Appel aux dons de solidarité !

Cette cagnotte publique est ouverte pour aider les victimes des agressions physiques perpétrées par d’extrémistes féodaux dans les villages soninkés de Bafrara et Kainéra au Mali dans les journées du 10 et 11 octobre 2018. Dans ces localités, des personnes qui refusent de vivre sous le joug humiliant et affreux de l’esclavagisme statutaire chez les soninkés, ont subi des actes de violence d’une gravité innommable aujourd’hui au 21ème siècle.
Le lien pour vos dons en ligne https://www.helloasso.com/associations/armepes-france/collectes/collecte-de-fonds-1

Nos numéros de contact pour les dons en espèces : +33669622279 , +33650741250, +33663432338, 0033618565599,+33753361901

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Rencontre IRA-France – URPANAF en France pour soutenir Biram Dah Abeid.

《 Ce que les élites africaines ne font pas pour le peuple, le peuple le fera pour lui même 》 Kemi Seba

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Le mouvement abolitionniste IRA (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) et le mouvement d’éveil panafricain URPANAF (Urgences Panafricanistes) ont organisé un point de presse de soutien au président Biram Dah Abeid ce samedi 13 octobre 2018 à Bagnolet (Région parisienne).

Vers 16 H , devant un public très intéressé, Mr Ameth Gaye chargé de Com IRA-France et Mr Hery Djehuty coordinateur URPANAF et conseiller de Kemi Seba, ont ouvert les échanges en faisant un retour sur l’engagement courageux et historique du leader Biram Dah Abeid et son mouvement IRA créée en octobre 2008 mais toujours non reconnue par les autorités de Nouakchott. La rencontre de Bagnolet s’inscrit dans la journée internationale de soutien à Biram Dah Abeid emprisonné en Mauritanie depuis le 7 Août 2018. Mr Djehuty coordinateur URPANAF appelle à une synergie des forces vives et libres du monde panafricain pour des solidarités actives transnationales. Comme actes concrets, le conseiller du célèbre leader panafricaniste Kemi Seba estime utile d’entreprendre des coups d’éclat en interpellant les officiels mauritaniens partout où l’occasion se présente sur les agissements injustes et racistes de l’État. Il est lieu également d’initier l’émergence des petites activités économiques auprès de la couche féminine du peuple qui souffre. Permettre aux gens atteints par des injustices multidimensionnelles, une certaine autonomie financière.

Parmi les participants, les différentes interventions ont été très instructives et franches notamment sur les problématiques de l’esclavage d’une manière globale en Mauritanie. La question sensible de la féodalité et des séquelles esclavagistes au sein des peuples noirs, a surgi dans les échanges. Le cas de l’actualité dans des localités soninkés au Mali, a été soulevé. Le 10 octobre dernier, des Noirs féodaux soninkés ont attaqué et humilié publiquement leurs semblables parce que ces derniers refusent d’être des esclaves statutaires dans le système féodalo-esclavagiste érigé en mode de vie dans certaines communautés noires au coeur de l’Afrique. Mr Ameth Gaye chargé de Com IRA-France a rappelé que l’engagement du mouvement IRA englobe fermement toutes les injustices dans le pays sans aucune distinction. Et Mr Dah Abeid élu député au parlement mauritanien lors des élections législatives du 1 et 15 septembre dernier, a toujours pointé les anachronismes mesquins que constituent les considérations et les mentalités féodales parmi les communautés noires.

Des remerciements chaleureux ont été exprimés aux organisateurs (URGENCES PANAFRICANISTES) de cette initiative à vocation internationale pour la CAUSE de Mr Biram Dah Abeid.

Reportage BLOG par K.S

Communiqué de presse : Des extrémistes féodaux agressent sauvagement des paisibles citoyens dans des localités soninkés au Mali.


