Réflexion/Idées : 《2020 : l’incontournable Islam (partie 2 la suite)》Par Ousmane Timera

Partie 2/2 : Les dessous philosophiques de la mondialisation actuelle qui expliquent pourquoi l’islam est incontournable pour l’avenir du monde.

Poussons plus loin encore la réflexion sur les dessous philosophique de la mondialisation.

Cette encapsulation ou emprisonnement de l’être humain dans sa dimension naturelle et dans les lois de la nécessité, de la concurrence et de la sélection/élection naturelle, sera philosophiquement théorisé par la pensée spinozienne et hégélienne, cette dernière opérant un retour, voire une régression (à notre avis) vis-à-vis des acquis de la modernité et de la pensée, notamment avec Emmanuel Kant, et la distinction qu’il établi entre les phénomènes (ce qui appartient au champ de l’expérience et de la science) et les noumènes (ce qui ne peut faire l’objet d’expérience mais que la raison accepte et pense) qui transcendent les premiers.
C’est cette distinction qui permet le dépassement de la nécessité naturelle et l’existence de la dimension supérieure spirituelle, de la liberté et de la créativité, et que Ghazali nommera « le stade de ce qui est après la raison » (bien qu’il donnera à ce concept un contenu mystique qui pose problème à notre avis. Mais c’est un autre débat que nous traiterons en d’autres occasions).

C’est cette distinction nécessaire pour établir la loi morale, fondée sur la dignité de l’homme et sa spécificité en raison de la dimension spirituelle qu’il porte, et qui ne peut se confondre avec l’ordre de la nature et de l’histoire. C’est cette distinction disions-nous, qui sera annulée par la pensée de Hegel, reprenant le cœur de la philosophie de Spinoza (qui intègre l’essence de Dieu dans la nature et le monde) tout en la critiquant. En leur dénominateur commun, pour Spinoza comme pour Hegel, la réalité divine se confond avec celle du monde tel qu’il est. En d’autres termes, il n’y a pas « d’au-delà » de ce monde qui l’orienterait vers le mieux et le meilleur, car l’ordre du monde est la réalité même de Dieu, qui s’y est incarné et s’y réalise. Il est donc absolu (c’est-à-dire que rien n’est au-dessus et il se suffit à lui-même).

La différence essentielle entre Hegel et Spinoza, se trouvera dans l’entité ontologique qui recevra/dévorera l’entité divine pour uniformiser ensuite la réalité et « unidimensionnaliser » l’homme (car l’idée de Dieu façonne l’idée de l’homme). Ainsi pour Spinoza il s’agira de la nature qui absorbe l’essence de Dieu ; pour Hegel il s’agira de l’histoire qui absorbe l’essence divine. Mais dans les deux cas, le déterminisme est régnant. Et la place à toute idée d’un monde métaphysique et métahistorique qui fonde la liberté et la morale et les possibilités infinies d’un monde, et qui n’obéit pas aux règles de ce monde de nécessité mais les fonde, est inexistante et devient une chimère. Marx (et Feuerbach aussi d’ailleurs) ne feront que reprendre en son essentiel cette idée, ce en allant au bout de la pensée hégélienne (qui fait de l’histoire l’incarnation de Dieu qui se réalise dans le monde): le reniement de toute transcendance et de Dieu (qui devient une création de l’homme), et la réduction de la conscience à ce monde (débarrassé du dieu qui ne se distinguait plus de la nature ou de l’histoire) et ses règles naturelles-historiques, faite de contradictions, de lutte et d’élimination au profit du plus fort, qu’il s’agit de prendre pour la raison d’être du monde et de l’homme.

Ainsi, après la divinité, c’est l’humanité qui se fait absorber et diluer dans ces lois répétitives et indifférentes à la qualité, à la beauté et à l’esprit. L’homme, n’ayant plus de principe supérieur qui fonde sa supériorité, devient (un) moyen et adopte alors pour morale les règles qu’il découvre dans la nature et/ou les outils et idées qu’il invente dans l’histoire, et tente de se soumettre et de s’adapter à elles. C’est cela même qu’est l’idolâtrie des choses (la nature, ses éléments et les origines) ou des idées (l’histoire, les ancêtres et les origines) telle que le Coran le décrit à merveille. L’être humain alors se perd et se fond dans les lois aveugles du fonctionnement mécanique du monde physique et biologique.
Ce qui est, et que l’on croit connaitre totalement, devient ce qui doit être et ce qui doit être fait. Il n’y a plus alors de mystère /ghayb ou de limite à la raison et au savoir ; et il n’y a pas, de morale, de limite et d’interdit qui oriente la volonté et l’action. C’est l’illusion du savoir absolu et celle du droit sans limite de jouir, avec pour seule limite ce que nous impose la nature en attendant sa domination, même si cela a pour conséquence la destruction de la vie biologique et symbolique.

