi et de sa contre-révolution.
Une méthodologie de distinction et de reliance pour aborder ce sujet
Des sourires en coin font apparaitre leurs canines. On croit avoir trouver l’angle d’attaque. Ça attrape au mollet. C’est un bout de bois mais il ne le sait pas. Il s’acharne laissons-le ronger : « tu l’as dit toi-même, il y a des spécificités. L’homme n’est pas comme la femme. Il ne peut y avoir d’égalité. Pas pareils donc pas égaux (‘’chah, j’l’ai eu’’ se dit-il). Pourquoi tu lis pas les autres passages du Coran ? tu vois toi aussi tu fragmentes le Coran et tu le lis à ta sauce pour faire plaisir aux kouffar. C’est allah qui dit « …les hommes sont supérieurs aux femmes… » (selon sa traduction fallacieuse) ; c’est lui qui dit que « …pour l’homme une part égale à celle de deux filles… » ; c’est lui qui dit « …et l’homme n’est pas comme la femme…» ; qui dit encore « …et les hommes ont sur elles une supériorité… » ; « …frapper les… » quand elles nous désobéissent ; qu’il faut deux témoins femmes pour égaler le témoignage d’un seul homme ; elle peut pas par exemple se marier de son propre chef sans l’autorisation de son tuteur. Elle a pas le droit de divorcer sans l’autorisation de son mari. Peut-elle comme l’homme être mariée à plusieurs personnes en même temps ? Tu vois bien que non ! L’homme a-t-il une seule de ces restrictions ? Non plus ! ça veut dire que l’homme est supérieur c’est tout ! Dans toute organisation il faut un chef et l’homme est pour la femme son chef, s’il la dirige selon l’ordre d’Allah ».

 