Ce 10 octobre 2018, dans la localité de Bafrara, village soninké du Mali, des agressions physiques d’une violence inouïe sont perpétrées par une foule féodale déchaînée contre quelques membres de la communauté GANBANAAXU*. Depuis plusieurs mois, les autorités maliennes en milieux soninkés, tergiversent par d’approches ambiguës vis à vis du régime féodalo-esclavagiste soninké devenu de plus en plus agressif. À Bafrara, certains citoyens qui portent l’éveil antiesclavagiste, ont vu leurs jeunes plants détruits dans un champ par des extrémistes féodaux du village. Après ces actes inhumains et sauvages dans une communauté ethnique partageant la même religion, les victimes ont été attaquées et humiliées (Attachées comme du bétail) publiquement dans le village. Blessés et atteints profondément, ils sont aux soins toujours ces dernières heures. L’affaire est portée aux autorités compétentes qui disent suivre les investigations. Dans une bagarre provoquée en parallèle par de jeunes féodaux , un jeune garçon membre de la communauté GANBANAAXU a reçu un couteau et est également aux soins à Kayes.

Dans la nuit du 11 octobre 2018, à Kainéra, autre village malien , d’autres membres GANBANAAXU sont attaqués également par certains extrémistes féodaux.

Nous condamnons fermement ces agissements sauvages et graves. Nous interpellons les autorités publiques du Mali sur la gravité de cette situation qui prévaut dans certaines contrées soninkés.

Fidèles à notre principe de pacifisme cultivé fièrement, nous réitérons l’appel à nos membres et sympathisants pour tenir à ce principe cardinal. L’ambition digne de notre engagement vaut plus que les manoeuvres haineuses et agressives de nos détracteurs dépassés et défaits MORALEMENT.

TOUS ÉGAUX EN DIGNITÉ ET EN DROITS.

*Mouvement pacifique d’émancipation des descendants d’anciens esclaves en milieux soninkés.

Pour la communication GANBANAAXU.

13 octobre 2018

IRA-Mauritanie : Réaction après les menaces et harcèlement de la police

Après les 3 marches pacifiques successives organisées par IRA – Mauritanie les 18/19/20 février 2018 contre la montée insupportable des prix et la faillite de la monnaie nationale, les autorités policières ont convoqué le président Biram Dah Abeid (dans la nuit du 20 au 21 février 2018) et l’ont menacé de sévir contre sa personne et contre IRA – Mauritanie si les manifestations se poursuivent. Aujourd’hui encore, après la marche pacifique organisée ce 08/10/2018 devant l’Assemblée nationale pour exiger la libération du président Biram Dah Abeid et qui a été violemment réprimée et dont les images des militantes et militants, ensanglantés, ont émus le monde entier, c’est le coordonnateur de l’organisation monsieur Elhaj Elid qui a été convoqué au commissariat 3 de Riyadh (quartier périphérique de Nouakchott, la capitale).
Le commissaire …. lui a signifié qu’il est porteur d’un message des hautes autorités du pays qu’ils veulent transmettre à travers lui à IRA – Mauritanie et leur dire que les manifestations ne sont pas autorisées et que toute manifestation organisée par IRA sera réprimée dans le sang et que même les regroupements des gens de IRA, à l’intérieur de leurs maisons, sont interdits et seront sévèrement sanctionnées.
Nous interdire de manifester pacifiquement pour exiger la libération de notre leader injustement incarcéré, est un acte hors-la-loi et anticonstitutionnel, s’est exclamé Elhaj Elid. Avant d’ajouter que les menaces, le harcèlement, la répression, les arrestations, la prison ne nous ébranleront point et aucune manifestation ne sera annulée car on ne fait qu’exercer nos droits garantis par la constitution.
Et le coordinateur régional d’IRA à Nouakchott d’ajouter à l’adresse de l’officier de police : nous notons aussi que vous utilisez la violence sauvage contre les noirs-hratin et vous traitez les manifestants en totalité composés d’Arabo berbères d’une manière beaucoup moins violente, plus humaine et bien plus proche du droit. C’est une preuve supplémentaire que votre régime est raciste et discriminatoire.
IRA – Mauritanie réitère son attachement indéfectible à son droit inaliénable à manifester pacifiquement et s’engage à manifester au plus vite pour exiger la libération du président et député Biram Dah Abeid et son compagnon Abdallahi Houssein Messoud.
Elle lance un appel aux élus de la République, aux responsables des institutions de la République, aux ongs et partis politiques ainsi qu’aux mouvements de jeunes mauritaniens, mais aussi aux missions diplomatiques et la presse nationale et internationale, d’observer de prêt la conduite et les agissements de la police mauritanienne que le dictateur Mohamed ould Abdelaziz a transformé en milice pour casser et humilier les populations hratin.