L’économisme capitaliste ou communiste, le monothéisme néolibéral du marché, l’adoration de la concurrence libre et non faussée, le consumérisme, le nationalisme, le suprématisme identitaire, racial, culturel ou ethnique, ou l’obnubilation pour une gouvernance des êtres humains fondée sur le chiffre et le calcul au travers d’indicateurs cybernétiques, contre la gouvernance humaine morale et démocratique. Toutes ces choses qui se transposent dans vies quotidiennes et qui empoisonnent la civilisation humaine, ne sont que la transposition, idéologiquement construite, de cette vision naturaliste, animaliste et scientiste de l’être humain, coupé de toute transcendance divine, après que cette dernière fut en amont falsifiée et détruite, en la diluant dans la nature, l’histoire ou l’homme.

La mondialisation et globalisation actuelles, et la civilisation qui en a inspiré l’esprit et reste son moteur principal, ne causent ainsi les crises économiques et les désastres écologiques qui abiment tant l’humanité et le monde, qu’en raison de cette séparation du spirituel et du temporel, et l’exclusivisme qu’elle donne à la gestion et jouissance plate et quantitative de l’ici bas. Elle se contente des moyens et elle combat férocement les fins. En d’autres termes, elle idolâtre le corps qu’elle oppose à l’esprit qu’elle combat. Et elle emprisonne et veut réduire l’existence à sa réalité éphémère, instinctive et instantanée.

L’Homme ainsi fait la guerre à l’Humain pour le transformer angéliquement ou diaboliquement, selon le prisme idéaliste ou naturaliste dans lequel la domination tente de l’appréhender. Nous touchons ici au fondement religieux judéo-chrétien de la mondialisation que Spinoza et Hegel n’ont que philosophiquement conceptualisé. Il nous faut donc interroger les religions juive et chrétienne dans le rapport au monde qu’elles ont instillé dans les consciences et européenne et américaines et les philosophies hegeliennes et spinoziennes qui inspirent l’esprit de la mondialisation actuelle (la suite prochainement).

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (25 janvier 2020)

Réflexion/ Idées : 《2020 : l’incontournable Islam (partie 2) 》 Par Ousmane Timera

Partie 2/1 : Les dessous philosophiques de la mondialisation actuelle qui expliquent pourquoi l’islam est incontournable pour l’avenir du monde.

L’Islam est incontournable. Ce n’est pas une simple déclaration emprunte de romantisme. L’actualité nationale et internationale le montre. C’est philosophique et politique. Il nous faut en profondeur le démontrer et dire pourquoi. Ce texte sera donc un peu difficile. Il dépasse le prêchi-prêcha qui nous est servi. Il vous respecte. Accrochez-vous. Elevons-nous.

L’Islam est incontournable ? Cela tient en ces deux points. Comprenons-les:

1) Il y a correspondance de l’Islam, en ses enseignements et réformes, en tant que négatif et opposition, avec les dessous philosophiques de la mondialisation actuelle. Ces derniers, en tant que projet de civilisation, sont devenus en effet le contraire exacte, le reflet négatif de la philosophie de l’Islam telle qu’exposée dans le Coran. Et leur échec actuel, tant sur le plan civilisationnel et socio-écologique, est une justification irrémédiable du projet cosmique (nous entendons par le terme « cosmique » ce qui prend en compte les choses avec l’ensemble de ce qui est, en ses relations et interactions infinies dans la mesure du possible) de l’Islam et sa réalisation à venir, libérées des interprétations éculées et/ou contre-coraniques du passé et du présent.

2) Il y a correspondance du projet coranique avec les revendications des peuples pour la dignité, l’égalité et le partage équitable des biens et du pouvoir, ainsi qu’avec la conscience de plus en plus accrue de l’humanité en tant que famille, quant à son unité et le besoin de sa réalisation solidaire, spirituelle et politique à l’échelle planétaire, au-delà des frontières et des spécificités ethniques, religieuses, culturelles et sociales. La réalisation de ce projet sera (les prémisses se réalisent sous nos yeux) prise en charge par l’humanité entière qui se rendra compte de la concordance qui existe entre ses aspirations et les inspirations du Coran.
C’est l’existence de ces deux éléments, que nous allons analyser plus en profondeur, qui rend l’Islam incontournable, en raison de sa vision et de son projet cosmique, pour l’avenir du monde tant sur le plan philosophique-religieux (la dimension spirituelle et symbolique de l’humanité) que sur celui géopolitique qui commande la politique (la dimension temporelle de l’humanité). Et c’est ce qui explique en partie, selon nous, le fond de l’excitation et de l’agitation de l’ordre mondial actuel contre/vis-à-vis de l’Islam.