Voilà la contre révélation version préchi-précha. Elle est facile à avaler d’autant qu’elle s’habille d’argument apparemment coranique. Je dis apparemment car ce sont des citations slogans et non le Coran lui-même qui s’exprime. L’ignorance rend aveugle ; la semi science encore plus. L’idéologie mélange les domaines et tronque la réalité pour imposer sa vision partiale et malade. Il nous faut jeter les bases d’une méditation sérieuse. 
a) Question de méthodologie d’abord :
1) Le Coran n’est pas contradictoire, il est harmonieux. Ces citations prises en entier ne peuvent donc aller à l’encontre des passages de l’égalité intrinsèque entre tous les humains et entre les femmes et les hommes, qui découlent de l’origine commune. 
2) Les passages doivent être cités en entier, dans la mesure où cela permet de mettre le propos dans son contexte textuel, par rapport à ce que l’on veut honnêtement démontrer.
3) Ce que l’on comprend d’un passage doit être en accord avec tout le Coran, sinon c’est le signe qu’il y a erreur.
4) La sunna ne peut aller à l’encontre du Coran, car le prophète est fidèle à sa révélation sinon il n’est pas prophète et ce n’est pas une révélation. Tout hadith qui contredit la dignité et l’égalité entre tous les humains, établies par le Coran est à rejeter, car cela signifie que le Prophète ne l’a pas dit.
b) Question de philosophie ensuite :
Ceci pour la méthodologie d’approche des sources. Il y a ensuite ce qui concerne la distinction des domaines et des notions qu’il faut prendre en considération : 
1) Quand on parle d’égalité on ne parle pas de mêmeté. L’égalité entre hommes et femmes, et entre tous les humains d’ailleurs, n’est pas le reniement des différences. Ce serait une forme de refus et d’élimination de l’autre. L’uniformisation, comme la séparation, visent toujours en effet la domination de l’autre. Ainsi ceux qui au nom de l’égalité (qui est vraie) prône la mêmeté entre homme et femme sont dans le tort, au même titre que ceux qui au nom de la différence (qui est un fait) veulent annuler l’égalité. Il s’agit, malgré l’apparente contradiction et opposition entre ces deux visions, du même projet d’aliénation et/ou d’annihilation (symbolique ou concrète) de l’humanité. 
2) Cela découle du premier point, la prise en compte des spécificités biologiques (inchangeables) et sociales (à améliorer dans le sens de la justice et de l’équité), dans la distinction sans séparation des uns et des autres, n’est pas une validation de l’inégalité. Spécificité et disparité n’est sont iniquité et inégalité. Le fait de ne pas demander aux démunis ce que l’on demande aux riches, ni aux infirmes ce que l’on exige des valides, n’est pas signifier qu’il y a inégalité en matière d’humanité. Les différences biologiques, les positions sociales et les disparités de capacités, et les interactions sociales qu’elles sous-tendent et permettent, au niveau horizontal, ne sont pas à confondre avec les valeurs qui les commandent et vers lesquelles celles-ci doivent être orientées.
Il est donc fallacieux de mélanger les points secondaires juridiques, liés aux affaires sociales (mariage, naissance, divorce, veuvage, héritage etc) avec les principes fondateurs philosophiques. Les premiers prennent en compte la situation d’injustice et les spécificités biologiques et sociales , en vue d’aller vers la justice et la protection des droits, en l’occurrence des femmes, qu’induisent et imposent les seconds. Eriger ces points d’application d’un second degré en principes qui contredisent les signes à portée ontologique et principielle, est proprement scandaleux et n’est rien d’autre que la falsification (tahrîf) que la révélation reprochait/reproche aux clergés. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux par nos prédicateurs.
La répartition des droits et devoirs entre femmes et hommes, ne reposent pas sur la préférence divine pour l’un ou l’autre. Dieu n’est pas masculin, ni féminin. Son ordre n’est ni patriarcal, ni matriarcal. Les sociétés ont le droit de se choisir les systèmes sociaux qui leur sied, l’exigence de la charia est de maintenir, quelque-soit le type d’organisation opté, la justice, l’équité et la protection des plus faibles. Ainsi quand le Coran ordonne à ce que les femmes reçoivent des hommes une dot, dans le cadre du mariage (S4 ;s4) ; qu’elles doivent recevoir une pension après le divorce ou en cas de veuvage (S2 ;s240-241), tous cela de la part des hommes. Cela signifie-t-il qu’elles sont meilleures ou supérieures aux hommes ? Ou bien s’agit-il de reformes qui visent à défendre les droits des femmes, face à des rapports qui se limitent à la force brute naturelle et animale, qu’il veut par ailleurs humaniser et élever, au nom du principe de dignité, d’égalité et de solidarité qu’il érige en absolu ? Le ridicule ne voit jamais ses bêtises.
Conclusion
Ceci est ce qui doit être présent de façon permanente à l’esprit des gens, lorsque la question des relations homme-femmes du point de vue de l’Islam, est abordée. Ce sont les passages qui parlent de l’origine commune et du principe d’égalité et de complémentarité (entre tous les êtres humains) et la lecture des signes dans leur reliance, qui doivent orienter la conscience musulmane et la méditation humaine pour continuer l’action de libération de tous, et penser, pour aujourd’hui, les réformes qui vont dans ce sens. 
« O êtres humains, nous vous avons créé d’un homme et d’une femme et avons fait de vous des peuples et ethnies afin que vous vous entreconnaissiez. Le plus digne d’entre vous auprès de Dieu est le plus vertueux. Dieu de ce que vous faites est tout à fait informé » (S49 ; s13).
Entre les membres de la famille humaine dignes par principe, d’origine commune, le surplus de dignité vis-à-vis de ses semblables, n’est pas masculine ou féminine, ni biologique ou ethnique mais vertueuse et éthique, dans la conscience d’une transcendance qui sait les tréfonds de chaque cœur.
La connexion est faite. La révélation peut inspirer sa réforme. La pensée, désormais sur orbite, doit continuer et alimenter son action jusqu’à sa révolution. Ce qui suivra, ces principes étant établis, se chargera de prendre un par un les domaines dans lesquels les relations femmes-hommes furent traitées dans le Coran. Ce afin d’en tirer les enseignements et réformes universelles qu’ils portent, et de corriger les interprétations atomisées de la domination et de sa contre-révélation. Paix !

