IRA-MAURITANIE : COCOMMUNIQUÉ DE PRESSE

Dans la nuit du 22 janvier 2018, l’espace Rencontre et Fraternité, chez le président d’IRA – Mauritanie Biram Dah Abeid à Riyadh dans la banlieue Sud de Nouakchott, reçoit deux dirigeants de partis d’opposition mauritaniens, membre du G8. Il s’agit de Ahmed ould Daddah, président du RFD, opposant historique aux dictatures militaires en Mauritanie, redoutable challenger de leurs candidats depuis 1992, membre éminent de l’internationale socialiste. Abdessalam ould Horma, militant de première heure de la tendance nationaliste arabe baathiste de Mauritanie, universitaire et président du parti Sawab. Biram Dah Abeid a accueilli les deux présidents et leurs staffs ainsi que Mohamed Ali Yeslem Ethman, , secrétaire général du mouvement des jeunes: Touche pas à ma Constitution, membre du G8.
Abdessalam ould Horma avait ce soir la tâche délicate de répondre aux questions des blogueurs et blogueuses d’IRA-Mauritanie. Pendant deux heures d’horloge, Ould Horma doit apporter des réponses aux questions allant de l’implication présumée de son mouvement dans la tentative d’épuration ethnique en Mauritanie, l’inertie à propos de l’esclavage et la discrimination contre les hratin, passant par les moyens d’unir les différents compartiments de l’opposition au pouvoir du général Mohamed ould Abdelaziz, hétérogène dans ses valeurs et souvent divisée à l’instar de la société mauritanienne de nos jours, et allant jusqu’à l’alternance, quelle alternance pour la Mauritanie, en 2018-2019.
Ould Horma a réitéré son engagement contre l’esclavage sous toutes ses formes, sa position favorable sur le rétablissement dans leurs droits de toutes les victimes de la tentative d’épuration ethnique, des exécutions et déportations et s’est déclaré à œuvrer à partir de l’alerte que le président d’IRA – Mauritanie à fait parvenir à la société civile et aux partis politiques et qui vise à réunir toutes les oppositions dans un seul front pour une alternance pacifique, démocratique et constitutionnelle.
A la fin des échanges, le président du RFD, dont l’allocution a clôturé le débat, a salué la pertinence de l’initiative du président et des militants d’IRA – Mauritanie, qui a engagé, d’une manière nouvelle, les débats et échanges entre les factions de l’opposition, entre les franges de la société mauritanienne; c’est que les suspicions s’estompent, les méfiances se dissolvent et l’intégration de toutes les causes en une et une seule pour le peuple mauritanien. Le président du RFD a salué les réponses du chef du parti Sawab qui a étayé les manœuvres des différents régimes de dictatures, visant à trouver des boucs émissaires pour leurs propres exactions.
Ahmed ould Daddah a mis l’accent sur la nécessité pour la classe dirigeante mauritanienne, de répondre aux questionnements des jeunes, et de fonder son programme d’action à partir de ces questionnements incontournables.

Nouakchott le 23/01/2017 La commission de communication

Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE.

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE D’ARMEPES-France ET DE LA MOUVANCE GANBANAAXUN FEDDE : HALTE À L’APOLOGIE DU DISCOURS SECTAIRE ET SÉGRÉGATIONNISTE DANS LE GUIDIMAGHA. 