Analysons le premier point et répondons à cette question :

Quels sont les dessous philosophiques de la mondialisation actuelle et qui expliquent ses dérives politiques et écologiques ? Dérives qui nécessitent et préparent une compréhension et une réalisation plus accomplies du projet de l’Islam, à la conclusion duquel l’expérience humaine arrivera (est en train d’arriver) bon gré mal gré.

Il faut le dire, les cinq siècles de suprématie occidentale sont sérieusement remis en cause. Nous assistons à un changement inédit des rapports de force au profit d’autres puissances et ères culturelles (notamment asiatiques). Le leadership mondial est en train de changer de main. Et cela ne se fera pas sans conflit.

L’occident, à travers ses élites financières, politiques et intellectuelles, veut garder sa place. Et il lui faut embrigader ses populations et ses moyens pour cet objectif. Quitte, pour ce faire, à revenir sur les Droits de l’Homme et sa philosophie égalitaire, devenue une croyance auprès de la majorité des populations européennes et américaines après l’amer expérience des deux guerres mondiales. Ce, afin que ces valeurs ne soient plus un obstacle moral dans la concurrence effrénée pour les richesses et les ressources ; et pour les replonger (ces populations occidendentales) dans la croyance nauséabonde de la suprématie raciale, civilisationnelle et religieuse, qui justifiera la (future, si rien ne s’y oppose) recolonisation directe de l’Afrique, du Monde musulman, de l’Amérique du Sud et d’une partie de l’Asie, avec l’exploitation outrancière des gens (à l’intérieur comme à l’extérieur des sociétés occidentales) au nom de la guerre économique et de la croissance.

Voilà ce qui explique en partie l’islamophobie et son inoculation médiatique et académique d’une part ; et d’autre part, concomitamment, la mise en pièce méthodique des droits sociaux et économiques et la mise au pas des États, de la démocratie et des populations, pour répondre à la logique froide du marché et aux besoins d’expansion des oligarchies financières.

Telle est la situation que nous vivons. Mais poussons plus loin notre réflexion. La mondialisation et globalisation actuelles, issues du modèle occidental, repose sur l’application de la loi de l’évolution et de la sélection naturelle dans les relations économiques, politiques et internationales. Elle est un reniement méthodique du sens, de la morale, du symbolique et du religieux qui reposent sur la transcendance divine, la dignité humaine et le dépassement de cette vie d’ici-bas vers l’au-delà qui le comprend. Ce, soit par la négation pure et simple ; soit par leur soumission à la justification idéologique de l’ordre des choses. Dieu et la religion, avant (dans une théocratie), l’homme et la démocratie ou les droits de l’homme, aujourd’hui (dans «l’anthropocratie»), sont des paravents qui servent à masquer et justifier la domination : ils en parlent d’autant plus qu’ils n’y croient pas/plus.

En d’autres termes, la séparation et opposition de la nécessité naturelle et de la liberté morale ou, en d’autres termes, de la politique et de la religion, au détriment du second qui s’atrophie (ou le contraire), est ce qui caractérise le modèle civilisationnel de la mondialisation actuelle. C’est une réduction philosophique et religieuse volontaire à l’ici-bas, au détriment de l’au-delà et de l’idéal. C’est un affaissement envers les seuls besoins naturels contre ceux du spirituel qui ne le nie pas et les englobe (du moins en Islam et dans la modernité). Ce qui déchiquette notre monde intérieur et épuise notre monde extérieur, en en faisant un moyen (dans les deux sens) et un combustible pour alimenter l’ordre naturel quantitatif des choses et celui des plus fort, qui se transposent comme idéal indépassable.

Il n’y a ainsi plus de dépassement possible de soi et du monde, car il n’y a plus d’au-delà vers lequel tendre et qui nous inspire. La seule chose qui s’impose c’est alors l’imitation de ce qui est considéré comme le summum (l’Occident) et la soumission de l’Être à cela. Et c’est le plus fort, dans le jeu naturalisé et normalisé des rivalités et interactions entre individus et entre peuples, qui doit avoir raison des plus faibles qu’il est naturellement normal, dans cette logique, d’exclure, d’exploiter et d’écraser.