Source: ousmanetimera.unblog.fr 

Tournoi l’EED 2017, quelques clichés lors de la remise des trophées. 

L’entraîneur de l’équipe de DAFORT et l’un de ses joueurs. 

Certains responsables de la délégation DAFORT participant à la soirée l’EED et une membre de l’équipe l’EED. 

La délégation DAFORT à la soirée l’EED 

Une partie de l’équipe de DAFORT.

Les écoliers vacanciers à l’honneur lors de la soirée 

Le trophée primant le journaliste sportif Lassana Camara de Mauritaniefootball 

Le primé meilleur joueur du tournoi, Papis Cissé en casquette accompagné du responsable sport AJDF Gagny Sylla et d’autres joueurs.

Une partie de l’équipe ORGANISATION l’EED.

Le Graal Trophée de la compétition remis à l’équipe de DAFORT édition 2017.

Lors de la soirée de Gala l’EED, ce samedi 16 septembre 2017 à Aubervilliers, l’équipe de DAFORT a reçu son trophée de vainqueur du tournoi football l’EED 2017. Notre blog n’ayant pas pu assister à l’événement pour une large couverture, s’est contenté d’un recoupement arbitraire à travers diverses sources via les réseaux sociaux pour étoffer ce bref aperçu. Selon un témoin participant à la soirée, le déroulé de la cérémonie a été très riche. Film, expositions , discours présidentiel, remise des trophées et des récompenses et des prestations artistiques ont été les moments phares de la rencontre.  

Côté sportif, on ose un focus sur le sacre de DAFORT. En effet l’équipe de DAFORT qui a remporté l’édition 2017 du tournoi football l’EED le 26 août dernier , a été honorée officiellement comme Championne.

Sources reprises et écrites par K.S


​Libérer l’Islam : libérer les femmes (1) par Ousmane TIMERA 

Le tri reprend du service. Après l’esclavage, il se penche sur le sort de la femme qui, dans le droit et le discours musulmans, est de fait une esclave. Soyons direct : le discours musulman (et je ne dis pas islamique) est problématique. Il est anti-coranique.  Il l’est encore plus sur la question des femmes. Il est à l’instar de ce qu’il dit sur l’esclavage, à considérer comme une déviance qu’il faut jeter aux orties (pour ne pas dire poubelle), sans aucune concession. Car il est en l’espèce irréformable.
Il faut un nouveau droit radicalement diffèrent en sa vision, fondamentalement coranique en ses orientations. Il nous faut recommencer par le Livre et reconstruire une nouvelle philosophie de la question humaine. Car pour le Coran la femme est humaine. Il est triste de devoir le rappeler. Elle est avec l’homme qui en est issu et dont elle est issue l’expression de la dignité également partagée par tous les membres de la famille humaine : « les femmes sont les sœurs des hommes », rappelle cette sentence prophétique. 
Pourtant, c’est cette dignité intrinsèque, comme dans le cas de l’esclavage, que le discours musulman s’évertue à remettre en cause de façon fondamentale et frontale, par diverses interprétations et inventions « savamment » entretenues, qui façonnent la pensée musulmane contemporaine ainsi que les rapports humains, du-moins en partie, chez les musulmans.