La mouvance pacifique pour l’émergence d’une société soninké dépoussiérée de certaines tares sociétales, sous le vocable GANBANAAXUN FEDDE* , s’adresse une nouvelle fois aux pouvoirs publics mauritaniens concernant les manœuvres incessantes d’un mystérieux groupe Whatsapp appelé abusivement « démocratia islamique ». En effet cette plateforme regroupant certains réactionnaires et adeptes de l’ancien ordre féodal soninké foncièrement nocif à l’ordre CITOYEN MAURITANIEN, s’active depuis plusieurs mois à travers un langage apologiste et décomplexé de l’esclavagisme statutaire et de discriminations sociales dans la communauté soninké. La dernière sortie en date , est l’œuvre de leur premier responsable du groupe Whatsapp cité. Dans ses audio , ce monsieur autoproclamé comme un virtuel prince féodal, explique que la 10ème région de la Mauritanie, le Guidimagha est une propriété privée des milieux féodaux exclusivement. Selon ses propos ahurissants au ton séparatiste, il estime que l’avenir et la gestion de la région Guidimagha pourtant multi-ethnique, leur reviennent de droit exclusif selon l’ancien ordre féodal et coutumier. Par ailleurs, il s’est emporté dans un sectarisme assumé en demandant l’exclusion systématique de leurs officines, certains éléments statutaires de la société soninkée elle-même notamment les mangou (médiateurs), les marabouts, les anciens esclaves et d’autres composantes. Il s’est également permis une réplique dédaigneuse à l’endroit de la Femme qui est indésirable dans leurs projets antidémocratiques, antirépublicains et antinomiques à la fraternité islamique. Dans un deuxième audio, le gourou féodal s’intéresse à recueillir les audios de sensibilisation d’un membre de notre mouvance abolitionniste, et il apparaît clairement qu’ils gesticulent en coulisses par la délation mensongère en collusion avec leurs complicités du terrain déjà identifiés qui trompent l’administration publique dans la région pour nuire à nos membres.

Ainsi nous rappelons aux autorités publiques en Mauritanie et en France sur le danger représenté par ce groupe d’individus sur les supports virtuels comme dans le cadre faussement associatif.

■ les autorités mauritaniennes doivent sérieusement veiller dans nos localités rurales du Guidimagha où l’ordre féodal sévit contre des paisibles citoyens qui s’organisent pour défendre leur DIGNITÉ longtemps bafouée par les tenants coutumiers de la société soninkée.
■ nous voulons l’application stricte de lois mauritaniennes contre les discours sectaires, extrémistes et ségrégationnistes promus récemment par ce monsieur qui se nomme Moustapha Camara natif de DAFORT.

■ nous dénonçons son discours réactionnaire et discriminatoire qui tente d’exclure d’autres citoyens mauritaniens de la communauté soninkée de tout qui a trait à la gestion publique dans la communauté.

■ nous attirons également l’attention des autorités publiques sur le caractère troublant et provocateur du discours ségrégationniste de ce monsieur dans le corps social multi-ethnique dans notre région. En effet, le Guidimagha n’est pas que soninké, il est Peulh, Maure et Haratine. Ainsi l’ordre républicain par l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ pour tous nos concitoyens doit être défendu et promu contre le communautarisme sectaire de la féodalité soninkée incarnée par ce groupe d’individus sans projet de société digne de ce nom.

■ nous interpellons encore une fois, les consciences progressistes de la communauté soninkée pour s’impliquer afin de vulgariser les dispositions de l’ordre CITOYEN dans la communauté. Également nos soupçons s’affermissent sur certains soutiens féodaux de l’ombre proches du pouvoir, qui seront comptables d’éventuelles conséquences de cette entreprise vouée à l’échec à terme.

■ En fin, nous avertissons les autorités françaises sur l’enfumage qui entoure la création récente d’une association pour couvrir leurs activités féodales et esclavagistes par les mentalités et les discours réactionnaires et provocateurs tenus à ciel ouvert via leur support social Whatsapp « mille gigas » allusion à la triste » radio mille collines ».
Ci-joint le lien YouTube du discours en cause tenu par ce monsieur : https://youtu.be/Y3LBTC5fUeU
*Mouvement associatif transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communautés soninkées

La CECOM ARMEPES-France et partenaires GANBANAAXU.
Paris, 21 janvier 2018

IRA-MAURITANIE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE 

Dans le cadre de recherche continue de consensus face aux défis pendants et prévisibles en Mauritanie, le Président Biram Dah Abeid vient d’entamer, avec ses pairs de l’opposition et de la société civile, une série de concertations. Celles-ci tendent, toutes, à favoriser, avant l’élection du Président de la république en  2019, les bases d’une alternance au sommet de l’Etat, afin de soustraire le pays, de manière structurelle et définitive, à l’hypothèque du gouvernement militaire. 