C’est une conception qui insère et réduit l’homme et les relations humaines dans les lois de la nature, c’est-à-dire de la nécessité déterministe et du rapport de force; et fait du monde de la liberté, c’est-à-dire de la conscience, de la morale et de la religion, une chimère qui ne se sépare point de la réalité naturelle du phénomène humain, au détriment de son autre réalité spirituelle. Il n’est ainsi, de ce point de vue, qu’un animal évolué qui reste tributaire des lois naturelles auxquelles sont soumis, au même titre, les animaux.

Or à ce niveau réduit et restrictif de l’existence, les notions de dignité, de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité sont inexistantes, et ne peuvent servir tout au plus que de moyens (et non de fins) pour, de la part des plus fort, ruser contre les faibles et les soumettre (l’explication de la religion pour Marx) ; ou pour, de la part des faibles, désarmer les plus fort et leur volonté de puissance (l’explication de la morale pour Nietzsche).

Dans tous les cas, il s’agit bien d’un reniement de la dimension spirituelle de l’être humain, qui transcende sa dimension naturelle (sans la nier comme le prône l’Islam) et n’est pas soumise aux lois de la nécessité. Dimension d’où proviennent les idées de Dieu, de dignité et de fraternité humaine, de justice et de retour à la vie (Kant, Descartes, Ibn Khaldun, Ibn Taymiyya, al-Ghazali). Dimension humaine issue, selon le Coran, de l’esprit divin insufflé en lui (mais qui n’en fais pas un dieu ni un ange) et qui fonde sa dignité et son rôle de calife/lieutenant de Dieu sur terre.

C’est alors, dans cet oubli, l’isti’mâr (action de vitalisation et d’exploitation de la terre) qui se fait sans les principes de l’istikhlâf (la lieutenance selon des principes divins et cosmiques supérieurs) qui lui donne ses orientations divines et humaines de civilisation. C’est la source de la corruption (fasâd) de la terre et de la falsification (tahrîf) de la conscience humaine.

Voilà l’origine des excès économiques, technologiques et écologiques, dévastateurs pour l’humanité, de la mondialisation actuelle. Cela, en raison du détachement de son modèle vis-vis de tout principe transcendant divin (quelque-soit le nom donné à la divinité) et/ou de la falsification de l’idée que l’on s’en fait à travers la religion judéo-chrétienne, qui en est l’inspiratrice véritable. Nous y reviendrons (dans la prochaine partie).

©️ Crédit source : Post Facebook de l’auteur (24 janvier 2020)

✅COMMUNIQUÉ DE PRESSE : LE COLLECTIF FÉDÉRAL D’ASSOCIATIONS DE LA MOUVANCE ABOLITIONNISTE TRANSNATIONAL GANBANAAXUN FEDDE.

L’engagement abolitionniste et anti-esclavagiste (l’esclavage par ascendance chez les soninkés) sous le vocable GANBANAAXUN FEDDE avait été initié en 2010 avec la création de l’association ARMEPES- France ( Association des Ressortissants mauritaniens pour L’éradication de pratiques de l’esclavage et ses séquelles). Par la suite, le 5 octobre 2016, l’ancien secrétaire général d’Armepes, monsieur TRAORÉ GAYE TENE, devenu président depuis, créait le forum GANBANAAXUN FEDDE sur la plateforme Whatsapp pour enclencher la sensibilisation et la conscientisation. Ainsi ce forum connaît depuis un succès international à travers les communautés soninkés au sein desquelles les mentalités féodalo-esclavagistes sont très vivaces. D’innombrables entités virtuelles (groupes whatsapp et autres) se sont constituées avec ce label vocable GANBANAAXUN FEDDE pour mener l’engagement abolitionniste. À noter d’autres initiatives associatives dans nos pays d’origine et dans les diasporas soninkés, (Mali, Sénégal, Mauritanie et Gambie)

Au niveau associatif, en parallèle d’Armepes-France (l’association mère de GANBANAAXUN FEDDE), 2 associations aux objectifs similaires sont mises en place par des ressortissants maliens et sénégalais. Elles sont le RMFP (Aile GANBANA Mali) et l’ ASSEP ( Aile GANBANA Sénégal). Aujourd’hui ce sont ces 3 associations (ARMEPES, RMFP ET ASSEP) qui composent officiellement le collectif fédéral GANBANAAXUN FEDDE INTERNATIONAL.