Il se peut que tu sois, en lisant ces lignes, sur le point de te précipiter dans le précipice de la suspicion : « cet homme veut faire plaisir aux occidentaux ». Tu peux t’y jeter si tu le souhaites et ne pas lire la suite. Car personne n’est responsable de la cécité d’autrui. Cependant, qu’il soit dit une bonne fois pour toute : une religion, une révélation, une voie qui ne défend pas l’humain contre l’injustice n’est en rien une religion, une révélation, une voie qui vient de Dieu. Car « Dieu n’aime pas les injustes ». Il « ordonne la justice ». Et celle-ci n’est ni occidentale, ni orientale, ni moderne, ni traditionnelle. Elle est morale, universelle et divine.
Des idées musulmanes anti-islamiques
Dire que les femmes sont inférieures aux hommes ; qu’Ève fut créée de la côte d’Adam ;  qu’elle est la cause de la tentation qui les fit sortir du Paradis et celle de la chute dans ce monde qui est une prison, une malédiction que la femme personnifie dans sa chair ; déclarer qu’elle est en son être et corps l’allier objectif du Diable ; qu’elle est « diminuée en piété et en intelligence » ; que de ce fait le masculin est en tout supérieur au féminin ; qu’il ne peut y avoir d’égalité entre homme et femme, ni d’autonomie pour elle dans le choix de sa vie, comme dans la participation à la vie collective ; qu’elle ne peut être une dirigeante, qu’elle doit être éternellement mineure ; qu’elle ne peut donc ni choisir son mari, ni divorcer de lui, ni disposer d’elle-même ; que les hommes sur elles ont toutes les prérogatives, jusqu’à celui de la frapper ( ou corriger pour les amateurs d’euphémisme)  dans le cadre de la relation conjugale en cas de désobéissance;  que son témoignage ne vaut que pour moitié celui de l’homme, que sa part à l’héritage vaut en tous les cas la moitié de celle qui va à l’homme ; défendre que sa voix est tabou, que son corps est tabou, que ces yeux sont tabou, que son nom est tabou et que la meilleure des femmes est celle « qui ne sort dans sa vie que trois fois : le jour où elle est sorti du ventre de sa mère, le jour où elle sort vers la demeure de son époux et le jour où elle sortira vers sa tombe ». Dire tous cela disons-nous, et d’autres inepties tapis dans les bas-fonds de la conscience collective musulmane, « savamment » entretenu par un discours musulman bigot et inconséquent, est anti-humain et anti-coranique, donc anti-islamique. Et ce, quand bien même viendraient à leur secours des bribes de versets fragmentés, des propos faussement attribués au Prophète ou des inspirations empruntées à l’héritage religieux et culturel des religions et civilisations précédentes. 
Je sais bien que ce propos, tel quel, heurtera ce qui semble couler de source dans la compréhension de beaucoup de musulmans, même (surtout ?) les plus instruits en sciences dite islamiques, qui sont à mon avis les plus atteint. Le style lapidaire que nous adoptons ne nous aidera sans doute pas. Ne vous pressez pas, les signes du Coran et l’exemple prophétique qui en est tributaire viennent à mon secours. 