Ainsi, Biram Dah Abeid a-t-il rencontré :

– le 29 décembre 2017, Messaoud Ould Boulkheir, de l’Alliance Populaire Progressiste (APP). 

– le 30 décembre 2017, Ahmed Ould Daddah, du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD).
– le 2 janvier 2018, Lo Gourmo Abdul et d’autres membres dirigeants de l’Union des Forces du Progrès (UFP).


– le 4 janvier, Hamidou Baba Kane, du Mouvement Pour la Refondation (MPR)

– le 5 janvier, Mohamed Ould Dahane, de Touche Pas à ma Constitution (Tpmc,).



– le 7 janvier, Samba Thiam Forces Progressistes pour le Changement (FPC) Mr Samba Thiam.



– le 7 janvier, Mohamed Mahmoud Seyidi, du Rassemblement National pour la Réforme et le Développement (Tawassoul).
– le 8 janvier, Abdallahi Ould Mohamed dit Nahah, de la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM).



– le 8 janvier, Ibrahima Moctar Sarr, de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie (AJD/MR).



– le 9 janvier, Mohamed Ould Maouloud, de l’Union des Forces du Progrès (UFP).



– Le 10 janvier, Samory Beye de Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM).



– Le 11 janvier, Le chef de file de l’opposition démocratique, Mr Hassane Ould Mohamed, le président du Forum des Organisations Nationales des Droits de l’Homme Mr Sarr Mamadou, la Coalition Action contre la Discrimination Raciale et l’Exclusion (CADRE), Mr Fara Oumar Ba, le président du parti WIAM, Mr Boidiel Houmeyd.



– Le 12 janvier, le président de SOS esclaves, Mr Boubacar Messaoud



La dynamique se poursuivra en vue de s’élargir à  l’ensemble des acteurs, bien au-delà des clivages et distinctions observés jusqu’ici entre opposition « radicale », « boycottiste », « dialoguiste » et/ou « participative » ; de même dépassera-t-elle la diversité associative, qu’elle soit porteuse d’alternative socio-économique ou dans le domaine des droits humains. 
Est-il besoin de le rappeler,  il ne s’agit, ici, de la requête d’une personne ou d’une entité spécifique mais d’un processus fécond qui doit s’épanouir pour imposer la faculté du changement démocratique, dans la transparence, le respect de la légalité et le primat du suffrage universel direct sur le chantage des armes et l’influence de l’argent.
L’objectif ne consiste à susciter la révolte, la confrontation ni même la compétition de deux camps ; non, la présente démarche vise à créer et asseoir, par la négociation du cadre préalable, les règles d’un jeu pacifié et juste où le dernier mot reviendrait au verdict des urnes. Grâce à un minimum d’entente sur les conditions formelles du pluralisme et la nécessaire impartialité du gouvernement sortant, la Mauritanie s’économiserait bien des épreuves et une dépense inutile d’énergie, sous peine, sinon, d’endurer l’épuisement fatal, au terme d’une décennie de déconfiture. 

Nouakchott, le 18/01/2018      

La Commission de communication
Crédit source: MILIEUX PROCHES IRA. 


Conférence de presse d’IRA-Mauritanie du 16 janvier 2018

La liste des militants d’IRA-Mauritanie, arrêtés suite à  la marche contre l’impunité et les détentions arbitraires le 15 janvier 2018.