Par ce communiqué commun, nous adressons à nos membres, sympathisants, à nos partenaires internationaux , aux organismes indépendants, et aux universitaires chercheurs intéressés par le sujet, ce message d’information et de clarification concernant la genèse et la légitimité de la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste GANBANAAXUN FEDDE.

🔹️Nos contacts :

~Téléphone : +33 6 46 61 66 22

~Émail : ganbana@hotmail.com

~Site internet : http://www.ganbanaaxufedde.com

~Page officielle Facebook : https://www.facebook.com/ARMEPES/

Paris, 22 janvier 2020

Signataires : ARMEPES, RMFP ET ASSEP (GANBANAAXUN FEDDE INTERNATIONAL)

Mauritanie – Diaspora : 《AUDIENCE AVEC LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE 》Par le député Diawara Issa Mansega



COMMUNIQUE

J’ai eu l’honneur d’être reçu en Audience par son excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République lors de sa récente visite en France.

L’entretien a porté principalement sur les préoccupations de nos compatriotes établis en Europe.

Dans ce cadre j’ai porté à sa haute attention les questions d’état civil, de double nationalité, de visa d’entrée en Mauritanie et d’aide au retour au pays aux retraités immigrés mauritaniens.

🔹️Sur l’état civil :

Le président m’a informé avoir instruit les différents services concernés par la question (Etat civil, intérieur et commission Diombar) en vue de créer la synergie nécessaire pour lever les blocages entre services, qui empêchent certains de nos concitoyens d’accéder à leurs documents d’état civil.
Dans ce cadre les services d’état civil mettront davantage d’information à la disposition des usagers. Et les délais de traitement des dossiers seront raccourcis.
S’agissant de nos compatriotes non recensés en 98, des commissions ont été déjà mises en place dans Chaque wilaya pour le règlement de leurs cas. Quant aux mauritaniens établis à l’étranger et en Europe en particulier, son excellence Monsieur le président de la République m’a informé qu’un dispositif spécifique pour répondre au cas particulier des Mauritaniens établis en Europe sera mis en place.
Voilà décrit les premières mesures prises en matière d’état civil. Toutefois le Président de la République a ajouté qu’il réunira régulièrement les services concernés par la question pour une évaluation continue des progrès qualitatifs réalisés et si besoin pour apporter les améliorations qui s’avèreront nécessaires.

🔹️Sur la double nationalité :

Sur ce point le président de la république a d’abord affirmé ses convictions quant à l’importance qu’il accorde aux membres de la diaspora en tant qu’acteurs importants du développement national, en ce qu’ils créent des partenariats multidimensionnels, participent à l’essor de l’économie nationale par des investissements et l’injection des devises et qui s’impliquent à tous les niveaux de la coopération, qu’elle soit, multilatérale, internationale ou décentralisée pour l’intérêt du pays.
Il dit apprécier fortement cet apport et que c’est ainsi qu’il est disposé à accorder à la diaspora toute la place qu’elle mérite. Après quoi il a déclaré avoir évalué l’efficacité des dispositions actuelles relatives à la double nationalité, et que conformément à ses engagements electoraux, il a instruit les départements compétents à lui soumettre une étude sur les aspects techniques visant à définir les conditions d’application du principe d’automaticite de la double nationalité dans les meilleurs délais.

🔹️Sur le visa d’entrée en Mauritanie :

Le président de la république dit comprendre les préoccupations des familles d’origines mauritaniennes soumises à cette formalité, tendant à demander l’allègement des conditions de son obtention, voire de sa suppression. Le président de la République considère qu’aussitot que la mesure du principe d’automaticité sera mise en vigueur, les personnes concernées seront dispensées de visa.
En attendant si les délais le justifient, des mesures transitoires d’allègement des frais de visa pourraient être envisagées.

🔹️Sur l’aide au retour aux immigrés retraités d’origine mauritanienne :

Sur la question de l’aide au retour au pays, aux immigrés retraités d’origine mauritanienne sous forme d’une exonération à faire valoir sur une voiture à rapatrier au pays, sur présentation d’un certificat de déménagement, comme cela était le cas il ya quelques années, son excellence Monsieur le président de la république a promis d’examiner favorablement cette proposition dans les meilleurs délais.
De façon plus générale, ont été abordées avec le président de la république, la définition et l’élaboration d’une politique sur la place de la diaspora dans les politiques nationales à laquelle il s’est montré très favorable.
Il est important de faire noter enfin que lors de l’audience, le Président de la République a montré un intérêt certain à l’exposé des problématiques citées et que les réponses qu’il a données sur chacun de ces points, étaient marquées par le sceau de la clarté et de la précision.