Cependant, j’aimerai déplorer cette manie présente dans la pensée musulmane à vouloir chercher, même pour l’évidence, une sanction religieuse particulière et détaillée. Des choses, des-lors que l’on croit en Dieu le Miséricordieux et que l’on médite sa révélation et la globalité de son message, devraient être des évidences et des préalables fondamentaux qui participe de la foi. Il en est ainsi de la dignité de l’être humain, de la recherche de la justice et de l’équité et de l’égalité intrinsèque entre tous les enfants d’Adam et d’Eve.  Ce n’est pas là une simple question juridique mais des principes philosophiques qui participe de la foi et des enseignements fondamentaux, liés à la vision de Dieu, que nous offrent la révélation coranique. C’est ce à partir de quoi tout le reste s’éclaire. Ce sont ces fondements qui sont battus en brèche, relativisés et falsifiés par la doxa officielle, par-delà les obédiences, les groupes, courants et sectes qui s’opposent au sein de la communauté musulmane. Ce n’est pas le Livre qui y parle mais les idéologies qui y vocifèrent. 
Les inanités du discours musulmans sur la question féminine : l’exemple de l’excision et mariage forcé
 Prenons la question de l’excision, après la petite polémique de cet été qui en dit long sur les incohérences du discours musulman et par là de nos savants et intellectuels. Je pose la question tant il semblerait que la spécialisation rend le savant plus aveugle que le commun. Avons-nous besoin de nous attarder longtemps sur cette question, pour saisir immédiatement qu’il s’agit d’une mutilation à visée dominatrice sur les femmes ? Avons-nous besoin d’une indication législative textuelle pour nous rendre compte que non seulement cet acte va l’encontre de l’humanité de celle qui la subissent. Mais qu’il vient en plus prendre à contre-sens, de façon frontale, les orientations de l’Islam qui célèbrent la vie et la beauté, jusqu’à faire de la sexualité un art qui se transcende en adoration, lorsque vécue dans le licite, et qui de fait peut amener au paradis ? Le débat sur l’excision est sa survivance au sein de la pensée musulmane et son discours est à la fois une honte morale sans nom et le signe d’un disfonctionnement passionnel qui fait de l’héritage ancestral la source véritable qui supplante la révélation. 
Un autre exemple, sous d’autres cieux. C’était il y a quelques semaines à Dakar. Je venais écouter en silence un célèbre « savant » religieux, respecté de tous. Le sujet qui lui fut proposer de traiter était celui du mariage. Sujet ô combien sensible ! La télévision sénégalaise avait fait le déplacement pour couvrir l’évènement.  Bref, je ne vais pas m’étaler sur tout ce qui fut dit. Un seul exemple suffira je pense à vous dessiner la teneur du propos, qui somme toute restait totalement dans les lignes du discours traditionnel connu de tous. 
« Peut-on marier une femme contre son gré » s’interroge le célèbre savant soninké ? Il tente d’y répondre. Il égrène d’abord les avis des différentes écoles juridiques sunnites. Et il opte enfin pour ce qu’il considère être l’avis majoritaire aujourd’hui qui hier était minoritaire : à savoir l’accord et l’autorisation de la femme adulte comme préalable à tout mariage. Tout va bien me diriez-vous, nous parlons bien sûr dans une conception où la femme jamais n’entreprend directement son mariage et est toujours sous la coupe de son tuteur. Mais seulement voilà même dans ce cas la contradiction pointe son nez. Car voici que le conférencier indique dans sa démonstration que cela concerne le cas des femmes adultes. Ah bon ? Peut-il y avoir un autre cas ? Et c’est là que le cas de la fille non majeure ni pubère se glisse subrepticement dans le discours. Celle-ci, selon le conférencier-savant, peut être mariée par son père, voire être contrainte par lui. 
Je regarde autour de moi histoire de voir si l’énormité de la chose avait été perçue par le public. Rien ! La contradiction était pourtant évidente, à coté bien sûr de l’ignominie de la chose. Car comment dire dans une même phrase, sans sentir la contradiction, que la femme n’a pas à être contrainte dans le mariage et permettre en même temps le mariage des jeunes filles, voire leur contrainte par leur père ou tuteur ? 