Fait à Nouakchott le 12/10/2018 La Commission de communication

Déclaration : Une décennie de confrontation avec un pouvoir hors-la loi: échec de l’éradication.

Née en octobre 2008, pour combler le vide de la résistance contre les racismes et esclavages domestiques et d’État en Mauritanie, IRA s’est vue imposée une guerre impitoyable d’éradication. Interdiction, agressions, incarcérations, diabolisations, excommunications des dirigeants et membres de l’ONG. Malgré la focalisation de l’arsenal répressif de l’État contre IRA pendant une décennie, le recrutement mafieux et l’achat de membres dirigeants, IRA s’est bel et bien développée et élargie en Mauritanie et à l’extérieur du pays. De surcroît, en cette fin de présidence légale du dictateur Mohamed ould Abdel Aziz, IRA, à travers son influence positive sur le citoyen mauritanien et l’impact de son émanation politique, le Rag, sur les rapports politiques, se révèle encore une fois, l’ennemi à abattre du dictateur, dans sa tentative de se maintenir au pouvoir de manière directe ou indirecte.
Pour ce faire, le procédé brutal et infâme a consisté à emprisonner le président Biram Dah Abeid à la veille et pendant la dernière compétition électorale et delà de son élection comme député représentant du peuple. Selon les plans que déroule le putschiste récidiviste pour reproduire et prolonger son emprise politique sur le pays, il faut neutraliser, le temps de cette « transition », l’opposition sociale, populaire et droits-de-l’hommiste, qui est la faction la plus combattive et déterminée. Donc sortir d’abord le leader Biram Dah Abeid du champ de l’action, en utilisant l’appareil judiciaire inféodé, ensuite utiliser un surplus de violence policière répressive pour réduire au silence et à l’inertie les populations militantes engagées dans IRA et espérant la fin de l’esclavage, du racisme et l’avènement de la vraie démocratie à travers le départ du pouvoir de Mohamed ould Abdel Aziz. Cette option de l’insatiable dictateur s’est traduite dans les faits par l’ordre donné aux unités de police de réprimer dans le sang la manifestation pacifique que les militantes et militants d’IRA on organisé devant l’Assemblée nationale mauritanienne pour réclamer la fin d’une incarcération politique d’un élu représentant du peuple.
IRA-Mauritanie, dirigeants et militants, réitèrent aujourd’hui la poursuite de leur engagement dans une lutte frontale et toujours pacifique contre le système de terreur, d’apartheid non-écrit, de vol des richesses du pays, et de triche diplomatique, que personnifie Mohamed ould Abdel Aziz.
Nous tendons la main à tous les justes, démocrates et patriotes mauritaniens, quels que soient leurs formations politique ou civiles, pour une union sacrée contre le passage en force illégal du régime maléfique de ould Abdel Aziz au prochain quinquennat.
A présent, nous vous convions à écouter les justes témoignages des victimes et blessés des scènes de terreur et de tortures collectives et publiques que la police a reçu l’ordre d’infliger aux manifestantes et manifestants pacifiques d’IRA le 8 octobre 2018 sous les yeux des députés du nouveau parlement.