Fait à Paris le lundi 20 janvier 2020

Diawara Issa Mansega, Député de la diaspora Mauritanienne d’Europe

©️ Crédit source : Communication source auprès du député

Communication du député mauritanien, Biram Dah Abeid, devant le Comité des Droits de l’Homme, de l’Union internationale des parlementaires (Uip), Cession du 19 au 23 janvier à Genève, Suisse.

Honorables, Mesdames et Messieurs, membres du Comité, tout d’abord, je vous préviens, honoranle, que l’état de ma santé, ne permet pas de prester debout. Ensuite, honorables, je m’adresse à vous en qualité de représentant du peuple de Mauritanie. J’ai été élu, à l’Assemblée nationale, dans le courant de l’année 2018, alors que je purgeais une peine de 6 mois de privation de liberté, au motif d’un délit d’opinion.
Grâce à la détermination des franges les plus humbles parmi mes compatriotes, envers et contre les groupes dominants, le racisme et la mentalité prégnante de l’esclavage, j’ai reçu les suffrages de l’espérance, qui sont l’arme de destruction massive, aux mains des activistes de la non-violence.
Mon parcours vous est familier, parce qu’il ne comporte rien d’original en comparaison de milliers d’autres contestataires d’Afrique et du monde arabe, sans cesse privés de la parole, de cadre légal, bref, des droits élémentaires de l’individu. Mes compagnons et moi, dirigions l’association Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) et un parti, le parti Radical pour une action globale (Rag) ; les deux organisations, jusqu’à ce jour non reconnues et toujours persécutées, regroupent une majorité de cadets sociaux, dont des esclaves et descendants appelés Hratin, des autochtone subsahariens et des castes stigmatisées, tels les artisans, les tributaires, les griots ; cependant, nous comptons dans nos rangs, d’intrépides cadres du bloc hégémonique arabo-berbére, qui travaillent à déconstruire la domination et asseoir l’égalité ; en somme, nous représentons la majorité des exclus ; leur réveil entrainera l’éradication des privilèges de naissance et l’avènement d’une société du mérite où la supériorité raciale et le chantage à la religion auront disparu, à jamais. De nos jours, la torture y relève de la banalité, de même que le mépris envers les noirs. Mon pays en a déporté, spolié, humilié, par milliers et massacré des centaines, impunément. Une loi de 1993, protège les tortionnaires de la moindre poursuite. Une version ultra conservatrice et liberticide de l’Islam, y sert de paravent, de bouclier et d’alibi, à cette monumentale entreprise de prédation et d’exclusion ; l’essentiel des richesses du pays revient à une ultra-minorité, issue de l’ethnie arabo-berbère, celles de nos anciens maitres. Je vous parle, ici, de la République islamique de Mauritanie, un Etat, ébauche d’une modernité de façade mais encore sous l’emprise d’un obscurantisme séculaire. Depuis 1978, date du premier putsch militaire, nous combattons, d’une génération à la suivante, et souvent seuls, à mains nues, des oligarchies de prétoriens qui se transmettent le pouvoir par les coups d’Etat, devenus, de facto, le sport national de nos élites. L’essentiel du commandement militaire, de la fonction publique, de l’économie et du magistère religieux demeure le terrain de jeu de la répartition tournante entre tribus. Pire, de jour en jour, l’extrémisme gagne du terrain et façonne la société, grâce à la connivence de nos dirigeants, lesquels, pourtant, s’affichent alliés du Monde libre. D’ailleurs, nombre des vieilles démocraties, notamment en Europe, se laissent ainsi tromper, souvent sur leur sol, préférant – lâcheté ou paresse – accorder foi à une seule face du double visage de Janus. Certaines de nos lois n’ont rien à envier à celles du projet jihadiste mondial, tel, par exemple, le nouvel article 306 du code pénal qui punit de mort immédiate et sans faculté de repentir, le blasphème et l’apostasie, comme à l’époque sinistre du Saint office et de l’Inquisition. Nous sommes l’un des rares pays dont le droit prétend protéger Dieu. La Mauritanie est devenue, après la Somalie et devant le nord Nigeria, l’espace le plus mûr à l’émergence d’un Daesh en Afrique. La progression du fanatisme résulte, en l’occurrence, d’une dynamique non armée ; celle-ci procède d’idées et de préceptes sans concurrence ni contestation possible car le droit réprime l’esprit critique et protège l’enseignement de la haine ; au bout de 40 ans de financement du culte par les pétrodollars, la misogynie, l’effacement de la diversité culturelle, l’uniformisation du mode de vie sur le modèle puritain et la guerre aux langues étrangères constituent, désormais, les rouages de la fabrique de jihadistes qui tournent à plein régime. Nous n’avons encore rien vu !
Honorable assistance, malgré l’ampleur des défis et le caractère répétitif des épreuves, des emprisonnements et sévices infligés à mes camarades et moi, en dépit des privations de soins et de salaire, je me suis porté candidat à l’élection présidentielle du 22 juin 2019. Les résultats officiels, à l’image de la plupart des scrutins dans l’hémisphère sud, consacrèrent le paradoxe de l’adage inversé « qui gagne perd ». Il me fut reconnu, à contrecœur et au terme des tripatouillages habituels, le statut de deuxième, en nombre de voix, soit 18,58 % des suffrages exprimés. Pars souci de la paix et de la cohésion sociale, j’ai accepté le verdict frauduleux et tourné la page. Par expérience, j’étais instruit de l’épilogue prévisible.
Mesdames et Messieurs, nobles représentants de la conscience de l’humanité qui refuse l’oubli et s’interdit l’insouciance, petits-enfants de Treblinka et de Stalingrad, rescapés de la colonisation et du communisme, héritiers de l’Apartheid, du génocide rwandais et de la dispersion des palestiniens, aujourd’hui en butte à la barbarie du jihadisme et aux dérèglements du climat, me voici, debout, devant vous. En homme libre, je lutte au nom de ce qui nous unit, pour toujours, c’est-à-dire l’appartenance à l’espèce humaine, selon la formule tragique de Robert Antelme, rescapé des camps de la mort.
Universaliste et partisan du devoir d’ingérence face à l’oppression, je conteste la souveraineté des Etats quand elle couvre le crime. Arrêtons de conclure des trêves avec les dictatures et les marchands de paradis post-mortem. Réapprenons à vivre dans un monde d’affrontement perpétuel entre la volonté et la fatalité. Apprenons, à nos enfants, le maniement des idées de générosité, de partage mais aussi de dureté envers la tyrannie ! Sinon, nous finirions assujettis par d’autres, vous et nous, esclaves du plus fort. Nul n’est à l’abri de perdre sa dignité. Aussi, je nous invite, aujourd’hui, à réinventer, ensemble, un plan, de survie collective, qui conjugue riposte idéologique, sens de la subversion et prosélytisme de la démocratie. Cessons de ménager la Bête immonde, qui a fait des petits, dans notre dos !