Mais il va justifier. Il faut un texte pour tout, même quand cela est contradictoire avec le reste :  le Prophète l’a fait. Il aurait épousé Aicha à neuf ans. Oui, oui il a osé. A l’heure où les pouvoirs publics lutte contre ce fléau, moment où la communauté musulmane à travers ses sociétés civiles et sa jeunesse se mobilise contre des tels actes, voilà l’avis rétrograde du « savant » qui tombe tel un couperet. Il est comme les autres. Le suivisme aveugle empêche de voir les énormités, l’hyperspécialisation pousse à les justifier. Il n’a pas vu la contradiction. 
Le prophète qu’il venait de citer interdisant que l’on marie les femmes contre leur gré, jusqu’à proposer à une jeune fille qui s’en plaignait de défaire le mariage. Ce Prophète-là n’aurait pas pu accepter d’épouser une jeune fille qui, de fait, n’avait la liberté, ni l’autonomie suffisante pour décider et choisir en conscience.  Il n’y a pas de choix dans l’inconscience, l’ignorance ou la contrainte. C’est une règle générale qu’il a lui-même établi pour tous les domaines. Nous parlons de logique mais sur le plan moral et spirituel cela est encore plus ignominieux. Car c’est une dégradation, rechercher par celui qui fomenta cette histoire, de la personne du Prophète qui le met en contradiction avec la noblesse de caractère que tous lui reconnaissaient. Dégradation que l’inconséquence et l’inconscience du discours musulman entretien et défend par mille et une justifications chacune plus bigote que l’autre. Ce qui va à l’encontre de la belle moralité et de la dignité peut-il être de Mohammed ? 
Ai-je besoin, pour établir cette vérité, d’être un spécialiste ? Le bon sens et les orientations du Livre n’auraient-ils pas suffit pour voir l’inanité de ce hadith, découvrir les inepties dont il est porteur et le considérer comme une invention à rejeter sans état d’âme ? Seules les incohérences de la pensée musulmane, sa volonté de suivre aveuglément tout ce qui est ancien et coutumier et surtout, tout ce qui justifie la domination de l’homme sur la femme et du puissant sur le faible, peut expliquer ces catastrophes intellectuelles et morales. 
D’autres « perles » furent égrenées tout au long de la conférence. La tendance globale allait dans le sens de la cause patriarcale au détriment de l’égalité humaine et des droits de la femme. Il n’y a rien de surprenant. C’est la teneur même du discours musulman. Le conférencier d’ailleurs ne faisait que lire ce qu’il avait pris çà et là dans les livres de droit classiques et chez leurs auteurs médiévaux. Rien de nouveau sous le soleil. Et c’était là le problème. 
Un combat qui débute
Nous prenons malheureusement les prédicateurs pour des savants. Et ceux qui sont parmi nous des savants, sont en fait des répétiteurs. Nous sommes les suiveurs de suiveurs qui en suivent d’autres. Cela manque de profondeur philosophique. Cela manque de logique rigoureuse.  Cela manque de renouveau et de créativité. Cela, tout simplement, cruellement, manque de méditation du Coran. D’où les contradictions sans nom qui caractérisent la pensée musulmane et son discours sur l’humain de manière générale et sur la femme en particulier. A bas la bigoterie savante !
Critiquons donc et reconstruisons. Méditons le Livre et exposons sa philosophie sur l’être humain et les relations entre femmes et hommes qu’elle sous-tend. Puis, de là, corrigeons les interprétations malencontreuses de certains passages du Coran à l’aune, évidemment du Coran. Pour ensuite établir une grille de lecture critique des propos attribués au Prophète qui permette de nous débarrasser de la pléthore de mensonge, sur ce sujet, qui y pullulent sans vergogne.  La suite promet d’être décapante. Ames moutonnière s’abstenir !

Source: ousmanetimera.unblog.fr 

Le gouvernement de la Mauritanie refoule des militants antiesclavagistes américains.

​مبادرة إنبعـــاث الحــــركة الانعتـــــــاقية

INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE

IRA – Mauritanie : Note d’information

 

La société civile de la ville de Chicago, composée de fondations et organisations de droits civiques, d’associations de cultes musulman ou chrétiens, de corporations professionnelles – magistrats, avocats, élus des circonscriptions et de l’Etat de l’Illinois – est l’héritière, depuis feu révérend Martin Luther King, d’une solide et constante tradition de soutien à toutes les causes justes, notamment les luttes contre l’esclavage, le racisme et l’Apartheid et l’oppression de personnes d’ascendance africaine. Elle compte surtout à son actif, le combat acharné et patient pour la promotion des droits civiques aux Etas Unis. Et C’est exactement en vertu de cette vocation internationaliste, que l’organisation Abolition Institute est née, il y a cinq ans dans le but d’éradiquer les inégalités de naissance en République islamique de Mauritanie.

Aussi, à cette fin,  la déclaration de Chicago appelait-elle, en 2014, à l’engagement des mauritaniens et des partenaires du pays. Abolition Institute a créé le prix annuel nommé Aichana, du nom de la première femme libérée de la servitude, par Sos-Esclaves.  Il convient de rappeler que l’Ong Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA – Mauritanie) jouit, également, d’une coopération étroite avec Abolition Institute et d’autres organisations de l’Illinois ; elle obtint, en 2017, la prestigieuse distinction. Enfin, au titre de l’élan collectif, un autre partenaire de Abolition Institute, Anti-Slavery International, bénéficie d’un financement de 1 million de dollars US, de la part du gouvernement fédéral, comme contribution à l’émancipation des victimes d’inégalité de race et de caste en Mauritanie.