1- Samba Sidi

2- Youssouf Mohamed 

3-Sabbar Moussa

4-Mama Ahmed

5-Lalla Kory

6-Aicha Biram

7-Cheikh Samba

8-Sidi Mohamed Salem

9-Mohamed Hamidine

10-Abdallahi Abou Diop

11-Abdallahi Hemmett

12-Abbass Ely

13-Mohamed Lemine Rabi
Communiqué

IRA-Mauritanie, déterminée à jouer pleinement son rôle d’organisation généraliste des droits humains et avant-gardiste, a organisé une marche pacifique de protestation contre l’impunité des crimes de sang et les disparitions forcées  qui continuent de prolonger le deuil de centaines de mauritaniennes et de mauritaniens, veuves, mères ou orphelins; contre  les poursuites judiciaires à caractère politique et la détention arbitraire. A cette occasion et pour ces thèmes, les photos des martyrs d’Inal étaient arborées ainsi que celles des militants d’IRA – Mauritanie  incarcérés à Birmogrein ou du sénateur Mohamed ould Ghadda. Les slogans étaient scandés contre l’impunité, l’arbitraire, le racisme ou l’esclavage, des maux que le régime de Mohamed ould Abdelaziz ne cesse d’aggraver et d’alimenter.

Les bataillons de la police, très nombreux et lourdement armés, avec à leur tête, un inspecteur de police, tortionnaire notoire, du nom de Mohamed Lemine ould Sidi, se lancèrent à l’assaut des manifestants pacifiques utilisant une violence gratuite, disproportionnée et indicible. Et, malgré le nombre élevé de militants arrêtés, et les blessures très graves, notamment celles des militants Abdallahi Abou Diop (section IRA de Riyadh) et Abdallahi Hemmet (section IRA de Arafat); les deux blessés graves, transportés aux urgences de l’hôpital national de Nouakchott, se sont vus refuser la délivrance par la police de la réquisition sanitaire qui leur permet d’être soignés aussitôt et de  s’en prévaloir devant la loi. Cette obstruction à un droit élémentaire, relève de la pratique hors-la-loi des éléments tortionnaires qui gangrènent les différents corps sécuritaires en Mauritanie.

Néanmoins, IRA – Mauritanie se réserve le droit de poursuivre devant les juridictions nationales et internationales toutes les personnes impliquées dans ces crimes et délits.

IRA – Mauritanie  réitère aux tenants du régime, sa ferme détermination à continuer la lutte pour défaire le régime et obliger Mohamed ould Abdelaziz à respecter la loi et céder le pouvoir  à la date constitutionnelle de 2019.

IRA – Mauritanie convie la société civile et politique en Mauritanie, à rompre avec la résignation, la peur et la démission pour inaugurer des actions légales et pacifiques, de militantisme, à l’image de IRA – Mauritanie, car seule cette option pourra redonner l’initiative au peuple face à un pouvoir qui prospère sur le silence, la peur et l’inertie des élites et des populations.

IRA – Mauritanie  interpelle la communauté internationale pour qu’elle observe minutieusement, les comportements, les pratiques et les moyens, illégaux et prohibés, mis en œuvre par le régime de Mohamed ould Abdelaziz pour réduire toutes tentatives d’expression légale et pacifique, par le droit de manifester, de s’associer ou de s’exprimer.

IRA – Mauritanie convie toutes ses militantes et ses militants, à continuer la mobilisation, par l’expression de leur solidarité avec les détenus,  pour démystifier le pouvoir de l’oppression et de la contrefaçon.