Je vous remercie.
Genéve le 20 janvier 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Hommage au président Ould El- Ghazouani dans le rapport 2020 de Human Rights Watch

Dans son Rapport mondial 2020, Human Rights Watch a félicité le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, pour avoir dépassé les principales erreurs ,commises par l’ancien président du pays, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le rapport de l’organisation internationale publié mardi, stipule qu’avec l’arrivée d’Ould Ghazouani au palais présidentiel de Nouakchott, la Mauritanie a vécu la première transition présidentielle en Mauritanie aprés une décennie.

Une transition indique le rapport ,qui a fait naître l’espoir, que le nouveau chef de l’Etat, Mohamed Ould Ghazouani, garantirait la protection des droits de l’homme à tous les Mauritaniens.

Ould Ghazwani – selon le rapport – devrait donner la priorité à l’abrogation des lois répressives restreignant la liberté d’expression, garantir les droits des femmes et donner aux forces de sécurité des instructions pour respecter le droit de manifester pacifiquement.

Pendant le mandat du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, les autorités ont utilisé les lois pénales sur la diffamation et la loi antiterroriste pour poursuivre et emprisonner les défenseurs des droits de l’homme, les militants, les journalistes et blogueurs des réseaux sociaux et les opposants politiques. Deux blogueurs, Abderrahmane weddady et Cheikh Ould Jeddou, ont été détenus pendant trois mois ,pour avoir publié sur des sites de réseaux sociaux ,des critiques de corruption en Mauritanie, avant que les charges retenues contre eux ne soient abandonnées.