Le bureau exécutif
Nouakchott, 10 octobre 2018.

Source crédit : Réseaux IRA

Communiqué de Tawassoul sur la répression contre les militants du mouvement anti esclavagiste IRA.

Les forces de l’ordre se sont rendus coupables d’une répression sauvage et sanglante contre des manifestants pacifiques, causant des blessures graves parmi les paisibles citoyens, qui exprimaient pourtant civiquement et dans le respect strict de la loi, leur refus de l’injustice et leur revendication légitime de la libération de l’honorable député Biram Dah Ould Abeyd, afin qu’il puisse bénéficier de son droit de participer à la session ordinaire de l’assemblée nationale ouverte lundi 08 Octobre.

En effet, ces forces de l’ordre commettent ainsi leur énième atteinte aux droits de l’homme, particulièrement au droit à la manifestation garantie par la Constitution. Par conséquence, nous, Rassemblement National pour la Réforme et le Développement (Tawassoul) exprimons :

1. Notre condamnation énergique de cette agression brutale perpétrée par le régime contre des citoyens, dont le seul tord est d’exprimer pacifiquement leurs opinions et droits légitimes. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux victimes et exprimons notre solidarité avec leurs familles.

Par ailleurs, au lieu de s’adonner à cette pratique sauvage, le régime aurait mieux fait de satisfaire leurs doléances.

2. Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de l’honorable député Biram Dah Ould Abeyde, et le permettre d’exercer sa fonction en tant que député élu par le peuple.

Mais aussi l’arrêt des poursuites injustes contre des sénateurs, syndicalistes, journalistes et hommes d’affaires.

3. Nous lançons un appel à l’ensemble de l’opposition démocratique et toutes les forces du changement de resserrer les rangs afin de faire barrage et d’arrêter le recul dangereux des libertés publiques, et faire face à la menace réelle contre la démocratie dans le pays.

Nouakchott, le 8 octobre 2018

Secrétariat national à l’information et à la communication

BIRAM DAH ABEID : LETTRES DE PRISON, SAISON 2018

Sixième acte

Le 31 mai, au terme d’une négociation réglée sans tambour, le parti Sawab adopte mon projet de présidentiable et nous octroie, à mes camarades et moi, sa couverture légale. Le pouvoir, transi de peur, jette sur la coalition nouvelle-née, une interdiction de 24h mais se ressaisit devant l’énormité de la transgression, le viol de ses propres lois. Après un pointillé, d’alternance, d’hésitation et de résolution, il se rabat sur des procédés plus familiers, en l’occurrence ceux de la Maffia. Ainsi, autorise-t-il le déroulement de la cérémonie qui scelle l’alliance Rag-Sawab mais stipendie, en même temps, un sombre chroniqueur de fait divers auquel il confie la mission de saboter le rapprochement.

Enfermer pour bâillonner

Ledit plumitif, pris, au bout de 10 ans, d’un soudain intérêt pour notre lutte, incarnait la mise en œuvre du plan C. En vertu du A, le Ministre de l’intérieur tentait d’empêcher l’évènement, sans succès. Alors, le B consista à me compliquer l’obtention d’un certificat de casier judiciaire, préalable à ma candidature auprès de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni). La plainte en diffamation, introduite par le journaleux, devait rédimer l’échec des expédients antérieurs. Or, c’était sans compter sur l’imagination vénéneuse des zélateurs, la gent besogneuse de gagne-petit et de lambinards dont le département de « la justice » constitue le réceptacle atavique. Pour m’y être frotté à proximité et de près, je ne conçois, en Mauritanie, d’entreprise des humains, plus favorable à la rapine qu’un palais de justice. Je vous administrerai la démonstration plus avant.