Nouakchott le 16 janvier 2018              La commission de communication

MAURITANIE : COMMENT TORTURER UN NOIR ET S’EN VANTER 

Note d’alerte 

I. LES FAITS 

1. Le 11 janvier, les réseaux sociaux mauritaniens, notamment les groupes de discussion  WhatshApp et Facebook, diffusaient deux vidéo d’une séance de torture infligée, par des maures, aux voix jeunes, à un  descendant d’esclave, un Hartani, prénommé Ethmane. Les circonstances, la cause, le lieu et la date restaient indéterminés. L’échange verbal, entre les protagonistes, laisse entrevoir la probabilité d’une expédition punitive, suite à une tentative de larcin ; les tortionnaires, qui filment la scène et s’y expriment distinctement, non sans l’agonir la victime d’insultes et exigent l’identité de son complice. Hamza, l’un des assaillants, réclame, en réparation du préjudice allégué, que le présumé voleur lui cède son épouse, pour une nuit. Ethmane, ensanglanté, y compris à l’entrejambe, supplie, demande pardon et sanglote ; des soufflets  pleuvent sur sa tête, bandée au niveau des yeux. Dans le second film, d’à peine quelques secondes, le visage tuméfié témoigne de coups et blessures portés en réunion. Tout le dialogue se déroule en Hassaniya, l’Arabe vernaculaire du Sahara.  
2. La famille de Ethmane Ould Brahim prétend que ses assaillants l’ont interpellé, en soirée du dimanche 7 janvier, à proximité d’un restaurant de la commune de populaire de Dar Naïm, pour lui demander du feu, avant de se mettre à le ruer de coups. Dans l’enregistrement audio que Hamza envoie à son ami, le premier raconte plutôt l’histoire d’une intrusion chez lui, tard dans la nuit, à 3h30 mn. Il aurait alors poursuivi et maîtrisé l’inconnu qui fuyait pour escalader le mur ; après une empoignade entre les deux, le présumé voleur, muni d’une épée, aurait été neutralisé, par un une entaille de tournevis aux côtes. Des proches, appelés en renfort, accourent, grâce à appel téléphonique ; ils décident, ensemble, de le conduire, dans la malle arrière d’un véhicule, à la plage de Nouakchott, située 7 kilomètres plus loin. Là, toujours selon la voix, ils le molestent copieusement à plusieurs et éteignent des mégots de cigarettes dans son anus. Le témoin précise : 

« nous n’avons pas voulu filmer cette scène à cause d’éventuels ennuis ». Sur le ton de la moquerie et l’accent du sarcasme, des mots d’insultes à l’endroit des « nègres esclaves » ponctuent le récit.  
3. L’ouvrage achevé, les exécutants jettent leur proie inanimée dans le Commissariat de police de  Dar Naïm I, au lever du jour. Hamza dit être rentré chez lui pour s’endormir. Ismaël Ould Brahim, le frère de Ethmane, apprend l’évènement dès le 8 janvier mais ne parvient à le rencontrer que le lendemain. Le vendredi 12, il se rend au bureau du Procureur près le tribunal de Nouakchott-nord et lui montre la vidéo de la séance de torture ; ce dernier promet de diligenter une enquête.  Parmi le groupe de tortionnaires, sont formellement reconnus un gendarme dénommé Cheikhna Ould Issaoui, Hamza Youssouf et, ironie du sort, un Saddam ; l’un d’eux exercerait le métier de médecin.  

Le 14 janvier, Ethmane, présenté par une partie de la presse comme un délinquant multirécidiviste, poursuivait sa garde-à-vue ; à la même date, les lyncheurs jouissaient d’une entière liberté.  

 

II. L’ENVIRONNEMENT 

2. Le racisme, en Mauritanie, ne constitue en rien une nouveauté. Il relève d’une banalité sociale dont témoignent des siècles d’esclavage et deux décennies de persécution des ethnies négroafricaines du Sud. L’insolite, ici, réside, dans  l’usage assumé de sévices, relevant de la privatisation de la justice, par des auteurs peu enclins à l’anonymat ; leur volonté de se donner en exemple, au travers de l’image, témoigne d’une certaine sérénité. Pour parvenir à un tel degré d’assurance, il fallait, aux apprentis suprématistes, la certitude de l’impunité.  

3. Certes la Mauritanie dispose de lois exemplaires en matière de promotion de l’égalité et de répression des atteintes à l’intégrité du corps mais elles ne servent, in fine, qu’à occulter la permanence des crimes prétendument combattus. Une juridiction spécialisée dans les pratiques serviles et le trafic de personnes, une loi contre la stigmatisation, un mécanisme de pénalisation des traitements inhumains et dégradants se soldent, jusqu’ici, par l’absence de condamnation. Pourtant, comme l’attestent plusieurs rapports internationaux, le pays s’immerge dans la violation de la dignité des gens ; plus l’arsenal du droit s’enrichit, davantage s’aggravent les situations visées. Les partenaires extérieurs, quelquefois par  naïveté, souvent en vertu du cynisme de la patience, misent sur « les engagements », le « renforcement des capacités », la ratification des conventions et traités et autres diversions à l’épreuve desquels les oligarchies du Tiers-monde excellent.  