Sous la houlette de Abolition Institute, la société civile de Chicago à invité et reçu, successivement, Boubacar Messaoud, leader de Sos-Esclaves en 2016 et Biram Dah Abeid les 7 et 8 juillet 2017. S’en suivirent, sur place, d’importants programmes d’échanges et de rencontres avec des hommes d’églises, des imams, des avocats, des magistrats et des personnalités de marque tel le révérend Jessie Jackson, compagnon du Dr King, icône de la lutte pour les droits civiques et premier candidat afro-américain à la Présidence des États-Unis d’Amérique. Au terme des discussions, la société civile de Chicago, exprima le vœux de visiter la Mauritanie, afin de s’imprégner de l’expérience des abolitionnistes locaux mais aussi écouter les autorités de l’Etat hôte. La période du 8 au 15 septembre à été retenue, non sans respecter le préalable d’informer le Département d’État américain et le gouvernement de la Mauritanie. La précaution a été scrupuleusement suivie.

Or, dès son arrivée à l’aéroport de Nouakchott, la délégation est interdite de séjour en Mauritanie et refoulée, sur le même vol, au retour vers Paris, sa provenance. Bien entendu et comme d’usage, la décision ne se fondait sur aucune motivation écrite.

Cette fuite en avant de la part du pouvoir intervient dans un contexte général d’atteintes aux libertés d’expression, d’emprisonnement de journalistes, de sénateurs et d’intimidation d’hommes d’affaires, tous abus précédés, en 2016, d’actes de tortures sur des détenus d’opinion. Elle atteste, d’amblée, de l’aversion défensive des dirigeants, envers les composantes du mouvement pour légalité raciale. L’enjeu de l’esclavage des noirs et son rapport d’intimité sinon de causalité, à la domination matérielle et symbolique, suscitent, depuis trois décennies, les mêmes réflexes de déni et d’occultation. Dès que la question est évoquée, les décideurs de la Mauritanie officielle, gardiens spontanés de l’oppression multiséculaire, s’empressent de cacher, de frauder, de se barricader sous le prétexte de prévenir l’éternel complot de l’étranger. Or, ironie du sort, l’attitude suicidaire du repli sur soi, contribue davantage à cliver le champ social et susciter la défiance réciproque. En cela, la récente mesure de refoulement aux frontières participe de la même inclination à opposer les communautés ; quand le système s’efforce à différer l’étalage de la vérité, il tente d’abord de s’assurer le contrôle des esprits, condition structurelle au pillage des ressources par les héritiers de l’hégémonie ethno-tribale.

Au-delà des condamnations de routine et de l’indignation accoutumée, l’IRA expose, ici, les faits nus et réitère son appel à poursuivre l’action multiforme pour une Mauritanie de la citoyenneté, hors des privilèges et à contrepied de la violence politique. Il s’agit de réactiver, sans cesse, le processus d’obstination, de subversion et de contre-culture dont la réussite dépend, pour l’essentiel, de la faculté à fédérer les concours et cumuler les énergies. La cause de la lutte anti-esclavagiste, chez eux, ne concerne pas seulement les mauritaniens ; elle requiert la participation de  volontaires, venus de l’humanité optimiste. Les militants américains de la dignité de l’Homme noir y ont une place de choix, compte tenu de l’histoire commune. Nous les saluons et exprimons la fierté de les savoir avec nous, parmi nous, pour toujours !!

 

Dakar le 13/09/2017            La commission de communication

IRA :Biram Dah ABEID invité d’honneur du 6è Congrès Panafricain de Munich

Communiqué de presse

Dans son intervention aux congressistes, le président de l’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA –  Mauritanie), Prix des Droits de L’Homme de l’ONU 2013, invité d’honneur de ce 6è Congrès, a attiré l’attention du public sur l’esclavage dont les personnes d’ascendance africaine continuent d’être victime dans les pays arabes. S’agissant de son pays, la Mauritanie, il a dénoncé les interprétations fallacieuses de l’islam qui s’appuient sur un « code nègre » qui maintient les structures et modes de pensées esclavagistes dans le pays. Il a informé le public sur l’esclavage par ascendance qui continue de régir les rapports sociaux en Mauritanie et dont la composante haratines (esclaves et  anciens esclaves) est la principale victime.