Avec la célérité reconnaissable chez le stagiaires de haute grivèlerie et prmi les apprentis du stellionat, les officiers de police judiciaire, jusqu’ici tapis dans l’attente de l’exploit prévisible, se mirent à la tâche, ornant de mille disgrâces comme, les abeilles sur le filet de miel, l’hypothèse de mon éviction. Ainsi, s’avisèrent-ils de m’imputer, en sus de la calomnie envers le plaignant, un surcroît d’incitation à la violence et un chapelet d’autres amabilités, d’un aloi parent.

Il fallait m’empêcher d’entrer à l’Assemblée nationale et, mieux encore, invalider ma prétention à briguer la Présidence de la république en 2019. Pourquoi tant de ténacité à l’ouvrage, depuis plus d’une décade en années ? Le système d’hégémonie tribale s’acharne à nous museler, aux fins – vaines – de retarder l’émancipation des citoyens d’ascendance subsaharienne et son corolaire vertueux, l’exercice du pouvoir d’Etat mais, là, il s’agit de bien plus. L’on oublie souvent que sous la charge tempétueuse des Hratine et des kwars (ethnies noires de Mauritanie), pointe une troisième vague qui risque de liquider la domination, en son cœur : je parle de la revendication d’égalité, de partage matériel et de considération, par les castes, toute ethnie confondue ; si les groupes autochtones du Sud s’accommodent de l’éveil de leur cadets sociaux et semblent lui survivre, l’ensemble maure, hélas, ne se conçoit de pertinence ontologique ni de légitimité en dehors de la hiérarchie, de la généalogie et du privilège de race. Son outrance à notre encontre résulte de la conscience lucide que nous œuvrons à le sevrer de sa substance nourricière, c’est-à-dire produire et consommer le fruit de la préférence indue, de la triche et du fanatisme érigé en carapace à toute adversité. Le pouvoir nous livre la guerre de sa survie car la résilience de sa reproduction sociale ne s’acclimate à un environnement de concertation, d’écoute ou de respect mutuel. Le véritable piège dans la vie, consiste à s’imaginer toujours au sommet.

Elu en cellule

Le 13 août 2018, Abdallahi Houssein Messoud et moi sommes inculpés, soit 4 jours avant le début de la campagne couplée pour l’élection du Parlement, des mairies et des conseils de région. De facto, ma voix cessait de résonner dans le concert de la contradiction démocratique. Je n’étais plus audible.

En dépit de la Constitution, le Chef de l’Etat dirigeait la réclame de son parti et s’y démenait en promesses, intimidations et gesticulations, usant, à titre exclusif, des symboles et moyens de l’autorité publique. A cette fin, il me nommait et désignait à l’opprobre, comme criminel, ennemi de la nation et de l’Islam, démagogue, escroc et imposteur, assoiffé de richesse et de prébendes octroyées par l’Occident ; selon Mohammed Ould Abdelaziz, à qui l’humour involontaire fait trousser de désopilantes saillies, j’aurais inventé le faux problème de l’esclavage et créé une organisation (IRA) pour fructifier le négoce du sentiment; Selon lui, l’Occident – mythifié et fantasmagorique bien entendu- rémunèrerait avec munificence, tout mercenaire apte à troubler l’unité nationale, la paix civile et la primauté de l’Islam en Mauritanie. Par les trois motifs, entendez, plutôt, la préservation du statu quo. Cette théorie de la conspiration, mes compatriotes maures se la transmettent, en toute névrose, depuis l’essor du nationalisme arabe à la fin du siècle révolu. Elle y passe pour haute science et marque d’intelligence.

Dans ses meetings de campagne, Mohamed Ould Abdel Azizi appelait, les mauritaniens, à voter les listes candidates du parti-État, en vue de barrer la route à une dangereuse coalition celle de l’aile politique d’IRA, alliée au parti Sawab. Il répétera, plusieurs fois au cours de ses interventions, qu’il ne laissera les « extrémistes » entrer au Parlement. Certains milieux ont voulu expliquer qu’il s’adressait aux islamistes de Tawassoul, interprétation peu scrupuleuse pourtant, ces derniers ayant toujours siégé dans les deux chambres, parfois sous une coalition avec l’Union pour la République (Upr), le cheptel électoral du Chef de l’Etat.