4. Déni officiel et complaisance extérieure se conjuguent, alors, au nom de la non-ingérence, pour perpétuer des pouvoirs de prédation et de brutalité. La Mauritanie confirme l’usage ; bien plus qu’ailleurs, l’étranger diplomate risque, assez vite, d’y succomber aux cadeaux et sirènes de l’hospitalité vicieuse ; en contrepartie d’un regard flou sur le présent et les perspectives d’un système de domination voué à se reproduire par la violence à la fois symbolique et physique, il recueillera bien des faveurs. Aujourd’hui, l’hégémonie ethno-tribale bénéficie d’une quasiconnivence dans le reste du monde. Or, évidence du paradoxe, l’essence « racialiste » de l’oppression s’appuie sur un potentiel d’extrémisme religieux en diffusion accélérée dans la sousrégion. La République islamo-arabiste de Mauritanie, projet de Talibanie incrustée entre de l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb, n’a pas encore épuisé ses ressources d’inhumanité. Le pire arrive.  

III. QUE FAIRE ? 
5. Il ne s’agit plus de dénoncer, encore moins d’argumenter, tant l’itération de telles bavures jalonne la lutte pour une Mauritanie émancipée des privilèges de naissance, sur le chemin de la rationalité et en adéquation au cours de l’histoire. L’effort de la non-violence, vers la rupture, suivra sa nature conflictuelle parce qu’aucune construction sociale ne consent d’elle-même à renier l’iniquité qui la fonde et en garantit la reproduction. Dans cet espace d’ignominie où torturer un noir, en 2018, tient de la distraction, il n’y a désormais de communauté de destin, non plus d’avenir en commun. L’immunité des uns produit la révolte des autres. Ainsi évolue le genre humain.  

Nouakchott, le 15 janvier 2018 
Conscience et Résistance (Cr, association social-démocrate, écologiste et laïque, non autorisée).  

 

Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira, association anti-esclavagiste, non autorisée).

Urgent: les IRAOUIS violemment réprimés par la police lors d’une manifestation pacifique!


IRA-Mauritanie a prévu de sortir dans une marche pacifique lundi 15 janvier 2018 arborant les photos des victimes d’exécutions à caractère raciste à Inal et ailleurs sur le territoire national, mais aussi les photos des militants d’IRA incarcérés à Birmogrein, ainsi que l’effigie du sénateur Mohamed Ould Ghadda et son codétenu Mohamed ould Mohamd Mabareck, et les deux photos du poète Abdallahi ould Bouna et de l’homme d’affaires Moussa ould Mkhaitrat. Cette marche vise à attirer l’attention de l’opinion publique nationale et internationale, qu’en Mauritanie, les victimes des crimes d’État ne sont pas oubliés et que l’exigence de la libération immédiate et sans conditionvers détenus d’opinion, est une priorité et préoccupation nationale.

Très tôt le matin, les unités des corps sécuritaires ont quadrillé les rues de Nouakchott, la capitale mauritanienne et procédé à plusieurs arrestations dans les rangs des activistes du mouvement Abolitionniste. Mais cette mesure n’a pas empêché les militants iraouis de décembre avec force au carrefour de la Polyclinique pour marcher vers le siège des Nations-Unies à BMD. 

La police, armée de matraques, de gourdins,  a utilisé la violence indicible contre les manifestants pacifiques; des arrestations en nombre indéterminé ont été orchestrées, des militantes et des militants, gravement blessés ont été admis aux urgences de l’hôpital de Nouakchott.

Crédit source: milieux proches du mouvement IRA-MAURITANIE à Nouakchott.