Eric Goldstein, directeur exécutif par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, a déclaré: «Le président mauritanien Ould Ghazouani doit donner la priorité à la réforme tant attendue de la sévère loi pénale prévoyant la peine de mort dans les cas hérétiques, qui est effectivement utilisée pour réduire la liberté d’expression. Le nouveau président doit également prendre des mesures décisives pour garantir que les femmes et les filles victimes de violence obtiennent le soutien dont elles ont besoin pour vivre. »

Dans son «Rapport mondial 2020» de 652 pages, dans sa 30e édition, Human Rights Watch passe en revue les pratiques des droits de l’homme dans près de 100 pays. Dans son éditorial, le directeur exécutif Kenneth Roth dit que le gouvernement chinois, qui s’appuie sur la répression pour rester au pouvoir, a mené l’attaque la plus meurtrière contre le système mondial des droits de l’homme depuis des décennies. Il a constaté que les actions de Pékin encourageaient les populistes autoritaires du monde entier et avaient leur soutien en même temps, tandis que les autorités chinoises utilisaient leur poids économique pour dissuader les critiques des autres gouvernements. Il est urgent de résister à cette attaque, qui menace des décennies de progrès en matière de droits de l’homme et notre avenir.

Le droit pénal mauritanien prévoit la peine de mort en cas d’hérésie. Le 29 juillet 2019, quatre jours avant la prise de fonction de Ould Ghazouani, les autorités ont libéré Mohamed Cheikh Ould M’khaitir, un blogueur qui a été emprisonné pendant cinq ans et demi dans l’affaire Zindaqah; Il a d’abord été condamné à mort. Bien que la cour d’appel ait réduit sa peine à deux ans de prison, les autorités l’ont détenu arbitrairement à l’isolement, pendant 21 mois supplémentaires, sous prétexte de le protéger. Ould Mkhaitir a demandé l’asile en France aprés sa libération.

Human Rights Watch a déclaré que la Mauritanie devrait abroger les lois pénales en matière de diffamation et d’apostasie et œuvrer à l’abolition de la peine de mort dans tous les cas. Human Rights Watch s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances en raison de sa cruauté inhérente.

En octobre 2019, la police a utilisé la violence pour disperser les manifestations étudiantes à Nouakchott contre une condition empêchant les étudiants qui avaient atteint l’âge de 25 ans de s’inscrire pour la première fois, dans les universités publiques. En novembre, le gouvernement a suspendu cette règle discriminatoire.

En vertu de la législation actuelle, toutes les relations sexuelles en dehors du mariage sont criminalisées et il n’y a pas de loi contre la violence sexiste, malgré la forte prévalence de cette violence en Mauritanie. Les femmes et les filles sont confrontées à de nombreux obstacles pour accéder à la justice. Par exemple, les femmes qui déclarent avoir été violées courent le risque d’être poursuivies pour avoir eu des relations sexuelles en dehors du mariage (adultère) si elles ne peuvent pas prouver que des relations sexuelles ont eu lieu sans leur consentement.

Human Rights Watch a déclaré que le gouvernement devrait cesser les poursuites et la détention dans les affaires dites d’adultère, les dépénaliser et adopter une loi sur la violence sexiste conforme aux normes internationales. Les autorités devraient également créer des unités spécialisées au sein du ministère public pour aider les victimes de violences basées sur le genre, assurer un meilleur accès aux soins médicaux et fournir des services de soutien directs aux survivantes.

Source : https://www.anbaa.info/?p=54418

Traduit par adrar.info

©️ Crédit source : repris via adrar.info

Mauritanie/ Droits Humains : L’expulsion de l’activiste français Jean-Marc Pelenc – le communiqué du commissariat aux Droits de l’homme.

CDH – L’ expulsion de l’activiste français Mr Jean Marc Pelenc le 10 janvier 2020 après l’obtention de son visa d’entrée en Mauritanie, est un acte isolé qui ne s’inscrit pas dans la logique et l’esprit du dialogue et d’ouverture suivi depuis l’alternance démocratique consécutive à la présidentielle de juillet 2019.

Cet événement traduit la persistance de dysfonctionnements administratifs dont la prise en charge constitue un axe majeur de la politique du Gouvernement.

La République Islamique de Mauritanie, terre de rencontres, de brassage et d’hospitalité est ouverte aux visiteurs quelque soient leurs opinions,origines ou religions.

Nouakchott, le 13 janvier 2020

Mohamed El Hassen Ould Boukhreiss

Commissaire aux droits de l’Homme, à l’action humanitaire et des relations avec la société civile

©️ Crédit source : http://www.cridem.org