Qu’importe, j’ai été élu, en compagnie de quelques camarades. Nous voici désormais à l’intérieur de l’antre mais avertis de ce qui nous entoure et armés en conséquence.

L’incurie au sanhédrin

A. Un personnel tombé du camion

Le 13 août, avant de m’interroger, le juge d’instruction Mohamed Vadel Limam me dispensa d’abord, un cours sur la démocratie, la justice et la séparation des pouvoirs en vigueur sur le territoire de la République islamique de Mauritanie. Il égrenait le titre avec une fatuité risible. Je lui rétorquais que le ministère public, comme de jurisprudence depuis 2010, a inventé, à mon endroit, les chefs de « menaces de mort » et « violence ». Le juge réagit en brossant un tableau idéal du régime et surtout de la bonne conduite du procureur, du Parquet et de la police ; il décrivait des institutions au dessus de tout soupçon, pas celles que nous subissons, bien entendu ; selon ses lumières, ô combien précieuses à l’abord, la garde-à-vue prolongée d’une semaine, les privations de sommeil, de visite parentale, de consultation médicale et d’avocats, relèvent de la normalité dans la procédure; suite à mon insistance, il m’apprit, non sans s’agacer, que l’empêchement de lecture durant la longue et pénible semaine dans le cachot de la police, comme l’interdiction de se doucher, de disposer d’une natte, d’une couverture ou de moustiquaire ne méritent mention devant un homme de loi. Pour Mohamed Vadel Limam, il s’agissait de banalités, de trivialités sur lesquelles seuls insistent les politiciens, toujours avides de détourner la procédure; le brave édile m’avertit, avec certitude, que la manœuvre ne passerait auprès de lui. Aussi, tien-il, par charité et scrupule d’autodidacte, à me consentir un brin de son opinion coruscante : le procureur et la police ont très bien accompli leur travail et, en Mauritanie, l’autorité suprême est totalement neutre quand au déroulement du contentieux devant les tribunaux. J’avais l’occasion d’éclater de rire et m’abstins, au moins pour découvrir à quel couvée j’avais affaire, tant le plumage bariolé forçait la stupéfaction.

Sur le fond du dossier, l’honorable Mohamed Vadel Limam m’a posé deux questions et servi une assertion.

-Reconnais-tu les chefs d’inculpations dont t’accuse le Parquet? Non.

-Es-tu prêt à demander des excuses au journaliste Dedde Abdallah, de l’avoir traité d’agent de la police politique? Non, je persiste et signe que Dedde Abdallah est une taupe de la cellule de police politique chargée de s’occuper des organisations auxquelles nous appartenons, mes camarades et moi ; oui, sa mission consistait à abuser de ma confiance, provoquer une controverse, réaliser un faux témoignage et des déclarations indues pour créer le prétexte au dictateur de m’écarter du champ des droits humains et de la compétition électorale en 2018 et 2019. Cet agenda, Monsieur le juge, se déroule sous vos yeux.

-Même si tu lui demandais des excuses et même si le plaignant les acceptait et retirait sa plainte, je t’enverrais en prison. Je te dis, dés à présent, tu va y croupir, d’ailleurs sur le champ, je t’expédie dedans mais te conseille de laisser la politique et surtout de renoncer à cette activité insignifiante que sont les élections, oublie les élections, repose-toi et quand Dieu te donnera l’occasion de sortir, après avoir demandé le pardon à ce journaliste, occupe-toi de ta santé et laisse de côté la politique.