Il a dénoncé le génocide, les exécutions sommaires et le racisme dont les noirs ont été et continuent d’être victimes en Mauritanie.

L’évocation des 28 négros africains exécutés pour célébrer symboliquement le 28è anniversaire de l’indépendance du pays a fait couler des larmes à certains Congressistes.

Dans son allocution le président du Mouvement abolitionniste mauritanien a demandé aux participants et participantes de faire pression sur leur gouvernement pour que la Mauritanie applique ses propres lois relatives à l’esclavage et toutes les conventions internationales ratifiées par son gouvernement.

Dans cette même allocution, il a rendu hommage au jeune patriote africain Kemi Seba victime de la collusion de certains milieux de gouvernance néocolonialistes africains a cause de ses positions pour la renaissance de l’Afrique et en faveur des personnes d’ascendance Africaine.

Le président des réseaux IRA a dénoncé aussi le silence de la communauté internationale sur le génocide des musulmans Rohingas, l’implication d’un prix Nobel de la paix dans ce forfait et encore le silence de la fondation du Nobel.

Biram Dah Abeid a aussi fustigé le régime mauritanien qui tente de contrer la fatalité démographique et démocratique en confisquant le peu de libertés individuelles et collectives en réprimant les forces anti-esclavagistes et démocratiques mauritaniennes à savoir l’interdiction de IRA – Mauritanie, l’emprisonnements et la torture de ses membres, le harcèlement des syndicalistes, des journalistes, des élus et des hommes d’affaires.



Nouakchott le 12/09/2017            La commission de communication

Déclaration d’AMEES : INTIMIDATION CONTRE DES RESPONSABLES DES SECTIONS DE DAFORT ET BOUANZE


Association Mauritanienne  المنظمة الموريتانية   

pour l’Eradication de l’Esclavage للقضـاء علي العبودية

             et ses Séquelles      و رواسبها  

Récépissé n° 0103/MINT/15/01/2008 وصل رقم 0103/و.د/15/01/2008

Tél. : (+222) 41 37 71 04 / 36 60 89 19  /  19 89 60 36  41 37 71 04هاتف :(00222) 

Email : ameeskofo@gmail.com ameeskofo@gmail.com البريد الكتروني :

Nouakchott – Mauritanie انواكشوط –  موريتانيا

Depuis quelques mois, les responsables d’AMEES sont l’objet de provocation et d’intimidation par certains cadres féodaux haut placés de l’état.

Le dernier cas , sous l’instigation de certains cadres, des gendarmes sont venus de la Moughataa de Ould Yengé pour menacer les responsables de notre organisation leur interdisant de construire leur siège au sein d’une concession appartenant à un de nos responsables de la section ; ayant été obligés d’arrêter la construction, ils se sont rendus à Sélibaby pour voir la haute autorité régionale.

Par ailleurs, dans la même Moughataa de Ould Yengé à Bouanze, d’autres féodaux, à la suite du chef de village Demba Diadié Camara et l’Imam de la grande mosquée Diadié Boubou Cissé, sont venus provoquer l’un de nos militants Yakhouba Coulibaly lui réclamant de quitter le terrain dans lequel il a construit une pièce. Alors que le terrain a été provisoirement prêté aux habitants par son père pour lieu de prière des Fêtes. 

Ce dernier ayant refusé, le chef de village et son Imam sont partis porter plainte contre Yakhouba à Selibaby sans passer par le Hakem de Ould Yengé.
Le bureau exécutif de l’AMEES, informé de ces tracasseries qui font suite à d’autres actes d’intimidation et de provocation contre nos militants :

Proteste énergiquement conte les manigances de ces nostalgiques de l’esclavage ;

Demande aux autorités administratives compétentes de mettre fin à de telles provocations et laisser nos cadres et militants mener leurs activités dans la totale légalité.

Informe l’opinion nationale et internationale de ces graves actes outrageants et d’intimidation contraires aux lois régissant la lutte contre l’esclavage et ses séquelles en République Islamique de Mauritanie.

Nouakchott, le 12 septembre 2017

Le bureau exécutif