Monsieur le juge, peu soucieux de l’expression apaisée des suffrages et précisément en rogne contre la démocratie, signe le mandat de dépôt pour Abdallahi Hussein Messaoud et moi ; la conscience tranquille, il nous fait enfermer. Toutefois, nous ne devions tarder à nous revoir. En effet, 3 jours après son acte d’incarcération expéditive, le juge d’instruction du tribunal de Nouakchott-Sud Mohamed Vadel Ould Limam, émet une ordonnance de nous extraire, mon co-détenu et moi, en vue de notre audition pour clore la phase de l’instruction. Le ministère public s’oppose à la nouvelle comparution et la bloque, au mépris de l’indépendance du magistrat.

B…qui roulait à vive allure

Le mercredi 29 août, l’estimable individu arrive brusquement à la prison et veut procéder à l’interrogatoire. Nous refusons de nous plier au jeu incongru de questions-réponses car le magistrat, outre sa posture partiale, nous inspirait de l’inquiétude sur sa propre lucidité. Nous excipons du droit au silence, à cause de l’absence de nos avocats, dont aucun n’avait été informé; nous sommes jetés, depuis deux semaines, dans le couloir d’une cours exigüe de la prison, sans toit susceptible de nous abriter de la pluie, lors fréquente à Nouakchott. Astreints à l’insomnie et à l’angoisse, nous ne disposions d’habitat personnel, comme le commun des prévenus ou condamnés. La prison civile de Nouakchott, très largement surpeuplée, présente le risque, pour un détenu d’opinion, de subir les maltraitances. La cruauté des droits communs le dispute à le zèle des gardes pénitentiaires.

Le juge nous menace, de nouveau et nous enjoint de savoir que la loi sera appliquée pour rendre justice à un citoyen lésé. Il recommence à nous raconter, avec des détours d’éloquence hasardeuse et quelques approximations d’une sapience étriquée, que le pouvoir est neutre et les juges indépendants. Je prends la parole pour déconstruire, point par point, son homélie studieuse, partagé que je suis entre la perplexité et l’amusement!!! Dans le magistère de la justice – métier noble et de tact sous des cieux d’exigence et de rigueur – certains de nos « magistrats » sembleraient évadés, au 19ème siècle, d’une bédouinie poussive. Tout, en eux, exhale le temps faisandé et à replis où l’on rendait la justice non pas sous un chêne mais comme un gland. Les quidams d’aussi singulière facture, le ministère de tutelle en rémunère des centaines, dispersés aux quatre coins du pays. Ils sont interchangeables, pliables et duplicables à l’infini. Pour mesurer le degré de similitude à l’énoncé de leur science dévoyée, il vous suffit de les brancher sur l’esclavage en droit « musulman ». Vous verrez, ils maîtrisent le chapitre et excellent à sa rumination.

Face à notre refus de lui répondre, le susdit réplique, en vrac : il n’est pas concerné par la manière dont l’on nous traite en prison, il « se fiche pas mal » de cette situation même s’il en admet l’inconfort. Enfin, il nous met en demeure d’accepter l’interrogatoire, séance tenante, sinon il irait en congés, nous maintiendrait sous écrou jusqu’à la fin d’octobre 2018. Nous lui répliquâmes à l’unisson : prononcez l’injustice qui vous sied, nous ne parlerons sans l’assistance de nos conseils !

Alors, il conclut, ainsi : donc restez ici en prison jusqu’à mon retour de congés fin octobre !

En attendant l’épilogue

La liste officielle des députés de la République, dont je fais partie, devait être convoquée et se réunir, comme le stipule la constitution, la première journée ouvrable du mois d’octobre ; or, la règle constitutionnelle a été enfreinte, pour la première fois en Mauritanie. S’y ajoute mon maintien en prison, malgré le rang de député. Le gouvernement s’échine à dénicher un tour de fourberie juridique, un escamotage de batellerie en eau trouble, qui me priverait de siège au Parlement.

Biram Dah Abeid, Prison civile de Nouakchott, le 09/10/2018

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Crédit source : Réseaux IRA